Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Page 1 sur 3 • Partager •
Page 1 sur 3 • 1, 2, 3 
Votre avis sur ce livre
Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Ce livre a été lu dans le cadre de la lecture commune de novembre - décembre 2008.

Entre août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la terreur dans l'East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial killer: Jack l'Eventreur. Pendant cent quinze ans, ces assassinats ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde.
C'est lors d'une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s'est intéressée à "l'affaire" et à la personnalité ambigüe de Walter Sickert, un peintre impressionniste célèbre à la fin du XIXème siècle. Très vite, elle a l'intime conviction que Sickert et l'Eventreur n'en faisaient qu'un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l'auteur nous livre les résultats de son enquête et présente ses preuves avec, en arrière-plan, l'Angleterre à l'époque victorienne.
Elle réussit là un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.

Entre août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la terreur dans l'East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial killer: Jack l'Eventreur. Pendant cent quinze ans, ces assassinats ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde.
C'est lors d'une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s'est intéressée à "l'affaire" et à la personnalité ambigüe de Walter Sickert, un peintre impressionniste célèbre à la fin du XIXème siècle. Très vite, elle a l'intime conviction que Sickert et l'Eventreur n'en faisaient qu'un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l'auteur nous livre les résultats de son enquête et présente ses preuves avec, en arrière-plan, l'Angleterre à l'époque victorienne.
Elle réussit là un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.
Dernière édition par Thot le Jeu 18 Déc - 21:32, édité 1 fois
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Ce sujet est désormais ouvert!
En effet, à la demande de certains membres qui pensaient qu'attendre la fin de la période pour la lecture commune était néfaste pour la qualité des échanges, j'ouvrirai désormais les sujets au bout d'un mois
En effet, à la demande de certains membres qui pensaient qu'attendre la fin de la période pour la lecture commune était néfaste pour la qualité des échanges, j'ouvrirai désormais les sujets au bout d'un mois
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Peut-on débattre de la pertinence de la théorie proposée ?
J'ai passé une bonne heure à revoir chaque peinture de Sickert, que je pourrai mettre en ligne. J'ai découvert qu'il a déjà été "accusé" par un auteur Britannique, il y a 20 ans, comme étant l'épouvantable meurtrier.
Il y a beaucoup à dire. Peut-être une question simple : sortez-vous convaincus par la démonstration de Cornwell ? Ce peintre vous semble t-il être l'assassin ?
J'attends vos avis et je parlerai après.
Tout le monde n'a pas fini de le lire, je pense.
J'ai passé une bonne heure à revoir chaque peinture de Sickert, que je pourrai mettre en ligne. J'ai découvert qu'il a déjà été "accusé" par un auteur Britannique, il y a 20 ans, comme étant l'épouvantable meurtrier.
Il y a beaucoup à dire. Peut-être une question simple : sortez-vous convaincus par la démonstration de Cornwell ? Ce peintre vous semble t-il être l'assassin ?
J'attends vos avis et je parlerai après.
Tout le monde n'a pas fini de le lire, je pense.

Volute- Membre assidu

-

Nombre de messages: 126
Localisation: Dans la lune, bien souvent...
Date d'inscription: 19/10/2008
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Non, justement...mais je sais que certains membres le lisent ou en tout cas ont l'intention de le faire.
Ceci dit, si le débat n'est pas possible maintenant pour une raison ou une autre, tu pourras toujours publier ta critique et les membres réagiront au fur et à mesure même après Décembre.
Ceci dit, si le débat n'est pas possible maintenant pour une raison ou une autre, tu pourras toujours publier ta critique et les membres réagiront au fur et à mesure même après Décembre.
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
J'abandonne! Je suis un peu déçue par cette lecture.
Je pense que l'hypothèse de Cornwell sur l'identité de l'Eventreur est pertinente (du moins pour ce que j'en ai lu) mais je pensais lire quelque chose de plus romancé.
C'est trop scientifique, certains passages mettent mal à l'aise et dégoûtent.
Je n'aime pas beaucoup ce style, je ne pense pas que je relirai un livre de cette auteur.
Je pense que l'hypothèse de Cornwell sur l'identité de l'Eventreur est pertinente (du moins pour ce que j'en ai lu) mais je pensais lire quelque chose de plus romancé.
C'est trop scientifique, certains passages mettent mal à l'aise et dégoûtent.
Je n'aime pas beaucoup ce style, je ne pense pas que je relirai un livre de cette auteur.
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Sur le style de l'auteur, je suis d'accord. J'ai trouvé qu'elle répétait les mêmes arguments de nombreuses fois. Elle aurait pu faire plus synthétique.
Mais comme je n'ai jamais lu ses polars, je vais quand même en tenter un à l'occasion, pour voir si c'est pareil.
Je crois que ce livre est à prendre comme une enquête.
Ce qui me dérange : une sorte d'entêtement.
Car pour le coup, je ne suis pas du tout convaincue que Sickert soit le criminel. J'espère qu'elle a bien réfléchi à l'impact de ses assertions...
Mais comme je n'ai jamais lu ses polars, je vais quand même en tenter un à l'occasion, pour voir si c'est pareil.
Je crois que ce livre est à prendre comme une enquête.
Ce qui me dérange : une sorte d'entêtement.
Car pour le coup, je ne suis pas du tout convaincue que Sickert soit le criminel. J'espère qu'elle a bien réfléchi à l'impact de ses assertions...

Volute- Membre assidu

-

Nombre de messages: 126
Localisation: Dans la lune, bien souvent...
Date d'inscription: 19/10/2008
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Peut-être que je lirai un de ses autres romans, mais seulement après avoir eu ton avis. Puisque apparemment on a à peu près le même ressenti sur celui-ci!
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Oui, je crois qu'il doit être "différent" de ses autres livres.
Elle a l'air d'être bien connue pour ses polars.
Là, c'est du documentaire donc un peu fastidieux.
J'attends d'autres opinions : Sickert est Jack ou pas, selon vous ?
J'ai un argument choc contre cette théorie : les meurtres ont cessé du jour au lendemain. Or, Sickert a vécu jusqu'à 80 ans. Cela ne correspond pas aux tares pulsionnelles que se traînent ces malades là. Il aurait continué à tuer si c'était lui.
Sans être psychiatre, il y a quand même de grandes constantes pour les criminels rusés.
--- Débat pas gai, hein ?

Elle a l'air d'être bien connue pour ses polars.
Là, c'est du documentaire donc un peu fastidieux.
J'attends d'autres opinions : Sickert est Jack ou pas, selon vous ?
J'ai un argument choc contre cette théorie : les meurtres ont cessé du jour au lendemain. Or, Sickert a vécu jusqu'à 80 ans. Cela ne correspond pas aux tares pulsionnelles que se traînent ces malades là. Il aurait continué à tuer si c'était lui.
Sans être psychiatre, il y a quand même de grandes constantes pour les criminels rusés.
--- Débat pas gai, hein ?

Volute- Membre assidu

-

Nombre de messages: 126
Localisation: Dans la lune, bien souvent...
Date d'inscription: 19/10/2008
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Je confirme juste que ses autres romans sont des policiers classiques avec comme personnage principal Kay Scarpetta, médecin légiste et un inspecteur de police dont le nom m'échappe.
Vous trouverez quelques critiques de ses livres sur le forum.
Vous trouverez quelques critiques de ses livres sur le forum.
Dernière édition par Thot le Lun 8 Déc - 21:04, édité 1 fois
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Idem que vous, ce livre est un peu trop ardu pour moi :-( je suis plutôt déçue parce que j'avais bien aimé ces autres policiers... D'ailleurs si je peux me permettre avant de faire une croix définitive sur cet auteur essayez quand même de lire un de ses policiers avec Kay Scarpetta, c'est vraiment mieux !
_________________
"Il faudrait pouvoir voyager avec sa bibliothèque comme un escargot avec sa coquille" - Jean Chalon (Extrait du Journal d'Espagne)

yaki- Grand expert du forum

-

Nombre de messages: 1490
Age: 35
Localisation: Yvelines
Emploi/loisirs: Lecture, scrapbooking, balades,...
Genre littéraire préféré: Romans contemporains
Date d'inscription: 10/06/2008
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
J' ai du mal à avancer avec ce livre, il me plaît bien, mais je n' arrête pas de revenir en arrière pour relire quelques passages que je viens à peine de lire, comme si je voudrais m' imprégner de tout ce que dit l' auteur. En tout cas une chose me choque : son manque de modestie, elle instruit vraiment à charge, se prend pour un Procureur finalement, sans soulever véritablement d' autres pistes possibles.
Dans la quatrième de couverture, on nous parle de son " intime conviction" un terme réservé généralement pour un juge! Je me demande si les ayant-droit de Sickert, si tant est qu' il en a, ne lui ont pas fait une action en justice, parce qu' il y a de quoi quand même!!
Imaginez une romancière réputée qui dénonce dans un de ses bouquins, qu' un de vos ancêtres était le meurtrier... avec maintes détails, comme si elle y était.
Si sa thèse aurait été "pondue" par un scientifique en collaboration franche avec la police... je n' aurai aucun mal à le croire.... là je reste très sceptique même si c' est très intrigant!
Dans la quatrième de couverture, on nous parle de son " intime conviction" un terme réservé généralement pour un juge! Je me demande si les ayant-droit de Sickert, si tant est qu' il en a, ne lui ont pas fait une action en justice, parce qu' il y a de quoi quand même!!
Imaginez une romancière réputée qui dénonce dans un de ses bouquins, qu' un de vos ancêtres était le meurtrier... avec maintes détails, comme si elle y était.
Si sa thèse aurait été "pondue" par un scientifique en collaboration franche avec la police... je n' aurai aucun mal à le croire.... là je reste très sceptique même si c' est très intrigant!
Invité- Invité
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Même sentiment que toi.
S'il n'a rien fait, quelle souillure...
S'il n'a rien fait, quelle souillure...

Volute- Membre assidu

-

Nombre de messages: 126
Localisation: Dans la lune, bien souvent...
Date d'inscription: 19/10/2008
Re: Jack l'éventreur, affaire classée [Cornwell, Patricia]
Plus d' un siècle après les faits, il continue à faire parler de lui : l' auteur d' une des affaires judiciaires les plus célèbres, énigmatiques et controversées de tous les temps...
Il y a plus d' un siècle maintenant, ce psychopathe sévissait Outre-Manche, dans le quartier de l' East End à Londres...
Il compta à son actif, du moins officiellement, pas moins de 7 meurtres . 7 " malheureuses " comme on les appelait à l' époque furent tuées sauvagement. Qu' avaient- elles en commun? La prostitution qui était leur gagne- pain, l' alcool, la misère, la solitude, le rejet et le mépris de toute une société. Oui, il était d' usage de considérer que ces pratiques dépravantes étaient liées à un insatiable appétit sexuel; de là, la prostitution n' était plus un moyen de subsistance mais un simple passe- temps. C' est une donnée importante pour comprendre l' opinion publique de l' époque, qui au début attachait très peu d' importance à ces crimes. Après tout cet anonyme accomplissait une oeuvre louable, il débarrassait Londres de ses pourritures...
L' auteur nous propose à cet égard une intéressante description des bas fonds de Londres, ainsi que l' ambiance générale qui règnait en cette époque victorienne. D' un côté, une atmosphère mondaine, liée au monde de l' art, du spectacle, de distractions diverses et variées...
De l' autre, des quartiers malfamés, où grouillait la promiscuité, l' insalubrité, une surpopulation qui s' entassait dans le peu de dortoirs disponibles avec les maladies, les rats, toutes sortes de bestioles, ...
C' était le terrain de jeu idéal pour Jack l' éventreur, une zone qui connaissait très peu d' illuminations dans les rues , où les patrouilles de police étaient quasi inexistantes, où le brouillard durant la nuit était extrêmement épais même par nuit d' été!
Jack l' éventreur n' était pas un simple meurtrier, il allait bien au-delà de ce que le monde avait découvert jusqu' alors. C' était un individu qui recherchait foncièrement à faire parler de lui, en envoyant des centaines et des centaines de lettres à la police et aux journaux pour se moquer de qu' ils ne l' attraperaient jamais, ou pour les mener en bateau, ou encore pour se faire des éloges à lui-même.
La police elle était bien impuissante, et s' entêtait dans de fausses pistes qui jaillissaient au fur et à mesure des enquêtes. Par manque de volonté parfois, par manque de moyens techniques d' autres fois, ou encore parce que ces crimes dépassaient largement leur entendement. Ils avaient affaire à un être nettement plus intelligent qu' eux tous réunis.
Comment l' auteure en est-elle venue à affirmer que Walter Sickert, un peintre réputé de l' époque était le meurtrier? Elle nous brosse le portrait d' un homme très tourmenté. D' origine allemande, polyglotte, doté d' une rare intelligence, d' une grande élégance et courtoisie, en même temps que calculateur, manipulateur, mystérieux; c' était aussi quelqu' un qui avait vécu un traumatisme d' enfance lié à une difformité de son appareil sexuel qui lui avait valu plusieurs opérations douloureuses physiquement et moralement. Il était curieux de tout, un véritable dilettante. Il connaissait bien l' East End, pour y passer nombreuses de ses soirées dans les music-hall, dans des galeries d' art proches de ce quartier; parce qu' il louait en cachette divers trous à rats qui lui servaient d' ateliers, ou encore parce qu' il se promenait régulièrement très tard dans la nuit parmi les ruelles et les impasses, après être sorti d' un music-hall pour digérer et méditer sur ce qu' il venait de voir disait- il à ses proches. Il disparaissait aussi parfois, pour quelques jours ou quelques semaines sans que personne ne sache ce qu' il advenait, même sa femme. C' était aussi un acteur brillant, passionné par le théâtre ,de Shakespeare notamment, qui aimait épater ses convives par des changements fréquents de costumes en cours de soirée, changer de voix, réciter des répliques de théâtre. En somme c' était quelqu' un qui aimait être sous le "feu des projecteurs", être applaudi, adulé...
Sur la base d' une recherche minutieuse, d' un travail de collaboration avec différents spécialistes de tous bords, que ce soit du monde de la police lui ayant facilité l' accès à de très nombreux documents, en passant par des instituts de médecine - légale, des experts en art, des experts en papier, ou en écritures. Tout est concocté pour amener le lecteur à une seule solution possible : Sickert était le meutrier. Des concordances soupçonneuses sont aujourd' hui élucidées au grand jour et c' est de celà que l' auteure nous entretient...
On ne peut reprocher à celle-ci de s' être basée sur une croyance fantaisiste, c' est un policier qui lui a parlé de la possiblité Sickert en 2001. Et elle aura à coeur de le démontrer, on le voit à travers ses phrases, que cette affaire l' a totalement absorbée; je dirais même qu' elle en a fait une fixation totale en achetant de nombreux documents, des tableaux de Sickert, en se déplaçant à divers endroits fréquentés par Sickert notamment à Dieppe.
Que ressort- il de toute sa démonstration? Une impression d' acharnement, de fixation, sur un individu. Les moments où elle ne nous submerge pas de données indéchiffrables pour le commun des mortels, elle remplit par des "peut- être", des "certainement", des " sans aucun doute", des " a priori ", des " logiquement", des " je n' ai aucune raison de croire que" et j' en passe.
Alors c' est troublant. Parce que j' ai bien envie de la croire malgré tout. Pour reprendre une citation d' un profiler du FBI dont elle nous parle dans le livre : " Il n' existe pas beaucoup de coincidences dans la vie. Et dire qu' une succession de coincidences est une coincidence, c' est de la bêtise, purement et simplement."
Je reste convaincue par beaucoup de ses arguments, basés sur des recherches de professionnels en la matière; mais encore une fois un livre aussi accusatoire n' aurait pas dût être écrit par une auteure de fictions policières si il voudrait être tout à fait crédible.
Je trouve qu' elle y met un peu trop de sentiments personnels parfois, émet régulièrement des critiques sur les lacunes que la police de l' époque aurait pu éviter, des comparaisons sur ce que les moyens actuels auraient pût faire. Et nous assomme véritablement par moments avec des données relatives à l' ADN, au sangs, à l' évolution de la raideur cadavérique... Les dates et les faits sont parfois assez confus et brouillons; énormément de spéculations aussi. Cependant j' ai trouvé un passage fort intéréssant sur la médecine- légale :
" Les psychiatres interprètent les états mentaux et les désirs émotionnels d' un patient à travers son comportement et les aveux de ses sentiments et de ses actes. Les médecins des morts, eux, doivent faire ces mêmes interprétations en utilisant le braille des blessures, anciennes et récentes, les résidus présents sur le corps, la manière dont une personne est habillée et où elle est morte. Ecouter parler les morts est un don unique, et cela nécessite une formation hautement spécialisée. Le langage du silence est dur à interpréter, mais les morts ne mentent pas. Il et parfois difficile de les comprendre, et on peut les comprendre de travers, ou ne pas les retrouver avant qu' ils aient cessé de parler. Mais s' ils ont encore des choses à dire, la véracité de leurs affirmations est implacable. Parfois, ils continuent à parler longtemps après avoir été réduits à l' état de squelette..."
En définitive, je pense qu' elle a misé très gros en écrivant ce livre, elle porte là de très graves accusations, et vers la fin, ne se gêne pas pour dire ouvertement Sickert a fait si, Sickert a fait ça... On a envie de la croire. Trop de coincidences, mais une histoire trop romancée par moments... Je reste mitigée, et je concluerais en disant que il y a encore beaucoup à faire. Dans 100 ans, avec de nouveaux moyens encore plus perfectionnés, peut- être trouvera-t-on définitivement le coupable. Néanmoins, il ne doit rester déjà plus de lui que poussière...
Il y a plus d' un siècle maintenant, ce psychopathe sévissait Outre-Manche, dans le quartier de l' East End à Londres...
Il compta à son actif, du moins officiellement, pas moins de 7 meurtres . 7 " malheureuses " comme on les appelait à l' époque furent tuées sauvagement. Qu' avaient- elles en commun? La prostitution qui était leur gagne- pain, l' alcool, la misère, la solitude, le rejet et le mépris de toute une société. Oui, il était d' usage de considérer que ces pratiques dépravantes étaient liées à un insatiable appétit sexuel; de là, la prostitution n' était plus un moyen de subsistance mais un simple passe- temps. C' est une donnée importante pour comprendre l' opinion publique de l' époque, qui au début attachait très peu d' importance à ces crimes. Après tout cet anonyme accomplissait une oeuvre louable, il débarrassait Londres de ses pourritures...
L' auteur nous propose à cet égard une intéressante description des bas fonds de Londres, ainsi que l' ambiance générale qui règnait en cette époque victorienne. D' un côté, une atmosphère mondaine, liée au monde de l' art, du spectacle, de distractions diverses et variées...
De l' autre, des quartiers malfamés, où grouillait la promiscuité, l' insalubrité, une surpopulation qui s' entassait dans le peu de dortoirs disponibles avec les maladies, les rats, toutes sortes de bestioles, ...
C' était le terrain de jeu idéal pour Jack l' éventreur, une zone qui connaissait très peu d' illuminations dans les rues , où les patrouilles de police étaient quasi inexistantes, où le brouillard durant la nuit était extrêmement épais même par nuit d' été!
Jack l' éventreur n' était pas un simple meurtrier, il allait bien au-delà de ce que le monde avait découvert jusqu' alors. C' était un individu qui recherchait foncièrement à faire parler de lui, en envoyant des centaines et des centaines de lettres à la police et aux journaux pour se moquer de qu' ils ne l' attraperaient jamais, ou pour les mener en bateau, ou encore pour se faire des éloges à lui-même.
La police elle était bien impuissante, et s' entêtait dans de fausses pistes qui jaillissaient au fur et à mesure des enquêtes. Par manque de volonté parfois, par manque de moyens techniques d' autres fois, ou encore parce que ces crimes dépassaient largement leur entendement. Ils avaient affaire à un être nettement plus intelligent qu' eux tous réunis.
Comment l' auteure en est-elle venue à affirmer que Walter Sickert, un peintre réputé de l' époque était le meurtrier? Elle nous brosse le portrait d' un homme très tourmenté. D' origine allemande, polyglotte, doté d' une rare intelligence, d' une grande élégance et courtoisie, en même temps que calculateur, manipulateur, mystérieux; c' était aussi quelqu' un qui avait vécu un traumatisme d' enfance lié à une difformité de son appareil sexuel qui lui avait valu plusieurs opérations douloureuses physiquement et moralement. Il était curieux de tout, un véritable dilettante. Il connaissait bien l' East End, pour y passer nombreuses de ses soirées dans les music-hall, dans des galeries d' art proches de ce quartier; parce qu' il louait en cachette divers trous à rats qui lui servaient d' ateliers, ou encore parce qu' il se promenait régulièrement très tard dans la nuit parmi les ruelles et les impasses, après être sorti d' un music-hall pour digérer et méditer sur ce qu' il venait de voir disait- il à ses proches. Il disparaissait aussi parfois, pour quelques jours ou quelques semaines sans que personne ne sache ce qu' il advenait, même sa femme. C' était aussi un acteur brillant, passionné par le théâtre ,de Shakespeare notamment, qui aimait épater ses convives par des changements fréquents de costumes en cours de soirée, changer de voix, réciter des répliques de théâtre. En somme c' était quelqu' un qui aimait être sous le "feu des projecteurs", être applaudi, adulé...
Sur la base d' une recherche minutieuse, d' un travail de collaboration avec différents spécialistes de tous bords, que ce soit du monde de la police lui ayant facilité l' accès à de très nombreux documents, en passant par des instituts de médecine - légale, des experts en art, des experts en papier, ou en écritures. Tout est concocté pour amener le lecteur à une seule solution possible : Sickert était le meutrier. Des concordances soupçonneuses sont aujourd' hui élucidées au grand jour et c' est de celà que l' auteure nous entretient...
On ne peut reprocher à celle-ci de s' être basée sur une croyance fantaisiste, c' est un policier qui lui a parlé de la possiblité Sickert en 2001. Et elle aura à coeur de le démontrer, on le voit à travers ses phrases, que cette affaire l' a totalement absorbée; je dirais même qu' elle en a fait une fixation totale en achetant de nombreux documents, des tableaux de Sickert, en se déplaçant à divers endroits fréquentés par Sickert notamment à Dieppe.
Que ressort- il de toute sa démonstration? Une impression d' acharnement, de fixation, sur un individu. Les moments où elle ne nous submerge pas de données indéchiffrables pour le commun des mortels, elle remplit par des "peut- être", des "certainement", des " sans aucun doute", des " a priori ", des " logiquement", des " je n' ai aucune raison de croire que" et j' en passe.
Alors c' est troublant. Parce que j' ai bien envie de la croire malgré tout. Pour reprendre une citation d' un profiler du FBI dont elle nous parle dans le livre : " Il n' existe pas beaucoup de coincidences dans la vie. Et dire qu' une succession de coincidences est une coincidence, c' est de la bêtise, purement et simplement."
Je reste convaincue par beaucoup de ses arguments, basés sur des recherches de professionnels en la matière; mais encore une fois un livre aussi accusatoire n' aurait pas dût être écrit par une auteure de fictions policières si il voudrait être tout à fait crédible.
Je trouve qu' elle y met un peu trop de sentiments personnels parfois, émet régulièrement des critiques sur les lacunes que la police de l' époque aurait pu éviter, des comparaisons sur ce que les moyens actuels auraient pût faire. Et nous assomme véritablement par moments avec des données relatives à l' ADN, au sangs, à l' évolution de la raideur cadavérique... Les dates et les faits sont parfois assez confus et brouillons; énormément de spéculations aussi. Cependant j' ai trouvé un passage fort intéréssant sur la médecine- légale :
" Les psychiatres interprètent les états mentaux et les désirs émotionnels d' un patient à travers son comportement et les aveux de ses sentiments et de ses actes. Les médecins des morts, eux, doivent faire ces mêmes interprétations en utilisant le braille des blessures, anciennes et récentes, les résidus présents sur le corps, la manière dont une personne est habillée et où elle est morte. Ecouter parler les morts est un don unique, et cela nécessite une formation hautement spécialisée. Le langage du silence est dur à interpréter, mais les morts ne mentent pas. Il et parfois difficile de les comprendre, et on peut les comprendre de travers, ou ne pas les retrouver avant qu' ils aient cessé de parler. Mais s' ils ont encore des choses à dire, la véracité de leurs affirmations est implacable. Parfois, ils continuent à parler longtemps après avoir été réduits à l' état de squelette..."
En définitive, je pense qu' elle a misé très gros en écrivant ce livre, elle porte là de très graves accusations, et vers la fin, ne se gêne pas pour dire ouvertement Sickert a fait si, Sickert a fait ça... On a envie de la croire. Trop de coincidences, mais une histoire trop romancée par moments... Je reste mitigée, et je concluerais en disant que il y a encore beaucoup à faire. Dans 100 ans, avec de nouveaux moyens encore plus perfectionnés, peut- être trouvera-t-on définitivement le coupable. Néanmoins, il ne doit rester déjà plus de lui que poussière...
Invité- Invité
Page 1 sur 3 • 1, 2, 3 
Sujets similaires» Team Classée
» Constance, de Patricia Clapp
» L'Affaire Tournesol en arpitan, printemps 2007
» Jack l'éventreur affaire classée (Patricia Cornwell)
» Jack l'éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur
» Constance, de Patricia Clapp
» L'Affaire Tournesol en arpitan, printemps 2007
» Jack l'éventreur affaire classée (Patricia Cornwell)
» Jack l'éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur
Page 1 sur 3
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
