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[Soloy, Claude] Les algues mortes

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[Soloy, Claude] Les algues mortes

Message par Cassiopée le Mer 21 Déc 2011 - 1:47



Titre : Les algues mortes
Auteur : Claude Soloy
Éditions : Krakoën (Septembre 2011)
Collection : Forcément noir
Nombre de pages : 240

Les algues mortes est le 2ème volet de la TRILOGIE DES ALGUES
1er volet : Le plancher des algues
3er volet (à paraître) : Ulve la rouge

Ne pas avoir lu le premier, ne dérange en rien la lecture.

Quelques mots sur l’auteur :

Claude Soloy est né en 1941 sous une pluie de bombes... Fils d’une corsetière et d’un aiguilleur-S.N.C.F. (Baleines et petites aiguilles ! Joli titre pour un roman…)
Professeur de lettres de L.E.P. dans la banlieue rouennaise, il mène de front une activité picturale (24 expos), une activité littéraire (Rencontre avec Louis Aragon, René Char… ) à laquelle il s’adonne désormais.
Comédien et auteur (Adaptation du « Taureau blanc » de Voltaire, des « Oiseaux » d’Aristophane…), il crée le Théâtre de l’Ecart en 1981 et participe à de nombreux récitals poétiques.
Intervenant « expression corporelle » et « atelier d’écriture(s) » dans les écoles de la petite enfance et les collèges, il monte des spectacles variés (Sur la préhistoire, les chiffres, les euclidiennes…)

Quatrième de couverture :

Névé, belle à damner le diable, tourne en rond sur son île. Elle compte les fourmis et se branlote entre deux vagues… toujours en quête d’un père. Illustre inconnu à l’état civil de la planète, elle décide néanmoins de le tuer. Quoi de plus normal pour la fille d’Ella la Rouge, adepte de Sigmund Freud. Mais peut-elle passer à l’acte, y compris symbolique, sans qu’elle sache qui est son véritable géniteur ? Aussi une incursion sur le continent s’impose-t-elle pour y mener enquête et y célébrer officiellement les noces de sa mère et de son amant sur un modeste banc de béton fouetté par les embruns, quelque part sur le plancher des algues. Tant pis pour l’excès de sel et ses conséquences néfastes …

Mon avis :

Surréaliste ?

Lorsqu’on découvre le parcours de Claude Soloy, on ne peut que comprendre son écriture …..
Surréaliste, déjanté, déstructuré, surprenant, virevoltant, curieux, étrange, fascinant, son roman est tout cela à la fois …

Il faut accepter de rentrer dans « l’esprit des lieux », de se laisser happer par l’instabilité des mots, par la folie des images, par l’originalité des situations pour appréhender l’écriture, la savourer, s’en délecter et parfois murmurer un « Oh…. » légèrement offusqué ….

L’écriture est présentée de trois façons, avec trois polices de caractères différentes.
Il y a les caractères gras, pour les mots un peu « gras », parfois choquants, qui représentent essentiellement les pensées du personnage principal, Névé. Le plus souvent, elle « parle » ainsi à son père qu’elle recherche. Peut-être est-ce pour elle le seul moyen de se défouler, de vider son sac, d’exprimer tout ce qui la ronge, l’étouffe …
« Et la pauvre logeuse cul esseulé comptant ses écus. »
Qui, dans son esprit, ne se laisse pas parfois aller à abreuver une autre personne d’insultes dissonantes, que jamais il ne prononcerait à voix haute. Qui n’a pas lâché un « mais quel c… ! », seul dans sa voiture, alors qu’en public, jamais ce mot ne franchira ses lèvres ?
Nous découvrons donc l’esprit de Névé, ses raisonnements troublés, ses idées dissolues ….
C’est dérangeant, parfois choquant … Il n’y a pas toujours une ponctuation régulière, adaptée … C’est halluciné, comme un poème "Baudelairien", sans queue ni tête pour certains, empli de poésie pour d’autres ….

Il y a les phrases en italiques pour les dialogues, assez classiques, structurés, posés qui éclairent sur le contenu de l’histoire, les relations entre les personnages, les différents événements ….

Enfin, il y a le texte du roman, des phrases quelquefois longues, très longues, faites de descriptions lyriques où les mots s’emballent mais restent dans un cadre ….
« Quand on arrivait à la gare, après avoir coupé à travers les pelouses du jardin public, c’était d’autres saveurs, celle du béton craquelé et des guichets à l’ancienne aux fers corrodés, celle des traverses du chemin métallique …… »
Parfois au milieu d’une phrase emphatique, un détail ou un mot un peu cru, histoire de nous remettre les pieds sur terre si on croit être partis en « poésie » ….

Car il est là, le cœur du roman, pas tellement dans l’intrigue, plus ou moins débridée, pas forcément fascinante, mais dans la construction originale, déroutante, intrigante … et aussi dans la capacité de l’auteur à faire vivre les mots de toutes les façons possibles …
En effet, Claude Soloy manie le « verbe » avec dextérité, avec jubilation et enthousiasme. Il joue avec les mots, les fait résonner, les fait chanter, murmurer ou hurler … Avec lui, les mots sont comme autant d’outils pour toucher le lecteur, que ce soit pour l’émerveiller, le charmer, le mettre en colère, le déstabiliser ….

Névé, au centre de ce récit, mène l’enquête pour retrouver son père. Ses recherches l’emmèneront ça et là, au gré de ses pas, au fil de ses visites …. Elle cheminera en actes, mais aussi en pensées …. Nous nous attacherons à ses pas car sous ses airs arrogants, hautains, c’est une fille sensible, torturée, qui souffre ….

Je crois que l’auteur a eu beaucoup de plaisir à nous faire découvrir la langue française sous différentes formes dans le contexte d’un seul et même roman, en traitant une intrigue sous différents regards …
Je pense qu’il faut avoir l’âme un peu poète et un certain goût pour le surréalisme (mon poète préféré est Paul Eluard ….) pour ressentir toute la puissance d’écriture de ce livre ….

A noter : la photo de couverture, négatif d’une photo de visage, signée C.S. …. Initiales de l’auteur …. Est-il le photographe?
Photo d’un visage surpris, les cheveux ressemblant à des algues ….

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