Partage lecture
Pour rejoindre notre grande communauté, il suffit de cliquer sur "S'enregistrer" (en bas de cette fenêtre)!
Après votre inscription, vous recevrez dans la boîte e-mail dont vous avez indiqué l'adresse un lien sur lequel il va falloir cliquer pour activer votre compte avant de pouvoir vous connecter et participer avec nous.

Afin d'aider les nouveaux à se familiariser avec le forum, nous avons mis au point un système de parrainage.
Vous recevrez un message privé sur le forum de la part de votre parrain.

Au plaisir de vous compter parmi nos membres.

L'administratrice

[Sard, Hervé] Le crépuscule des Gueux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Votre avis?

0% 0% 
[ 0 ]
100% 100% 
[ 1 ]
0% 0% 
[ 0 ]
0% 0% 
[ 0 ]
0% 0% 
[ 0 ]
0% 0% 
[ 0 ]
 
Total des votes : 1

[Sard, Hervé] Le crépuscule des Gueux

Message par Cassiopée le Lun 23 Jan 2012 - 0:24



Auteur : Hervé Sard
Titre : Le crépuscule des Gueux
Éditions : Krakoen (décembre 2011)
Collection : Forcément noir
Nombre de pages : 300

Quatrième de couverture :

Les Gueux, c’était l’enfer. Et c’était aussi le paradis. Allez expliquer ça… Des années que ça durait. Les Gueux, c’était un no man’s land avec du monde dedans. Ceux qui vivaient là, ils se cramponnaient, vous comprenez, comme des naufragés sur un radeau qui prend l’eau qu’on colmatait au système D. On s’arrangeait, fallait bien. Et puis ça a recommencé. Et puis ça s’est arrêté. C’est quand on a compris, quand tout était fini, que tout a commencé. Les trois mortes, c’est sûr, elles n’étaient pas inventées. Alors, enfer ou paradis, j’ai plus douté.

Mon avis :

Voir au crépuscule ….


Le crépuscule, c’est ce moment de la journée, ni jour, ni nuit où les contours des silhouettes et des objets sont flous, à tel point qu’on peut aisément ne pas les voir, les oublier …. Et croire (ou faire semblant de croire par facilité) que les choses sont d’une façon alors qu’elles sont d’une autre…
Les Gueux habitent « le Quai » mais on aurait pu l’appeler le crépuscule, cette zone qu’on préfère voir de loin (des fois que ce soit contagieux) ou alors de près si on est « bleus » et qu’on a besoin d’un coupable. Dans ces cas là, on « ramasse » et on repart vite …
Une zone pas très nette, floue comme un crépuscule …. Un lieu avec des gens qu’on distingue mal, qu’on oublie …
Parce que, bien entendu, les Gueux, même avec une majuscule, ce sont les autres, ceux qui n’ont pas su lutter, se battre, en vouloir suffisamment pour s’en sortir … On est bien d’accord, cela ne peut pas nous arriver, on ne sera jamais comme eux, sans travail, puis sans famille, et enfin sans maison … Pourtant les Gueux, dans ce roman, ils pourraient nous en apprendre, la solidarité ils connaissent, vivre au présent sans se poser de question, c’est leur philosophie, observer sans rien dire, sans juger, ils savent faire, profiter de chaque instant à fond sans se prendre la tête c’est une habitude …. En sommes-nous capables ?

Mais que viennent-ils faire dans un roman policier ? S’ils sont coupables, qu’on les arrête et qu’on n’en parle plus …. Ne vivent-ils pas aux crochets de la société en détournant l’eau potable sur leur terrain vague ?

Leur no man's land a le tort d’être proche du lieu où des femmes sont mortes dans des circonstances pour le moins bizarres … donc des visites de la police et des enquêteurs s’imposent.

Tout à tour, nous changerons de « terrain », passant du groupe des policiers, aux SDF (parmi eux, un repris de justice qui fait un fautif idéal). Le langage s’adapte sans problème aux personnages, la gouaille des sans abris, la faconde polie des enquêteurs.

Des personnages riches d’eux-mêmes, truculents, dont un Timothée qui est à lui seul un vrai régal. Jeune ami (gothique et détaché de tout), d’une stagiaire de la PJ, il va essayer d’aider la police en passant quelques jours chez les Gueux. Dans cette courte partie, les dialogues sont une pure merveille de finesse contenue, la langue française est utilisée avec subtilité et humour de bon aloi.
« Il est préférable de connaître l’ignorance que d’ignorer la connaissance. »
« Les chemins les plus courts ne sont pas les mieux tracés. »
« Il y a des gens, parfois, on se demande s’il y a quelqu’un dedans »


Tous les protagonistes sont attachants, bien intégrés au récit qui ne connaît pas de temps mort.
Tous sont humains, terriblement vivants, palpables dans le texte.
J’ai été impressionnée par la façon dont Hervé Sard a su mettre les bons mots pour nous décrire chacun sans que le récit pèse par des descriptions ou des lourdeurs. L’écriture est à la fois profonde et légère. Et ce n’est pas contradictoire, profonde par quelques réflexions sagement amenées sur la société, notre rapport aux gens de la rue ; légère car teintée d’humour bien dosé et placé à bon escient.

Quarante-quatre chapitres au titre évocateur « Le parquet, il n’en a rien à cirer. », assez courts, vous emmenant d’un monde à un autre, vous guidant pour avancer dans une enquête, mais vous obligeant aussi à ouvrir les yeux et à regarder le Quai des Gueux pour aller à la rencontre des autres … afin qu’ils ne restent pas dans l’ombre ….

avatar
Cassiopée
Admin

Féminin
Nombre de messages : 9002
Localisation : Saint Etienne
Emploi/loisirs : enseignante
Genre littéraire préféré : un peu tout
Date d'inscription : 17/04/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: [Sard, Hervé] Le crépuscule des Gueux

Message par BESMAR le Lun 23 Jan 2012 - 2:05

J'ai lu d'interessantes critiques sur cet auteur et ton avis semble le confirmer !
Merci Cassiopée, je me le rajoute a LAL !!
avatar
BESMAR
Grand expert du forum
Grand expert du forum

Féminin
Nombre de messages : 1211
Age : 53
Localisation : Au Quebec
Emploi/loisirs : agente de gestion du personnel en invalidité- loisirs : lecture, rénovations-bricolage-décoration.
Genre littéraire préféré : Policiers (PD James, Connelly,Reich), romans historiques, aventure, tres peu de fiction sinon toute lecture m'interesse !!mon coup de coeur actuel est "L'Élégance du Hérisson" de Mureil Barberry
Date d'inscription : 18/07/2010

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum