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[Volodine, Antoine] Des anges mineurs

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[Volodine, Antoine] Des anges mineurs

Message par Céline72 le Jeu 1 Mar 2012 - 2:24



Éditeur : Seuil
Année de parution : 1999
Nombre de pages : 219


Quatrième de couverture :

J'appelle narrats des textes post-exotiques à cent pour cent, j'appelle narrats des instantanés romanesque qui fixent une situation, des émotions, un conflit vibrant entre mémoire et réalité, entre imaginaire et souvenir. (...) On trouvera ici quarante-neuf de ces moments de prose. Dans chacun d'eux, comme sur une photographie légèrement truquée, on pourra percevoir la trace laissée par un ange. Les anges ici sont insignifiants et ils ne sont d'aucun secours pour les personnages. J'appelle ici narrats quarante-neuf images organisées sur quoi dans leur errance s'arrêtent mes gueux et mes animaux préférés, ainsi que quelques vieilles immortelles. (...) Car il s'agit aussi de minuscules territoires d'exil sur quoi continuent à exister vaille que vaille ceux dont je me souviens et ceux que j'aime. J'appelle narrats de brèves pièces musicales dont la musique est la principale raison d'être, mais aussi ceux que j'aime peuvent se reposer un instant, avant de reprendre leur progression vers le rien. A.V.

Mon avis :

Le terme les narrats inventé par Antoine Volondine désigne des textes de quelques pages et mis bout à bout, ils forment un tableau de la fin du XXème siècle : barbarie, guerre, génocides, individualisme...Il y est question aussi de capitalisme dont l'auteur en fait l'ennemi direct de la population, alors que ce système n'est plus en place.
Au niveau du décor, on est dans l'univers post-exotique avec ses campements et ses geôles, à savoir aussi que la consonance des noms des protagonistes sonnent russe et parfois asiatiques. De plus, quand ce ne sont pas aussi des personnages qui prennent la parole, ce sont des animaux.
Maintenant, je vais vous donner mon ressenti car ce serait dommage de vous en dévoiler davantage sur les narrats, à vous de le découvrir par vous-même si vous le souhaitez.
Donc, au début du livre j'étais un peu déroutée vu que je n'arrivai pas trop à me situer, mais au fil des récits cela a été nettement mieux et alors les pages se sont enchaînées. Il faut dire aussi que l'auteur possède une écriture assez remarquable : il manie très bien abomination et poésie.
Pour conclure, j'ai passé un bon moment de lecture mais malgré tout, je ne sais pas s'il va me marquer longtemps.
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Céline72
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Re: [Volodine, Antoine] Des anges mineurs

Message par Moulin-à-Vent le Sam 21 Nov 2015 - 5:26

J'ai lu la même édition.
«... les miradors où aucun soldat ne monte la garde, édifiés au fond du potager et sur notre demande, afin que nous ne soyons pas privées de repères et afin que l'enfermement dans la vieillesse ne marque pas une rupture trop grande avec l'univers de notre jeunesse."
Cette partie de phrase présente un volet sous-entendu qui nous accompagnera tout le long de cette lecture.
Ouf!  Ce roman pourrait être la suite asiatique de "La route" de Cormac McCarthy, roman lugubre à souhait.  C'est intrigant, éclaté, morbide, exaltant.  C'est une histoire en quarante-neuf histoires de l'histoire post-apocalyptique de la fin du monde.  C'est dantesque et infernal, mais la vie, plus forte que tout, cherche à durer dans cette humanité effritée.  Le temps n'est plus qu'une théorie approximative et relative.
J'ai aimé.  Presque un coup de coeur. Ah oui?  Hum...  
J'ai comme l'impression qu'il me sera très difficile d'oublier cette histoire.
Ma cote: 7/10.

Citations

    "Devant nous s'étend la terre des pauvres, dont les richesses appartiennent exclusivement aux riches, une planète de terre écorchée, de forêts saignées à rendre,  une planète d'ordure, un champ d'ordures, des océans que seuls les riches traversent, des déserts pollués par les jouets et les erreurs des riches, nous avons devant nous les villes dont les multinationales mafieuses possèdent les clés, les cirques dont les riches contrôlent les pitres, les télévisions conçues pour leur distraction et notre assoupissement, nous avons devant nous leurs grands hommes juchés sur une grandeur qui est toujours un tonneau de sanglante sueur que les pauvres ont versée ou verseront, nous avons devant nous les brillantes vedettes et les célébrités doctorales dont pas une des opinions émises, dont pas une des dissidences spectaculaires n'entre en contradiction avec la stratégie à long terme des riches, nous avons devant nous leurs valeurs démocratiques conçues pour leur propre renouvellement éternel et pour notre éternelle torpeur, nous avons devant nous les machines démocratiques qui leur obéissent au doigt et à l’œil et interdisent aux pauvres toute victoire significative, nous avons devant nous les cibles qu'ils nous désignent pour nos haines, toujours d'une façons subtile, avec une intelligence qui dépasse notre entendement de pauvres et avec un art du double langage qui annihile notre culture de pauvres, nous avons devant nous leur lutte contre la pauvreté, leurs programmes d'assistance aux industries des pauvres, leurs programmes d'urgence et de sauvetage, nous avons devant nous leurs distributions gratuites de dollars pour que nous restions pauvres et eux riches, leurs théories économiques méprisantes et leur morale de l'effort et leur promesse pour plus tard d'une richesse universelle, pour dans vingt générations ou dans vingt mille ans, nous avons devant nous leurs organisations omniprésentes et leurs agents d'influence, leurs propagandistes spontanés, leurs innombrables médias, leurs chefs de famille scrupuleusement attachés aux principes les plus lumineux de la justice sociale, pour peu que leurs enfants aient une place garantie du bon côté de la balance, nous avons devant nous un cynisme tellement bien huilé que le seul fait d'y faire allusion, même pas d'en démonter les mécanismes, mais d'y faire simplement allusion, renvoie dans une marginalité indistincte, proche de la folie et loin de tout tambour et de tout soutien, je suis devant cela, en terrain découvert, exposée aux insultes et criminalisée à cause de mon discours, nous sommes en face de cela qui devrait donner naissance à une tempête généralisée, à un mouvement jusqu'au-boutiste et impitoyable, dix décennies au moins de réorganisation impitoyable et de reconstruction selon nos règles, loin de toutes les logiques religieuses ou financières des riches et en dehors de leurs philosophies politiques et sans prendre garde aux clameurs de leurs ultimes chiens de garde, nous sommes devant cela depuis des centaines d'années, et nous n'avons toujours pas compris comment faire pour que l'idée de l'insurrection égalitaire visite en même temps, à la même date, les milliards de pauvres qu'elle n'a pas visité encore, et pour qu'elle s'y enracine et pour qu'enfin elle y fleurisse.  Trouvons donc comment faire, et faisons-le."

"... le bonheur, comme autrefois, pourrait m'être retiré sans crier gare, entre deux battements de paupières."

"... l'étrange est la forme que prend le beau quand le beau est sans espérance..."

(Antoine Volodine, "Des anges mineurs narrats")
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