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[Saint-John Perse] Éloges

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[Saint-John Perse] Éloges

Message par Findus le Ven 4 Mai 2012 - 15:21




Éloges


Auteur : Saint-John Perse, Alexis Léger de son vrai nom est un poète français, Prix Nobel de Littérature 1960
Éditeur : Poésie/Gallimard
Nombre de pages : 223 pages
Prix : 8€


Mes impressions :

Pour ma part c'était la première fois que je lisais des versets en poésie, j'ai trouvé ça un peu effrayant de voir un poème s'étendre sur plusieurs pages. Et ce sentiment à été renforcé à la lecture, ce n'est pas que c'est dur à lire mais à comprendre. En effet, Saint-John Perse utilise un lexique très varié et très dense qui correspond à sa poésie, une poésie épique et lyrique qui célèbre le monde tel qu'il est, sa poésie est d'ailleurs fortement inspirée des paysages de sa Guadeloupe natale.
J'ai du plusieurs fois allé voir dans le dictionnaire le sens de certains mots nécessaires à la compréhension du texte mais une fois ceci fait on prend un plaisir immense car le verset se ressent comme une voix, un souffle, le rythme est très beau.
Les thèmes évoqués par l'auteur sont universels, l'enfance, la nature, le monde...
La poésie de Saint-John Perse ressemble à une prière, une prière profane car elle ne s'adresse à aucun dieu mais au monde. Néanmoins cette poésie est un espace où les réalités antillaises se mêlent aux figures mythiques.
Bref, c'est très très beau, une fois appréhendé.


Extraits :

Spoiler:
… Ceux qui sont vieux dans le pays le plus tôt sont levés

à pousser le volet et regarder le ciel, la mer qui change de couleur

et les îles disant : la journée sera belle si l’on en juge par cette aube.



Aussitôt c’est le jour ! et la tôle des toits s’allume dans la transe, et la rade est livrée au malaise, et le ciel à la verve, et le Conteur s’élance dans la veille !

La mer, entre les îles, est rose de luxure ; son plaisir est matière à débattre, on l’a eu pour un lot de bracelets de cuivre !

Des enfants courent aux rivages ! des chevaux courent aux rivages ! … un million d’enfants portant leurs cils comme des ombelles… et le nageur a une jambe en eau tiède lais l’autre pèse dans un courant frais ; et les gomphrènes, les ramies,

l’acalyphe à fleurs vertes et ces piléas cespiteuses qui sont la barbe des vieux murs

s’affolent sur les toits, au rebord des gouttières,



car un vent, le plus frais de l’année, se lève, aux bassins d’îles qui bleuissent,

et déferlant jusqu’à ces cayes plates, nos maisons, coule au sein du vieillard

par le havre de toile jusqu’au lieu plein de crin entre les deux mamelles.

Et la journée est entamée, le mode

n’est si vieux que soudain il n’ait ri…



C’est alors que l’odeur du café remonte l’escalier.

Spoiler:

Enfance, mon amour, j'ai bien aimé le soir aussi : c'est l'heure de sortir.
Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes... et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous avons
vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de bras l'anneau mou de la robe.
Nos mères vont descendre, parfumées avec l'herbe-à-Madame-Lalie... Leurs cous sont beaux. Va devant et annonce : Ma mère est la plus belle ! — J'entends déjà les toiles empesées
qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre... Et la Maison ! la Maison ? ... on en sort !
Le vieillard même m'envierait une paire de crécelles
et de bruire par les mains comme une liane à pois, la guilandine ou le mucune.

Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur la cour, boivent des punchs couleur de pus.
Spoiler:


"Et puis vinrent les neiges, les premières neiges de l'absence, sur les grands lés tissés du songe et du réel; et toute peine remise aux hommes de mémoire, il y eut une fraîcheur de linge à nos tempes. Et ce fut au matin, sous le sel gris de l'aube, un peu avant la sixième heure, comme en un havre de fortune, un lieu de grâce et de merci où licencier l'essaim des grandes odes du silence.

Et toute la nuit, à notre insu, sous ce haut fait de plume, portant très haut vestige et charge d'âmes, les hautes villes de pierre ponce forées d'insectes lumineux n'avaient cessé de croître et d'exceller, dans l'oubli de leur poids. Et ceux-là seuls en surent quelque chose, dont la mémoire est incertaine et le récit est aberrant. La part que prit l'esprit à ces choses insignes, nous l'ignorons. [...] "


Dernière édition par Findus le Dim 6 Mai 2012 - 17:00, édité 1 fois (Raison : Saint-John Perse est un pseudo donc on ne met pas "Perse" devant le reste;))
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