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[Cañon, James] Dans la ville des veuves intrépides

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[Cañon, James] Dans la ville des veuves intrépides

Message par viou1108 le Sam 30 Juin 2012 - 15:32



Titre: Dans la ville des veuves intrépides
Auteur: James Cañon
Genre: roman
Editeur: Le Livre de Poche
Nombre de pages: 476
ISBN: 978-2253126638

Présentation de l'éditeur
Depuis le jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village de Mariquita, les femmes sont livrées à elles-mêmes. Qu’à cela ne tienne ! Les ménagères soumises, les épouses dociles vont instaurer un nouvel ordre social. Ainsi, les très moustachues soeurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d’un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari. Et puis, il y a la tenace Rosalba, auto-proclamée maire, et le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération... Baroque, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d’une bourgade perdue au fin fond de la Colombie.

Biographie de l'auteur
James Cañón est né et a grandi en Colombie. Après des études universitaires à Bogotá, il s'installe à New York pour apprendre l’anglais. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l’université Columbia, il a reçu en 2001 le Henfield Prize for Excellence in Fiction, et ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires. James Cañón vit aujourd'hui à Barcelone.

Résumé et avis
1992, Mariquita, quelque part au fin fond d’une Colombie ravagée par une interminable guerre civile. Un beau matin, un groupe de guérilleros déboule dans le village et en réquisitionne tous les hommes, laissant femmes, enfants et curé sans autre choix que de se prendre en mains pour réorganiser la vie du village. Qui d’autre que Rosalba, veuve du brigadier, semble la plus apte à prendre le commandement des opérations ? Elle est peut-être la seule à le croire, la seule à y croire, toujours est-il que la voilà qui occupe la mairie et passe le temps à établir des listes de choses prioritaires, des listes de choses importantes, des listes de listes… Pleine de bonnes intentions et d’imagination mais dépourvue de sens pratique, Rosalba n’en finit plus d’imposer ses décrets absurdes et inefficaces, voire carrément désastreux. Peu à peu cependant, et au prix de quelques drames, le village remontera la pente…

L’histoire est racontée dans la veine du réalisme magique cher aux auteurs latino-américains (bien que James Cañon ait écrit son roman en anglais), le ton est donc à l’humour baroque, avec une galerie de personnages plus extravagants les uns que les autres.
Et pourtant les événements et le contexte général sont loin d’être roses : après le départ des hommes, le village vit des heures noires de faim, de misère et d’isolement du reste du monde. Reste du monde d’ailleurs particulièrement hostile, comme le montrent les courts chapitres intercalés dans le récit principal. Ce sont des témoignages d’hommes, qui côtoient de près la guerre civile : reporter américain, enfant-soldat, guérillero, paysan, paramilitaire ou officier régulier. Leur témoignage est chaque fois purement descriptif, clinique, dépourvu d’émotions, d’autant plus terrible et glaçant.
Le sort des veuves est narré avec beaucoup plus de comique, n’empêche, parfois on rit pour ne pas pleurer…

Avec cette fable politico-écologique, l’auteur tourne en ridicule les dictatures fantoches (de droite et de gauche). Voici Rosalba qui parle : « Je me fiche de savoir ce qui est éthique ou pas ! Je n’ai pas accompli une seule chose dans ma vie sans avoir à mentir ou tricher un peu. (…) Chaque fois que j’ai essayé de faire quelque chose d’une façon correcte, j’ai échoué lamentablement. J’essaie d’être honnête avec tout le monde et de mener une vie fondée sur d’authentiques principes moraux, mais je ne peux pas ».

Les hommes aussi (ou un certain type d’hommes, ils ne sont pas tous comme ça…) en prennent pour leur grade. Sans pour autant que le livre puisse être qualifié de féministe, puisqu’il faut bien admettre à la fin qu’on ne peut se passer d’eux, pourvu que ce soit sur pied d’égalité.
Mais surtout, le roman veut rendre hommage aux femmes (le livre est dédié « à toutes les femmes de la terre »). Encore Rosalba : « Les femmes étaient idéalistes et romantiques par nature, et même si les hommes avaient toujours vu ces caractéristiques comme des défauts, peut-être était-il temps pour les femmes de les honorer comme des qualités féminines uniques et d’en faire usage dans leur vie quotidienne ».

Ma conclusion : j’ai beaucoup aimé cette histoire facile à lire, captivante, finalement plus optimiste que triste.
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Re: [Cañon, James] Dans la ville des veuves intrépides

Message par petitepom le Dim 1 Juil 2012 - 14:21

Le titre et la quatrième couverture m’ont donné envie de lire ce livre, pensant qu’il était un concentré d’humour et c’est le cas. Nous sommes la plupart du temps dans ce village de femmes : Mariquita

Les hommes ont été amenés par les guérilleros, leurs veuves se voient obligé de prendre la vie du village en main, le seul homme du village est le curé et quelques enfants. Rosalba est la première à prendre une mesure : devenir maire du village et essayé de remettre ce village en état. Mais cela est loin d’être facile surtout si on se base sur les pratiques régi par le Hommes ; elle décide avec d’autres femmes de créer la nouvelle Mariquita , un village où le temps et la vie sociale sont un pur esprit féminin. Ce concept ne manque pas h’humour.

Ce récit est aussi entrecoupé de petite histoire, certains sont émouvantes, je pense à l’histoire de Santiago : alors que son compagnon d’enfance rentre au village mourrant, Santiago se remémore leur premier amour de jeunesse. Des petits chapitres se passent à l’extérieur du village et montrent l’atrocité de la guerre qui règne en colombie.

Peu à peu, on s’attache à ces femmes qui changent en même temps que leurs villages, il y a de belles histoires sur leurs passés, surtout dans la première moitié du livre. La seconde partie est plus centrée sur leurs décisions, un peu fantasques, de changer leur façon de vivre et réorganiser la vie sociale de leur village.

Une histoire agréable à lire et à sourire.
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Re: [Cañon, James] Dans la ville des veuves intrépides

Message par adtraviata le Jeu 19 Juil 2012 - 9:33

Au début, je l'avoue, j'étais un peu dubitative : d'abord, la référence à Gabriel Garcia Marquez en quatrième de couverture ne me tentait pas plus que cela (j'ai le souvenir d'avoir lu Cent ans de solitude parce qu'on m'avait dit : "tu dois le lire, c'est un incontournable de la littérature mondiale" et... bon, oui, sans plus...) et ensuite, j'ai trouvé le début un peu long. J'étais même prête à abandonner sans regret parce que les différents chapitres ressemblent fort à des nouvelles et j'avais l'impression de ne rien perdre. Mais je me suis accrochée... et je ne l'ai pas regretté du tout !

Car l'histoire de ces femmes de Mariquita évolue, se construit vaille que vaille jusqu'à la réalisation de la Nouvelle-Mariquita, sorte de nouvel ordre social élaboré par ces femmes pauvres, premières victimes avec les enfants de la guerre civile, perdues dans la jungle colombienne. Dans la ville des veuves intrépides, ou comment les femmes peuvent non seulement survivre mais aussi s'organiser, réfléchir, instaurer une politique et une économie communes, tenter de donner un avenir au village. Vous me direz : mais bien sûr, les femmes savent faire cela au même titre que les hommes. Certes, mais elles éprouveront les mêmes difficultés que les hommes dans l'établissement des liens sociaux, dans leur rapport au pouvoir, dans leur lutte avec les éléments, dans la résolution des questions vitales les plus basiques.

C'est bien là le génie de James Canon : écrire un livre à la gloire des femmes (quand même... et après tout ça fait du bien...) tout en montrant de manière subtile la nécessité d'une juste place des hommes et des femmes, la nécessité d'un vivre ensemble. Oh! cela passe par des épisodes moitié tragiques, moitié comiques : les seuls hommes qui restent dans le village au début, ceux qui ont échappé à la rafle sont soit des enfants, soit des hommes "impuissants" si je puis m'exprimer ainsi ; parmi ceux-là, le padre Rafael, dont James Canon ne rate pas le portrait, en profite pour développer ses dées idiotes et perverses. Et tous ces chapitres sur les femmes de Mariquita sont entrecoupés de courts témoignages de soldats réguliers, de guérilleros ou de paramilitaires colombiens, tous, autant qu'ils sont, aussi violents que perdus dans la jungle. Histoire de rejeter la dictature, de quelque bord qu'elle soit, et de montrer que, peut-être, les femmes sont capables de parvenir à dépasser les violences (externes T internes) qui les menacent et la morale "béni-oui-oui" pour créer un vivre ensemble harmonieux...

Tout cela relève, bien sûr, d'une certaine (et douce) utopie. Mais comme je l'ai écrit au début de cet article, on peut se laisser emmener par l'imagination et la fantaisie de James Canon, assorties d'un humour qui m'a plu. Je suis souvent restée médusée de l'audace et de l'imagination débridée de l'auteur ! Rien que les prénoms du village : les quatre garçons, Trotski, Hochiminh, Che et Vietnam, leur copine Cuba ou la vache répondant au doux nom de Perestroïka...

Je vous conseille vraiment ce roman assez jubilatoire ! Encore une fois une belle évasion en ce temps d'été.

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Re: [Cañon, James] Dans la ville des veuves intrépides

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