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[Criaco, Gioacchino] Les âmes noires

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[Criaco, Gioacchino] Les âmes noires

Message par Cassiopée le Jeu 4 Avr 2013 - 23:41



Titre: Les Âmes noires
Auteur: Gioacchino CRIACO
Titre original : Anime nere
Traduit de l'italien par Leila Pailhes
Éditions: Métaillé (Mars 2011)
Collection: Noir
Nombre de pages: 205
ISBN: 9 782864 247692


Quatrième de couverture

Natifs des âpres montagnes calabraises de la Locride, trois adolescents, bons élèves et bons fils, choisissent la voie du crime pour échapper à la misère. Mais ils auront beau refuser l’embrigadement de la Ndranghetta ­– la mafia calabraise – pour partir à la conquête du monde, devenant braqueurs à Milan puis trafiquants de cocaïne aux contacts des réseaux planétaires, islamistes compris, ils reviendront toujours sur ces hauteurs d’où l’on aperçoit deux mers mais où les porcheries cachent parfois des victimes d’enlèvement crapuleux, où les forêts sont hantés d’âmes noires, fugitifs recherchés par la justice étatique ou la vengeance mafieuse. C’est là, dans la grandiose cruauté des parties de chasse, dans les prodigieux banquets paysans et les beautés violentes de la nature, que les trois amis trouveront leur destin, comme ce taureau sauvage qui continue à galoper vers son tueur parce qu’il ne sait pas encore qu’il est mort.

Mon avis

Classé dans les romans policiers, ce livre en a quelques critères: les enquêteurs, les jeunes malfrats, quelques actes passibles de prison ou de cour d’assises, mais au-delà de ces trois symboliques, on ne retrouve pas ce qui caractérise ce genre de roman.

En effet, pas d’enquête, linéaire ou pas, pas de rebondissements à la pelle ou pas, pas de recherches de preuves…. Seules les vingt dernières pages condensées en contenu s’apparenteront au genre « polar ». Elles seront d’ailleurs riches en informations, comme si l’auteur avait attendu la dernière ligne droite pour nous donner les éléments indispensables à la compréhension de toute l’histoire.

Alors qu’en est-il des cent quatre vingt quinze autres pages ?
Elles vous emportent en Italie, en Calabre plus précisément, dans une région pauvre, aride, où les hommes parlent peu, où il est difficile de trouver du travail. Et à l’image de cette contrée, les mots sont secs, presque sans humanité, retranscrivant des faits durs, noirs, douloureux à vivre, difficiles à lire parfois, tant on voudrait que ces trois jeunes ne se laissent pas entraîner sur la mauvaise pente…
Parce qu’ils sont trois amis, ces garçons qui veulent échapper à la misère. Ils ne trouveront pas d’autre solutions que la délinquance de plus en plus importante, enchainant les faits graves jusqu’à banaliser le crime, la drogue….

Au-delà de ces jeunes gens en perdition, de la façon dont ils vont perdre pied, s’enfonçant de plus en plus, grisés par le pouvoir, la richesse, c’est la description de tout un coin d’Italie qui souffre que nous offre l’auteur. Il ne conte pas par le menu les difficultés, les peurs, les angoisses de ceux qui n’ont rien ou si peu, c’est beaucoup plus subtil. C’est une ambiance distillée à travers les aventures des différents protagonistes. C’est noir, très noir à l’image de ce terroir où la vie n’est pas facile sauf si on se contente de peu, si on accepte de vivre simplement, proche de la nature Car elles sont belles ces montagnes où l’on peut se cacher. On y découvre les traditions, les coutumes, les habitudes, les taureaux qui ne veulent pas mourir, même lorsqu’ils sont blessés à mort à l’image de ces hommes qui veulent rester debout, toujours pour faire face, résister, tenir jusqu’au bout…

L’écriture est riche et dépouillée à la fois. Riche car elle est belle, bien orchestrée, apportant sans en avoir l’air une quantité d’informations nécessaires à ressentir l’atmosphère calabraise. Dépouillée aussi, car les mots ne parlent que peu de sentiments. Au début du livre, j’ai pensé que cet opus serait bien mais qu’il allait manquer « d’humanité », comme si le style « a minima » empêchait les épanchements, les confidences, le partage des émotions. Et puis, au fur et à mesure que je tournais les pages, j’ai ressenti tout ce qui se trouvait entre les lignes, j’ai senti monter en moi les odeurs de la nature sauvage, des animaux qui paissent, j’ai entendu les hommes s’invectiver au café ou dans les champs et j’ai compris tout ce qui ne pouvait pas s’écrire, se dire mais seulement se deviner entre les lignes…

La construction de ce roman peut sembler singulière tant les personnages sont nombreux, aux consonances italiennes, troublant parfois notre mémoire (qui est-il celui là ?) mais cela ne gêne en rien la compréhension.

L’intrigue policière et l’histoire de ces trois jeunes gens servent de prétexte à une lecture « coup de poing » vous renvoyant en pleine face que, pas si loin de nous, la Calabre mystérieuse existe ….
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Cassiopée
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