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[Styron, William] A tombeau ouvert - Cinq histoires du corps des Marines

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[Styron, William] A tombeau ouvert - Cinq histoires du corps des Marines

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[Styron, William] A tombeau ouvert - Cinq histoires du corps des Marines

Message par LOUBHI 49 le Ven 15 Nov 2013 - 14:30



Auteur : William STYRON.
Titre original :  The Suicide Run.
Titre de l'ouvrage :  A Tombeau Ouvert - Cinq Histoires des Marines.
Traduction : De l'américain par Clara Mallier.
Editions :  Gallimard / Folio
Première date de parution : 2009.
Date de parution en France : 2011.
Genre : Recueil de nouvelles à caractère autobiographique.
Nombre de pages : 265 pages.

Quatrième de couverture :

Parfois, mon esprit vagabonde et je me rappelle la monotonie de cette vie, la torture de l'attente puis la précipitation obscène, la nourriture ignoble, la sueur et les insectes, le salaire de misère, l'anxiété et la peur, le bavardage stérile, le bruit assourdissant des coups de fusil, le célibat dégradant, les amitiés brèves et superficielles, le caractère humiliant d'un système de castes conçu pour cultiver les formes les plus mesquines de la vanité humaine. Je suis capable de ressasser de telles choses avec une obstination masochiste, comme on peut revivre en pensée une épreuve difficile que l'on a traversée avec succès."
Cinq nouvelles sur le corps des Marines, entre Seconde Guerre Mondiale et guerre de Corée : William Styron s'inspire de son expérience personnelle pour questionner le mélange d'héroïsme et d'absurdité qui fait la vie militaire.

Avis et commentaires :

Enfin un recueil de nouvelles montrant ou démontrant que derrière un corps d'élite si souvent considéré comme infaillible et sans peur, tel que le véhiculent les films hollywoodiens.
Avec Styron, c'est un témoignage, le sien, plutôt à charge mais humain sur ces hommes, qui entre deux guerres (celle de la Seconde Guerre Mondiale dans le Pacifique contre le Japon et celle de Corée), vétérans, réservistes ou actifs, dans l'espoir de ne pas revoir les épreuves de la première mais dans l'obligation de se préparer à partir pour la seconde.
Styron, à l'époque de la plupart de ces 5 nouvelles vient à peine de commencer à écrire et à connaître un certain succès et alors qu'il n'aspire qu'à se consacrer à cet art, se voir rappeler par le corps des Marines dans lequel il a fait ses armes pour encadrer de jeunes recrues en partance pour la Corée.
Dans sa première nouvelle "Blankenship"; il est question d'un épisode de la vie d'un de ces marines, l'adjudant - maître Charles . R Blankenship, en charge d'une de ses îles -prisons où les détenus, issus de ce corps de prestige, effectuent leur peine. Homme de devoir, semblable à ce que l'on imagine d'un corps d'élite, le lecteur va partager avec lui le moment où l'accumulation des tensions vont lui faire briser sa facade et mettre en péril cette image idéale.
La seconde nouvelle "Marriott le Marines" coïncide avec la période où Styron fut rappelé en vue de son engagement pour la Guerre de Corée, permet à Styron de faire état de ses doutes et faiblesses alors qu'il connaît ses premiers succès en tant qu'auteur et toute sa peur de prendre part à ce nouveau conflit "Non, le corps des Matines n'est pas fait pour un homme comme moi, lent et contemplatif". Cette période intermédiaire permet aussi à ses lecteurs de se rendre compte des longs moments de solitude et de désœuvrement de tous ces hommes qui pensaient ne plus être impliqués dans un nouveau conflit. Entre les manœuvres, les entraînements guerriers, les marines ont tout le temps de penser à leur triste sort, de s'ennuyer dans ces centres dépourvus de tout charme, dans un environnement de congénères souvent limités au niveau intellectuel mais aussi de ségrégation entre Noirs et Blancs, réservistes et conscrits, la peur au ventre avant le départ vers la guerre et loin de leur vie sociétale ou familiale. Seule parenthèse enchantée dans sa vie de proscrit, la rencontre de son nouvel ami Lacy et du lieutenant - colonel Paul Marriot, son officier supérieur lettré et d'une pause un peu plus intellectuelle, seulement troublée par la mort d'un héros de la seconde guerre mondiale pour lequel l'esprit de corps des marines referme une trop courte période humaniste.Entre introspection, manques de toute nature et clairvoyance, cette nouvelle est ma préférée.
Les nouvelles les plus personnelles sont les 3 dernières, où là encore, le style de Styron s'affirme et revient sur ses racines du sud des Etats Unis, entre évocation sensuelle et relations sexuelles avec sa maîtresse pour "A tombeau ouvert" dans laquelle les virées en voiture et train , courses contre la montre s'enchaînent, riche en anecdote et en complicités.
Marquant et dans un style très épuré et ciselé aussi  la nouvelle intitulée "La Maison de mon père" avec le récit des relations de Styron avec son père, sa nourrice et sa belle - mère et toute la difficulté relationnelle de l'écrivain et du réserviste. Descriptif sans concession de cette mentalité spécifique de son état natal et visions parfois dures quand les souvenirs les plus sombres de la guerre contre les Japonais  lui reviennent avec un certain dégoût et des remords.
Le recueil se termine sur la nostalgie de certains souvenirs d'enfance liés à sa relation avec son père très attachante.
En conclusion, je ne regrette absolument pas cette lecture qui m'a offert de découvrir une autre facette de William Styron dont, même si j'ai aimé  "Le Choix de Sophie ", j'avais eu un peu de mal à aller à son terme. Ici le style est fluide, intéressant et le sens des anecdotes comme celui de la description m'ont permis d'aller à la fin de ce livre avec plaisir.

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LOUBHI 49
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