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[Sayrafiezadeh, Saïd] Le jour où les skateboards seront gratuits

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[Sayrafiezadeh, Saïd] Le jour où les skateboards seront gratuits

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[Sayrafiezadeh, Saïd] Le jour où les skateboards seront gratuits

Message par zazy le Mar 29 Avr 2014 - 19:36


Le jour où les skateboards seront gratuits
Saïd Sayrafiezadeh
Editions Calmann-Lévy
320 pages
Parution : 25 septembre 2013
ISBN : 9782702144626



4ème de couverture :
Dans l’Amérique des années 70, l’histoire touchante et cocasse d’une enfance en marge. Alors que Saïd n’a que neuf mois, son père estime qu’il a mieux à faire que de s’occuper de sa famille : œuvrer pour que la révolution triomphe aux États-Unis. Mahmoud est né en Iran, il a fui le régime du Shah et s’est installé à New York où il devient un membre éminent du parti socialiste des travailleurs. Personnage haut en couleur sachant jouer de son charme, il épouse Martha Harris, juive américaine, elle aussi une fervente militante trotskiste, dépressive et à côté de la plaque.
Pour être fidèle à ses idéaux, elle choisit l’expérience du déclassement. Saïd sera ainsi brinquebalé d’appartements miteux en deux-pièces sordides, de Brooklyn à Pittsburgh, élevé au gré d’interdits absurdes qui l’excluent subtilement de la communauté des enfants : interdiction de manger du raisin à cause du boycott du syndicat des ouvriers agricoles, interdiction de posséder un skateboard tant qu’ils ne seront pas gratuits pour tous, etc.
Mère et fils passent vacances et week-ends à militer, distribuer des tracts, manifester ou à rendre visite à des prisonniers noirs évidemment victimes de ces salauds de capitalistes…


Saïd Sayrafiezadeh :

Saïd Sayrafiezadeh est né à Brooklyn en 1968, il écrit régulièrement pour des revues littéraires comme Granta et The New Yorker. Le jour où les skateboards seront gratuits est son premier livre publié en français.

===============

Le récit autobiographique de Saïd Sayrafiezadeh est un monument d’humour pince sans rire, farfelu ; l’humour du désespoir à la Woody Allen, tout en étant une peinture du monde contestataire américain.
Nous sommes dans les années 70-80. Saïd Sayrafiezadeh a tout pour rater ou compliquer sa vie. Un père iranien, une mère juive, l’ensemble est déjà explosif. Ajoutez qu’ils sont trotskistes purs et durs, membres du Parti Socialiste des Travailleurs et ce, aux U.S.A. berceau du capitalisme. Le père les abandonne puis retourne en Iran où le Shah vient d’être renversé. Imaginez le père barbu, chevelu se présentant aux élections présidentielles au pays des futurs Ayatollahs!

L’enfance de l’auteur ne fut pas très, très, gaie, mais que peut-il faire face à l’Idéal, face à une mère abandonnée, dépressive, totalement à côté de la plaque, mais toujours militante. S’écouter dire par sa mère qu’il ne pourra avoir un skateboard, le rêve pour un petit garçon, que lorsqu’ils seront gratuits ; Ou que vous ne pouvez manger du raisin pour cause de boycott du Syndicat des Ouvriers… ça vous forge un caractère ou vous flingue.

Martha seule continue de militer et distribuer le journal accompagnée de Saïd, et, pour vivre son apostolat socialiste, ils habitent des appartements miteux, des quartiers pauvres et sordides « La différence entre les autres familles pauvres du quartier et nous, c'était que notre pauvreté était volontaire. C'était une succession de choix, et non une réalité à laquelle on ne pouvait échapper. ». Avec son patronyme et les évènements iraniens, il ne colle plus dans le paysage scolaire. Il découvre le racisme, l’ostracisme et l’exclusion auprès de ses camarades de classe, même ceux qu’il prenait pour ses amis. Quoique le racisme, la ségrégation il les vit au quotidien puisque les blancs sont dans des classes « avancées », alors que les noirs se trouvent d’office dans les classes dites « normales ».
« La séparation était absolue. Même les rares fois où les élèves noirs et blancs se retrouvaient –au déjeuner, à la gym, pendant la formation professionnelle-, ils discutaient à peine entre eux. »

Ce livre est une véritable plongée dans le monde de l’opposition au modèle capitalisme. Une autre face de ce pays où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est noir, pauvre… ou syndicaliste de gauche. Saïd Sayrafiezadeh met beaucoup d’amour, d’humour de dérision pour nous donner à lire un bon livre. Surtout ne comptez pas sur lui pour geindre sur l’enfant abandonné, délaissé sur l’autel de la lutte des classes qu’il fut.

Quelques extraits :

« Mon père est persuadé que les Etats-Unis seront un jour balayés pat une révolution socialiste.


Mais plus que tout mon père est membre –camarade- du Parti Socialiste des travailleurs. Il en est l’un des plus éminents camarades, à vrai dire, et l’a été pendant l’essentiel de ma vie.

Le Che est assassiné, Martin Luther King est assassiné, et Nixon est élu (elle a voté pour Fred Halstead –quarante-et-une mille vois). Après ça, un troisième enfant naît –moi- et pendant ce temps la guerre du Vietnam s’enlise, les manifestations se font plus violentes, et les réunions plus fréquentes. Le mari et la femme continuent encore et encore, de plus en plus loin, de plus en plus vite, jusqu’au jour où survient une pause, brève, tandis que le mari se tient à la porte de leur appartement, la main sur la poignée, n’osant regarder ni sa femme ni ses trois enfants. Il a une expression penaude et un sac de voyage à la main. Puis, il ouvre la porte et sort doucement sur la pointe des pieds et s’enfonce à jamais dans la nuit.

Les membres du Parti pouvaient en apparence railler les idéaux chrétiens qui prônaient la pauvreté et la renonciation aux biens matériels, mais ils étaient au fond d’eux-mêmes persuadés qu’il n’y avait rien de plus ignominieux que de réussir dans une société aussi moralement corrompue que la nôtre.

C’étaient des connards de riches, après tout, et je leur en voulais de ce que je n’avais pas.


« JE SOUTIENS LE COMBAT DES TRAVAILLEURS ET DES PAYSANS IRANIENS CONTRE L’IMPERIALISME AMERICAIN. »
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