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[Woolf, Virginia] De la maladie

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De la maladie

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[Woolf, Virginia] De la maladie

Message par Histoires Singulières le Ven 13 Juin 2014 - 17:26

Titre : De la maladie

Auteur : Virginia Woolf

Editions : Payot et Rivages, 2007
Rivages poche / Petite Bibliothèque
ISBN : 978-2-7436-1637-3
(Prix chez mon libraire en 2014 : 5€10)

Traduit de l'anglais et présenté par Elise Argaud

Nombre de pages : 59

Parution en 1930 sous le titre :
On Being Ill




Genre : Classique

Quatrième de couverture :

Lorsque nous y réfléchissons, comme les circonstances nous y forcent bien souvent, il nous semble soudain pour le moins étonnant que la maladie ne figure pas à côté de l'amour, de la lutte et de la jalousie, parmi les thèmes majeurs de la littérature.
- Virginia Woolf -
Dans ce court texte écrit en 1926, pour la revue de T.S.Eliot, Virginia Woolf s'interroge sur cette expérience particulière dont personne ne parle, dont le langage peine à rendre compte mais que tout le monde connaît : la maladie. Lorsqu'on tombe malade, constate-t-elle, la vie normale interrompt son cours réglé pour laisser place à un état de contemplation ou le corps reprend ses droits et où l'univers apparaît soudain dans son indifférence totale à la vie humaine.

Mon avis :
Je me demande comment un si petit livre de 59 pages peut m'avoir tant marqué ?!?!
J'ai vraiment eu l'impression que Virginia Woolf était en train de me parler... qu'elle s'adressait vraiment à moi, comme à une amie.
Ce petit livre n'est pas un roman, pas un essai, pas un témoignage, non, rien de tout celà. C'est simplement une petite conversation avec Virginia Woolf, qui traverse le temps pour venir nous dire ce qu'elle pense de l'état psychologique dans lequel se trouve toute personne frappée brutalement par la maladie. Du jour au lendemain, elle ne fait plus parti du monde, elle est comme en retrait, non pas parce qu'on l'a isolé mais tout simplement parce que le monde continue a tourner et que ralenti par la maladie, le malade ne peut plus suivre le mouvement...

Extraits pour vous donner une idée de la belle écriture de Virginia Woolf :

*(p.25)
Jour et nuit, le corps se manifeste, s'émousse ou s'affûte, se rembrunit ou pâlit, se change en cire dans la chaleur du mois de juin avant de redevenir suif dans les ténèbres de février. L'être vivant en nous doit se contenter de regarder à travers cette vitre, salie ou flatteuse, mais il ne peut, ne serait-ce qu'un instant, être détaché du corps comme l'étui d'un couteau ou la cosse d'un petit pois. Il lui faut endurer toute la gamme des changements d'état, chaud et froid, bien-être et mal-être, faim et satiété, santé et maladie, jusqu'à ce que survienne l'inévitable catastrophe : le corps se brise en mille morceaux et l'âme (dit-on) s'en échappe. Or de tout ce drame quotidien du corps aucune trace ne subsiste. On décrit toujours les activités de l'esprit, les pensées qui se forment en lui, ses nobles projets et la façon dont il a civilisé le monde. On le représente dédaigneux du corps dans la tour d'ivoire du philosophe, ou bien, avide de conquêtes ou de découvertes, l'éperonnant comme on pousse un vieux ballon de football en cuir sur des lieues de neige et de désert. Ces grandes guerres que livre le corps à l'esprit qui lui est assujetti, dans la solitude de la chambre à coucher, pour résister à l'assaut de la fièvre ou à un accès de mélancolie, sont passées sous silence.

*(p.28)
Le dernier obstacle à la description de la maladie en littérature, c'est l'indigence de la langue. L'anglais, capable de donner voix aux pensées de Hamlet et à la tragédie du roi Lear, est pris de court par le frisson et la céphalée. Tout son développement s'est limité à un seul domaine. Lorsqu'elle tombe amoureuse, n'importe quelle écolière peut faire appel à Shakespeare ou à Keats pour s'exprimer ; mais qu'une personne souffrante tente de décrire un mal de tête à son médecin et le langage aussitôt lui fait défaut. N'ayant rien à sa disposition, la voilà obligée d'inventer elle-même des mots et, sa douleur dans une main et un morceau de son pur dans l'autre (comme l'a peut-être fait le peuple de Babel à l'origine), elle espère faire naître de leur entrechoquement un vocable entièrement neuf. Il en résultera probablement quelque chose de ridicule.


==> Livre faisant parti de mon challenge
"CHALLENGE Auteur : Virginia Woolf"
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