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[Blanc, André] Farel

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[Blanc, André] Farel

Message par Cassiopée le Dim 19 Oct 2014 - 22:56



Titre : Farel
Auteur : André Blanc
Éditions : Jigal (Mai 2014)
Collection : Polar
Nombre de pages : 280
ISBN : 979-10-92016-20-8


Quatrième de couverture

Par un sale mois de novembre glacé et venteux, une femme est retrouvée assassinée dans un grand hôtel de Lyon, attachée sur un lit, étouffée, la tête emprisonnée dans un sac. Le commandant Farel et son équipe se penchent sur le passé de la victime, directrice d’un institut d’accueil pour enfants handicapés et dont la vie va très vite se révéler particulièrement scabreuse. Au fil de l’enquête, en pleine campagne électorale, un autre cadavre sera découvert, apparemment exécuté sur le même modus operandi, celui de l’adjoint au maire, franc-maçon, chargé des finances de la ville et grand pourvoyeur de fonds électoraux. En laissant délibérément à Farel les mystérieux indices d’un jeu de piste macabre, le tueur, froid et méthodique, semble vouloir régler ses comptes… L’enquête va faire remonter à la surface les odeurs nauséabondes d’une terrible affaire toujours pas élucidée mettant en cause l’establishment local. Et pour Farel, les souvenirs douloureux d’une amitié à jamais perdue…

Mon avis

Farel l’incassable…

Il pourrait être aussi « L’inclassable… », Guillaume Farel est insaisissable, secret, opiniâtre, bourru, un peu ours comme le décrit sa compagne. Il essaie de pénétrer dans l’esprit des personnes sur qui il enquête pour mieux les comprendre, pour cerner leurs raisonnements. Il est curieux de leur personnalité et n’a de cesse d’arriver à ses fins. Les relations qu’il entretient avec les autres (son père (juge à la retraite), sa compagne, ses amis, ses collègues), sont parfois conflictuelles parce que c’est un homme toujours sur la réserve, mal dans sa peau et pas totalement sûr de lui, de ce fait il communique peu et cela ne simplifie pas sa vie de couple. Tout cela en fait un homme atypique mais attachant malgré tout.

Cette fois-ci, confronté à un crime sordide. Il va être obligé de mener ses investigations dans le milieu politique. Il ne fait pas toujours bon gratter sous le vernis… Mais notre commandant n’est pas homme à se laisser influencer. Alors, il va chercher, approfondir et remuer un peu, beaucoup, la boue mais attention parfois ça éclabousse….. Bien entendu, l’auteur, qui a été adjoint au maire à Lyon, situe l’action dans une ville et dans un contexte qu’il connaît bien.
Au fil des pages, on découvre que notre homme est directement impliqué. L’assassin sème des messages sibyllins qui semblent le concerner, comme s’il le connaissait personnellement. Ceci trouble Farel et lui pose question. D’autant plus qu’il lui semble reconnaître quelques personnes ayant eu un rôle dans son passé…. Un passé qui le hante, dont il ne parle pas mais qui l’envahit au fil de l’histoire, comme un mauvais cauchemar…. De plus, l’affaire dont il s’occupe paraît liée à une autre, vieille de quelques années et qu’il n’a pas pleinement résolue (et qui lui est donc restée en travers de la gorge.) Farel et sa part d’ombre …..

L’auteur porte un regard réaliste, froid, détaché en apparence, un tantinet désabusé sur le monde des hommes de pouvoir. Je crois également que ce regard, malheureusement, est juste.
Régulièrement, la presse nous abreuve de scandales politico financiers, de réseaux de pédophilie, de pots de vin, de corruption et autres magouilles plus ou moins abjectes donc ce roman n’est pas loin de certaines tristes vérités…..
André Blanc a une écriture sobre, efficace, il dissèque les événements, les analyse par l’œil et les pensées de Farel. Il ne porte pas de jugement, il établit une liste de faits. Comme son personnage récurrent qui observe, impassible en apparence jusqu’à poser des jalons avant d’établir des conclusions. La « logique » du commandant est particulière mais le lecteur se passionne pour celle-ci. Pour deux raisons : elle permet d’aller plus loin, de coincer le coupable, mais surtout, elle aide à comprendre Farel et ce n’est pas rien d’arriver à cerner un individu aussi complexe que celui-ci….

La couverture, qui représente une silhouette masculine de dos, m’a paru significative. D’autant plus que le titre est le nom de l’homme qui est le cœur du livre. Car, même si les protagonistes sont nombreux, plus ou moins honnêtes, plus ou moins efficaces, plus ou moins intéressants…tout tourne autour de cet homme qui, comme sur la première page, emplit tout l’espace, en restant malgré tout dans l’ombre…. Et me sont montés aux lèvres ces mots :
« Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
»

Néanmoins, l’homme marche vers la lumière et sans doute l’espoir de jours meilleurs….
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Cassiopée
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