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[Salvayre, Lydie] Pas pleurer

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[Salvayre, Lydie] Pas pleurer

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[Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par lalyre le Mar 6 Jan 2015 - 20:17

[Salvayre, Lydie]
Pas pleurer
Gallimard août 2014
ISBN 978 2 02 111619 9
279 pages

Quatrième de couverture
Deux voix entrelacées.
Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre "les mauvais pauvres".
Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et "mauvaise pauvre", qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.
Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

Mon avis
Que voici une belle et originale écriture, un beau roman ou je n’ai eu aucun mal à m’immerger dans l’histoire qui offre un éclairage complexe de la guerre civile espagnole mettant en scène un petit village perché sur les hauteurs de la Catalogne. Comme dit la quatrième de couverture : Deux voix s’entrelacent, sont mises en parallèle, comme un écho, celle de Bernanos ayant écrit « Les grands cimetières sous la lune » et l’histoire de Montsé, qui bien des décennies plus tard, raconte cette époque à sa fille, la narratrice. Montsé remonte ainsi le fil d’une vie familiale, traversée par diverses tragédies. L’auteure s’abandonne aussi au langage de sa mère dans un mélange de français et d’espagnol ( un petit bémol à ce propos, j’aurais aimé que les expressions espagnoles soient traduites). De la même façon, Lydie Salveyre se laisse envoûter par la prose de Bernanos, cependant entre ces deux personnages que tout semble opposer , elle crée une certaine solidarité et cela avec beaucoup de sensibilité. Un très beau livre qui sera encore un gros coup de cœur…5/5

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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par Step le Mar 6 Jan 2015 - 20:20

Merci Lalyre, ce livre figure dans mes prochaines lectures, je suis heureuse de ne pas m'être trompée dans
mon choix!

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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par Moulin-à-Vent le Lun 27 Juil 2015 - 4:16


Un prix Goncourt 2014 bien mérité.
Son art du conte nous emporte dans le voyage temporel de ses personnages et rend vivante l'époque décrite.
Des personnages pleins de qualités et de défauts, mais le plus important, des personnages vivants et réels.
Certaines phrases sont en espagnol, un espagnol que, la plupart du temps, j'ai presque compris. Au début, on se demande si l'auteure, avec sa culture, ne se moque pas de nous, pauvres «biglottes» sans espagnol. Comme Lalyre, j'aurais grandement aimé que ces phrases fussent traduites pour notre compréhension.
Saramago, dans "L'aveuglement", nous emporte avec sa non-ponctuation, Salvayre fait de même avec ses barbarismes qui, souvent, parlent plus que le mot adéquat. Montse est la dépositaire de ces néologismes et souvent, elle décrit bien le tout avec son non-mot.
L'ambiance ressemble beaucoup à celle de la chanson "Blowin' in the Wind" de Bob Dylan.
J'ai beaucoup aimé.
Ma cote: 7/10.

Citations

"Et elle qui avait ressenti de façon si intense le bonheur d'être libre, elle retrouva l'enfer des étroitesses."

" ... cette tentative menée par certains de dévaluer la bonté, vertu des cons, comme ils disent ... "

(Lydie Salvayre, "Pas pleurer")
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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par erina92 le Lun 28 Sep 2015 - 17:52

J'ai énormément apprécié ce roman, je me suis délectée des paroles de Montse, un mélange savoureux de français et d'espagnol. Mais c'est vrai qu'il y a des passages entiers en espagnol qui ne sont pas traduits. Personnellement j'ai beaucoup apprécié mais il devrait au moins y avoir un avertissement quelque part.
Les personnages sont hauts en couleurs, emblématiques de mouvement intellectuels de cette époque. Il y a aussi beaucoup d'humour qui passe par la bouche de Montse.
J'ai bien aimé aussi qu'on nous raconte une autre guerre d'Espagne: celle entre les anarchistes et les communistes. Eh oui c'était quand même compliqué cette époque. J'ai retrouvé un peu le film de Ken Loach: "Land and freedom".
Je n'ai pas très bien compris en revanche ce que Bernanos venait faire dans l'histoire (en fait rien)...
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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par zazy le Mer 4 Nov 2015 - 0:36

« On est en Espagne en 1936. La guerre civile est sur le point d’éclater, et ma mère est une mauvaise pauvre. Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule. Ma mère, le 18 juillet 1936, ouvre sa gueule pour la première fois de sa vie. Elle a quinze ans. Elle habite un village coupé du monde où, depuis des siècles, de gros propriétaires terriens maintiennent des familles comme la sienne dans la plus grande pauvreté. »
Au même moment, le fils de Georges Bernanos s’apprête à se battre dans les tranchées de Madrid sous l’uniforme bleu de la phalange. Durant quelques semaines, Bernanos pense que l’engagement de son fils auprès des nationaux est fondé et légitime. Il a les idées que l’on sait. Il a milité à l’Action française. »
Tout va basculer.
Lydie Salvayre plonge dans les souvenirs de sa mère Montse, espagnole qui a connu le vent de la liberté en 1936. Montserrat Monclus Arjona, habitant la Catalogne a 15 ans et le poids de la tradition sur les épaules. Elle suivra son frère José qui s’est engagé auprès des libertaires. Commence une parenthèse enchantée, pour cette jeune adolescente, pleine de folies, d’un immense espoir et d’amour. Las ! Sa relation avec un jeune poète français a porté ses fruits et sa mère reprend son rôle pour la marier avec un bon parti. Ceci fait partie de l’histoire de Montse dans l’Histoire. J’ai découvert cette guerre fratricide entre gens du même bord mais avec des obédiences différentes. Beaucoup d’actions ont leur départ loin de Barcelone, du côté de l’Italie, de l’URSS, en France… Tout le livre s’enroule autour de Bernanos, catholique de droite, auteur des « Grands Cimetières sous la lune », Il découvre avec horreur ce qui se déroule à Majorque et bascule de l’autre côté « Lucide contre la lâcheté et le silence ». Toutes ces exécutions perpétrées par les troupes franquistes à l’encontre des républicains, avec la bénédiction de l’église catholique et du pape. Ne croyez pas que tout est rose et pur de l’autre côté. Lorsque José, à une terrasse, écoute deux comparses discuter de « leur fait de guerre » : l’assassinat sauvage de « deux curés butés », « il est terrassé, comme Bernanos est terrassé au même moment à Palma, et pour des raisons similaires. » Chaque nuit des expéditions punitives contre des fascistes ou prétendus tels, tout comme les chemises bleues raflent de bons pères de famille pour faire des exemples. Le fils de Bernanos désertera après avoir assisté à l’assassinat de pauvres bougres.

Lydie Salvayre décrit ces exactions bénies par les prêtres « L’image de ces prêtres, le bas de leur surpris trempant dans le sang et la boue, et donnant leur viatiques aux brebis égarées qu’on assassine par troupeaux ». J’ai beaucoup aimé sa « petite leçon d’épuration nationale », encore et toujours valable, malheureusement, de nos jours.

Cette année 1936, pour Montse, restera toujours le meilleur moment de sa pauvre vie. Elle a connu la liberté, l’amour, dans la joie, l’euphorie et le bonheur alors que Bernanos a découvert le pire, les exactions, une remise en cause de sa croyance en Dieu.

Un livre noir, ensoleillé par les jurons et le sabir de Montse, ce « fragnol » que l’auteur a détesté dans sa jeunesse. Un livre qui m’a fait découvrir que la guerre d’Espagne avait ses ombres, ses noirceurs dont jamais personne n’a parlé, le silence de pays dits démocrates, le rôle ambigu de Staline. Le style à la fois très travaillé, maîtrisé mais vivant fait de colère, de passion, de drame, de comédie, de drôlerie a fait que je n’ai pas pleuré. Un livre à garder pour ne pas oublier la folie des hommes, un livre très actuel. Peut-être aurais-je le courage de lire ce livre de Bernanos
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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par Moulin-à-Vent le Mer 4 Nov 2015 - 15:49

zazy a écrit:[i]Peut-être aurais-je le courage de lire ce livre de Bernanos

Merci zazy pour cette critique soignée. J'ai également pris en note ce titre de Bernanos. tchin
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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

Message par zazy le Ven 11 Déc 2015 - 12:51

Pas encore eu ce courage, je vais le noter de suite sur le site de la bibliothèque
Bonne journée
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Re: [Salvayre, Lydie] Pas pleurer

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