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[Férey, Caryl] Condor

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[Férey, Caryl] Condor

Message par yaki le Jeu 14 Avr 2016 - 15:03

Condor / Caryl Ferey, Gallimard, 2016


Présentation de l'éditeur
Condor, c'est l'histoire d'une enquête menée à tombeau ouvert dans les vastes étendues chiliennes. Une investigation qui commence dans les bas-fonds de Santiago submergés par la pauvreté et la drogue pour s'achever dans le désert minéral de (Atacama, avec comme arrière-plan l'exploitation illégale de sites protégés... Condor, c'est une plongée dans l'histoire du Chili. De la dictature répressive des années 1970 au retour d'une démocratie plombée par l'héritage politique et économique de Pinochet. Les démons chiliens ne semblent pas près de quitter la scène... Condor, c'est surtout une histoire d'amour entre Gabriela, jeune vidéaste mapuche habitée par la mystique de son peuple, et Esteban, avocat spécialisé dans les causes perdues, qui porte comme une croix d'être le fils d'une grande famille à la fortune controversée...

Mon avis
Condor, c’est un roman noir, très noir, une plongée dans un Chili encore blessé par la dictature de Pinochet et les atrocités commises en son nom, notamment les multiples assassinats des opposants au régime. C’est l’histoire de trois gamins qui meurent sans que l’on s’en préoccupe, jusqu’à la mort suspecte d’Enrique. La police ne bouge pas le petit doigt... Gabriela est une amie du père d’Enrique. Etudiante, elle filme tout ce qu’elle peut avec l’idée d’en faire des films documentaires. Elle vit chez un ami, Stefano, propriétaire d’un cinéma d’art et d’essais. Gabriela sollicite l’aide d’Esteban Roz-Tagel, un avocat spécialiste des causes perdues, un homme plein de contradictions, issu d’un milieu très aisé mais en révolte contre ce monde-là. Leur enquête les entrainera tous les trois très loin.

J’avais déjà lu des romans de Caryl Ferey. On retrouve dans celui-ci la violence, le poids de l’héritage de l’histoire, la double identité des mapuches, entre tradition et vie moderne, et l’amour entre deux personnes que tout oppose… C’est bien fait et le lecteur est entrainé par le rythme de l’histoire, même si par moments je me suis un peu ennuyée. J’ai également été gênée par le style, je ne saurai trop expliquer pourquoi, une lourdeur parfois, un style parfois répétitif… Par contre, il y a un petit côté original avec, à l’intérieur du roman, un autre texte un peu curieux écrit par Esteban, un petit texte qui permet de faire une pause dans la tension dramatique du récit. Je ne connaissais pas bien l’histoire du Chili et ce roman m’a donné envie d’en savoir plus, c’est d’ailleurs ce côté « documentaire » qui m’a le plus intéressée.
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Re: [Férey, Caryl] Condor

Message par Sharon le Mer 20 Avr 2016 - 21:45

Mon avis :

Ai-je aimé, n’ai-je pas aimé ? Difficile à dire. J’ai éprouvé des sentiments mitigés à la lecture de ce roman, roman noir,oui, mais dont certaines péripéties m’ont semblé un peu précipitées.
Oui, j’anticipe peut-être un peu en disant cela, pourtant, je suis souvent restée au bord de la route, avec ses personnages très nombreux, que l’on ne croisera parfois que fort peu de temps. La violence est partout, elle prend par surprise, personne n’est à l’abri – un gilet pare-balles, des gardes du corps peuvent toutefois s’avérer utile.
Qui choisir, parmi tous ces personnages ? Esteban, l’un des héros (je n’ai rien contre ce prénom, mais entre celui-ci et le titre, Condor, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux Cités d’or !). Gosse de riche, ayant fait de très bonnes études dans de très bonnes universités, il se consacre aux causes perdues. Oui, on dirait presque un cliché, et pourtant : il mène une vie des plus mouvementées, ne travaillant que quand cela lui chante, se perdant dans des tourments intérieurs qu’il jette sur papier, sans qu’ils aient jamais de fin, sans que lui n’en veuille vraiment la fin. Son associé est aussi son compagnon de tourments – pas les mêmes, la psychanalyse n’a pas fini de tout mettre en oeuvre pour en venir à bout. Et qui pourra en venir à bout ? Je vous ai présenté ces deux hommes, mais il faudrait aussi parler de Patrizio, de Stefano, de Manuela, de Gabriella.
Le plan Condor est le symbole de l’injustice subie au Chili – de tous ceux qui ont disparu et dont on a effacé les traces. De ceux qui ont survécu, ont pu fuir parfois, ou ont survécu en trahissant. Quant aux tortionnaires, aux bourreaux, ont-ils été inquiétés ? Non. Réponse simple et courte. Les injustices commises au Chili ne se sont pas arrêtés avec la dictature, comme le montre le sort des indiens Mapuche, ou celui des mineurs. Qui pour aider les laissés-pour-compte ? Peu de monde – et il en faut moins encore pour que la vie s’arrête.
L’intrigue est parfois difficile à suivre, pas tant à cause des retours dans le passé (et des tortures commises, subies) que des nombreux fils narratifs qui finissent par se rejoindre, tout en laissant un goût d’inachevé. Je ne pense pas qu’une suite soit possible, mais j’ai eu l’impression que cette intrigue était une parenthèse dans la vie, dans la « formation » de Gabriella – victoire d’un côté, impuissance de l’autre.
Condor est un roman noir, très noir, plus qu’un roman policier, puisqu’une grande partie de la police est corrompue, et que l’autre partie n’a guère les moyens d’enquêter. Il ne manque guère qu’une femme fatale pour que nous ayons tous les ingrédients du roman noir – si ce n’est que Gabriella ne l’est pas, que Véra, l’épouse d’Edwards, est vite oubliée. Il n’est guère que Manuela qui pourrait se placer dans cette catégorie, même si elle est un personnage bien plus complexe que le lecteur ne peut le croire.
Condor, ou le portrait désespérant d’un pays qui n’en a pas fini avec son passé.
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Re: [Férey, Caryl] Condor

Message par Pistou 117 le Mer 26 Juil 2017 - 20:01

Nous sommes d'accord donc pour affirmer que "Condor" mérite bien sa place parmi les romans noirs. Tristesse et misère sont en effet le lot du plus grand nombre... C'est pourtant un roman qui apporte beaucoup autant d'un point de vue culturel, que d'un point de vue humain.

Le Chili est un pays bien méconnu et très peu médiatisé. Je me souviens vaguement de l'épisode des mineurs bloqués par un éboulement pendant plusieurs semaines, épisode d'ailleurs évoqué par Caryl Ferey dans ce roman. A part cela, depuis Allende et la chute de Pinochet, il semblerait que ce pays n'existe plus aux yeux de l'occident. J'ai donc été enchantée de partir à sa découverte. Même si, comme souvent (toujours ?), avec cet auteur, la visite se fait principalement dans les quartiers déshérités et les bas-fonds.

J'espère vivement qu'il existe une autre vie pour les chiliens que celle de miséreux dans les bidonvilles ou sur les hauts plateaux désertés de cet immense pays, truand, ou riche capitaliste exploitant tout et tous. Il s'agit d'un roman noir, n'est-ce pas, il doit y avoir autre chose, là-bas ; je veux le croire.

Cette lecture, malgré sa noirceur, aurait pu être un coup de coeur si le début ne m'avait pas semblé aussi long. J'ai été très intéressée par les nombreux personnages que m'a présentés l'auteur, me racontant leur vie et la façon dont l'histoire de leur pays a influé sur ce qu'ils sont. Cependant, il faut s'accrocher, parce que ça fait du monde. Autre bémol : une très, très méchante et bien improbable coïncidence vient un peu gâcher le plaisir de la lecture... je n'en dis pas plus.

Une lecture difficile donc, mais un texte malgré tout poétique et très riche. Lire Caryl Ferey, ça n'est pas facile, mais ça apporte beaucoup. Je recommande, mais à petite dose, sinon, bonjour la déprime !
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Re: [Férey, Caryl] Condor

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