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[Skarmeta, Antonio] Les jours de l'arc en ciel

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[Skarmeta, Antonio] Les jours de l'arc en ciel

Message par Sharon le Lun 22 Mai 2017 - 9:50


Titre : Les jours de l'arc en ciel.
Auteur : Antonio Skarmeta
Edition : Grasset
Nombre de pages : 256 pages.

Présentation de l’éditeur :

« Mercredi, ils ont arrêté le professeur Santos. Rien d’exceptionnel par les temps qui courent.
Sauf que le professeur Santos est mon père. Et, chose étrange, lorsque les deux hommes ont emmené papa, tous les garçons de la classe ont tourné les yeux vers moi. Je suis sûr qu’ils pensaient que j’avais peur. Ou que j’aurais dû bondir sur ces hommes pour les empêcher d’emmener mon père. Mais, avec le professeur Santos, nous avions prévu cette situation. Nous lui avions même donné le nom d’une figure de syllogisme. Nous l’appelions la situation « Baroco » : s’ils venaient arrêter papa sous les yeux de témoins pour l’emprisonner, cela signifiait qu’ils ne pouvaient pas le faire disparaître comme les autres… »

Mon avis :

Chili. Déjà 15 ans de dictature. Pinochet organise alors un plébiscite et il autorise le parti adverse à diffuser un spot publicitaire pour dire « non », non à huit ans de plus avec Pinochet au pouvoir. Non à huit années de plus de détenu-disparu ou de disparu tout court, de média aux ordres du pouvoir. Il faut dire que le monde regarde, que des correspondants étrangers sont présents, alors il faut bien faire croire à la démocratie, non ?
S’il est un mot qui convient pour désigner les chiliens, c’est « résignation ». Aller voter pour le non ? Et s’ils leur arrivaient quelque chose dans le bureau de vote, ou après ? Que risquent réellement ceux qui s’opposeront à la dictature ? Oui, je ne peux m’empêcher d’ajouter qu’en France nous ne risquons rien en allant voter, et que nous oublions que d’autres n’ont pas la chance – de voter tout court. Puis, si l’on ne fait pas trop de vague, pourquoi ne pas laisser le pays en l’état ? A force de ne plus connaître que la dictature, à force d’oubli, on n’a plus le courage de vouloir vivre autre chose. Seuls les proches des disparus semblent déterminés.
Des personnages forts émergent de ce roman. Nico, d’abord, le narrateur, dont le père a été arrêté en pleine classe devant ses élèves. Une chance : sa disparition ne peut être niée. Nico était paré à cette éventualité, son père et lui avaient mis au  point plusieurs stratégies, plusieurs contacts au cas où – et c’est arrivé. Patricia est son amie, son amoureuse. Pour elle, l’avenir n’est pas au Chili, mais ailleurs, elle a hâte de partir. Son père est un grand publicitaire, le plus grand peut-être du pays, c’est pour cette raison qu’il est sans travail, trop doué, trop opposé à ce qui se passe au Chili. C’est pourtant à don Adrian Bettini que l’on propose deux campagnes, celle pour le oui, d’abord, puis celle pour le non, que tous ou presque lui demandent de refuser, que lui-même n’a pas vraiment envie d’accepter, la seule qui le pousse à le faire, c’est sa femme :

– J’admets que ton argument est bon. Malgré tout, il y aurait encore une autre raison de ne pas accepter.
– Dis-moi ?
– Pinochet a bombardé le pays de publicité pendant quinze ans, et à moi, on ne m’octroie que quinze minutes à la télé. C’est le combat de David contre Goliath.
– Adrian ?
– Oui ?
– Qui a gagné ?
– Qui a gagné quoi ?
– La bataille de David contre Goliath.


Nous connaissons la fin, pas ceux qui ont vécu cet événement. La vie ne s’arrête pas au Chili, la mort non plus, les surveillances tout sauf discrètes, les enlèvements, les tortures. Créer un spot de quinze minutes pour promouvoir le « non », toucher les indécis ou les peureux n’est pas simple. Ce qui distingue le camp du oui du camp du non ? Les certitudes. Adrian Bettini ne sait pas s’il parviendra à ses fins, il ne saura qu’après la diffusion du spot – et encore. Le camp du oui est sûr jusqu’au bout, et presque au-delà. Et ce sont des destins qui se jouent.

C’était le couronnement de toute sa vie.
Que quelqu’un d’autre s’occupe de l’avenir. Lui, lui seul voulait maintenant savourer le présent.
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Sharon
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