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[Octavia, Gaël] La fin de Mame Baby

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[Octavia, Gaël] La fin de Mame Baby

Message par Sharon le Mar 9 Jan 2018 - 0:07


Titre :La fin de Mame Baby
Auteur : Gaël Octavia.
Edition :Gallimard
Nombre de pages : 168 pages.

Présentation de l’éditeur :

Le Quartier est une petite ville de banlieue où se croisent les destins de quatre femmes. Mariette, recluse dans son appartement, qui ressasse sa vie gâchée en buvant du vin rouge. Aline, l’infirmière à domicile, qui la soigne et l’écoute. Suzanne, la petite Blanche, amante éplorée d’un caïd assassiné. Mame Baby, idole des femmes du Quartier, dont la mort est auréolée de mystère. À travers la voix d’Aline, de retour dans le Quartier qu’elle a fui sept ans auparavant, les liens secrets qui unissent les quatre héroïnes se dessinent…

Mon avis :

J’ai l’impression d’être passée à côté de ce livre. Peut-être parce que j’en attendais beaucoup.
Nous sommes dans une petite ville qui n’est pas nommée, parce qu’elle pourrait être n’importe quelle ville de banlieue, gangrenée par l’expansion des zones commerciales. Le coeur de la ville, lui, n’est plus vraiment, il ne bat plus, ne vit plus. Mame Baby est la figure tutélaire féminine de ce quartier bien qu’elle soit morte depuis très longtemps. Je me suis demandée pourquoi, parce que d’elle, finalement, l’on sait peut de choses. Elle est une légende morte, et d’elle, l’on peut dire ce que l’on veut.
Ce qui m’a frappée, c’est que les femmes ne se définissent jamais sans un ou plusieurs hommes, qu’il soit leur père, leur fils ou leur mari. Les fils, du moins le fils de Mariette ou Léopold, son frère, sont tous violents. Les hommes aimés s’en vont, parce que des rivales ont su les prendre. Les femmes, les compagnes, sont fières des marques de violence qu’elles ont subies. Leurs filles ? Elles ne comptent pas, ou peu. Les mentalités n’avancent guère, et l’on se surprend à penser que si les choses ne changent pas, c’est aussi parce que les femmes ne mettent pas tout en oeuvre pour qu’elles changent. Même Mame Baby semble suspecte parce qu’elle a mis fin à son histoire avec Boubacar – une femme qui rompt, cela semble impensable, tout comme une femme qui s’installe à Paris ne peut le faire que pour une histoire d’amour, non pour n’importe quelle autre raison.
J’oubliai presque le poids de la religion, qui est essentiellement masculine : aucune figure féminine n’apparaît dans le discours du pasteur, ancien mauvais garçon qui a trouvé la foi. Aucune femme ne trouve du réconfort grâce à elle, l’assemblée des femmes remplace, à sa manière, la traditionnelle assemblée à l’église le dimanche.
Un roman à lire si vous aimez faire des découvertes – c’est un premier roman – et se dire que ce n’est pas si mal de lire quelque chose de différent.
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Sharon
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