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[Borie, Cathy] De la poussière et du vent

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[Borie, Cathy] De la poussière et du vent

Message par Zia le Lun 5 Fév 2018 - 0:03




Titre : De la poussière et du vent
Auteur : Cathy Borie
Edition Librinova, 29 novembre 2017, 164 pages pour l'édition imprimée
Lu en ebook au format epub


Présentation de l'éditeur :
Suite à la mort de sa grand-mère, Léa, jeune femme d'une vingtaine d'années, se penche avec sa mère sur le passé tumultueux d’Émilien, leur aïeul, après avoir retrouvé des cahiers et des objets lui ayant appartenu. Entre ces matériaux divers et les souvenirs qu'elles évoquent, les deux femmes reconstruisent pierre après pierre la vie de cet homme, leur père et grand-père, né en 1899  d'une fille-mère : ses années de déportation, ses rapports avec ses proches, mais aussi celle de sa famille et de ses descendants. Elles vont  s'apercevoir que les événements ne cessent de se répercuter en multiples échos entre les êtres par-delà le temps.  

Mon avis :
A travers l'histoire d'un homme, Émilien, et de sa fille, Mina, ce roman nous emmène à la rencontre d'une famille de français ordinaires, au vingtième siècle. Les générations se succèdent et traversent le siècle : la déportation, la libération, les années cinquante, la menace de la guerre d'Algérie...
Au fil des pages, Cathy Borie dresse le portrait d'hommes et de femmes attachants. C'est une valse d'événements et de sentiments dans laquelle on se laisse entrainer avec plaisir, bercé par l'écriture douce et ciselée de l'autrice.

Si je n'ai pas retrouvé dans ce livre la magie du précédent Dans la chair des anges, j'ai bien apprécié cette lecture, qui est une belle page de vie. Certaines phrases sont sublimes et nous poussent à réfléchir.

Le chapitre sur la déportation est celui qui m'a le plus touchée. Émilien subit l'enfer et survit à l'horreur des camps. L'auteur nous décrit sans voyeurisme, avec une grande pudeur, les conditions de vie de ces êtres à qui on avait retiré toute humanité. Rien que pour ces pages, ce livre mérite d'être lu.

Il prit plusieurs kilos, et les autres autour de lui oublièrent bientôt à quoi il avait ressemblé à son retour des camps.
Pas lui. L'homme squelettique était toujours en lui. L'homme effrayé était en lui. Et l'homme affamé aussi. L'homme humilié. L'homme enfermé. L'homme frigorifié. L'homme couvert de poux et de vermine, celui qui gémissait de souffrance en transportant des briques du matin au soir. L'homme debout sur la place d'appel et qui soutenait son voisin mort. Ils étaient tous en lui et ne le laissaient pas en paix. Ils le hantaient. Ils l'appelaient la nuit et l'arrachaient au sommeil.  

Les mois passèrent, s'empilèrent comme des couches de terre sur le passé, le couvrirent sans l'efface. Emilien s'acharnait à ajouter ces strates les unes aux autres, à les remplir de menues actions, à donner à tout ce présent fugace une épaisseur qui étoufferait les souvenirs tenaces.

J'ai aimé également les pages sur la jeunesse de Mina, ses premiers émois, la découverte de l'autre. Puis les difficultés liées à la maternité.

Elle savait bien quels étaient les risques encourus, et à plusieurs reprises, elle avait murmuré :
— Pas plus loin... pas plus loin...
Mais ses bras qui enserraient Gaspard et son corps qui se collait à lui disaient tout le contraire, et ce fut lui qui dut résister pour ne pas succomber à ce qu'ils semblaient vouloir tous deux de toutes leurs forces.
Et puis, ils finirent par se laisser aller, par combler ces vides qui soudain les déchiraient et se faisaient écho, et plus rien ne compta que cette rencontre charnelle, qui, toute matérielle qu'elle fût, éveillait pourtant des feux d'artifice au centre même de leurs âmes, illuminait leurs yeux, et les laissa ensuite aussi paisibles que des barques flottant sur un lac.

Elle aspira une grande goulée d'air avant de se laisser couler, sans presque aucun espoir de revoir la lumière du monde après sa déclaration.
— Je suis enceinte.

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Zia
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