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[Erdrich, Louise] LaRose

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[Erdrich, Louise] LaRose

Message par Cassiopée le Lun 23 Avr 2018 - 23:45



LaRose
Auteur : Louise Erdrich
Traduit de l’américain par Isabelle Reinharez
Éditions : Albin Michel (Janvier 2018)
ISBN : 978-2226325983
530 pages

Quatrième de couverture

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d un gris acier, recouvre les champs nus d un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c est la chasse au cerf qui annonce l entrée dans l automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans.

Mon avis

Sublime et délicat

C’est avec une délicatesse infinie, un doigté remarquable et une écriture lumineuse que Louise Erdrich évoque LaRose et tous ceux du même nom.
Comme l’indique la quatrième de couverture, Landreaux Iron, en chassant le cerf, a tué le fils de son voisin et ami. Selon une vieille coutume indienne, il « offre » son cadet à la famille en deuil. LaRose se retrouve donc à cinq ans à prendre la place de son ami Dusty dans une famille qui n’est pas la sienne avec une « nouvelle mère » rongée par le chagrin…. Donner son enfant, c’est une forme de justice pour ces gens là. Les parents de LaRose ne se sont pas posé beaucoup de questions. C’est ainsi, il le faut, ils le font. Cela ne signifie pas que c’est aisé, au contraire… Le père pense souvent à ce qui aurait pu être….
« Il aurait voulu cesser d’exister pour recommencer à tirer, ou à ne pas tirer. Mais la plus difficile, la meilleure, la seule chose à faire, c’était de rester en vie. De vivre avec les conséquences au sein de sa famille. »
La mère est malheureuse d’avoir « perdu » la chair de sa chair….même si elle sait son fils vivant … chez les voisins…

Mais LaRose n’est pas le seul « LaRose » (même si il est le premier garçon à se nommer ainsi). L’auteur nous présente une longue lignée de LaRose et elle sait de quoi elle parle. Sa mère est indienne, très catholique et elle connaît bien les traditions ojibwé. Par d’habiles retours en arrière, Louise Erdrich nous éclairera sur les différents personnages et sur les rapports qu’ils entretiennent. Elle nous les présente, les faisant vivre sous nos yeux . C’est sa force , avec beaucoup de grâce, elle donne vie à ses protagonistes, ils s’installent dans notre quotidien et nous ne les quittons plus. Et nous découvrons également la tradition des LaRose….

Plusieurs thèmes sont abordés dans ce recueil : le racisme, les ravages de l’alcool ou de la drogue, les relations familiales, les traditions de la culture indienne, le célibat des prêtres etc… et tout est présenté avec une certaine bienveillance. Pas de jugements de la part de celle qui écrit, elle raconte ou plutôt elle conte. Oui, c’est ça, on « l’écoute » et elle conte, nous entraînant dans son univers, nous offrant un regard empreint de douceur sur tous ceux qu’elle évoque.

On pourrait penser que les parents vont se battre pour garder ou récupérer le jeune garçon mais ce serait trop facile. Avec la gravité de son jeune âge, LaRose, lui-même, s’inscrit dans l’histoire …. S’il met quelque temps à trouver sa place, son cheminement est magnifique, ses actes sont portés par l’amour et la bienveillance et la conclusion de ce roman est de toute beauté, tellement porteuse d’espérance malgré la souffrance des uns et des autres….

Je remercie la traductrice qui a su trouver les mots pour retransmettre ce que voulait dire l’auteur et ainsi, à elles deux, m’offrir une merveilleuse lecture coup de cœur.






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Cassiopée
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