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[Robinson, Todd] Une affaire d'hommes

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[Robinson, Todd] Une affaire d'hommes

Message par Sharon le Lun 17 Sep 2018 - 20:06


Titre : Une affaire d'hommes
Auteur : Todd Robinson
Edition : Gallmeister
Nombre de pages : 362 pages.

Présentation de l’éditeur :

Boo et Junior sont amis depuis l’orphelinat et videurs dans un club depuis que leurs muscles et tatouages en imposent assez. Ils cultivent depuis toujours leur talent pour se mettre dans les pires situations et s’en sortir avec des méthodes inédites. Quand une de leurs collègues leur demande d’avoir une conversation avec un petit-ami trop violent, nos deux compères sont trop heureux de jouer les chevaliers servants. Lorsque le type en question est retrouvé mort, Boo et Junior font des coupables parfaits.

Mon avis :

Le premier tome avait été un coup de coeur, aussi je craignais la lecture du second, pensant ne pas aimer aussi fort ce second tome. Celui-ci n’est pas un coup de coeur, mais ce n’est pas passé très loin.
J’aime toujours autant les personnages de Boo et de Junior, qui se sont recomposés une famille depuis l’orphelinat. Ils avaient promis qu’ils ne se quitteraient pas, ils ont tenu parole. Il faut aussi compter sur Ollie et sur Twitch, et leurs talents particuliers – pour ce dernier, on peut même parler de névrose sans fausse pudeur. Note : Junior a aussi une attachant pour la propreté qui est parfois à mourir de rire, n’était les origines probables de cette névrose.
Un an a passé depuis Cassandra, et tous les deux peinent à retrouver leur niveau initiale – leur bonne condition physique, dirons-nous. Il est bon de lire des auteurs lucides, qui comprennent que l’on ne se remet pas de graves blessures en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, dès le début de l’intrigue, les blessures reviennent, comme si c’était une tradition. En moins de cent cinquante pages, je ne compte pas le nombre de saignements que nous décrira Boo, sur sa personne, sur celle de Junior ou sur leurs adversaires, pas toujours malheureux il faut bien le dire. Et cela ne s’arrête pas vraiment par la suite, Boo semblant avoir souscrit un abonnement à l’hospitalisation.
Plus que l’intrigue, qui nous emmène dans toutes les directions possibles et imaginables, plus que le langage fleuri de Boo et de Junior, c’est l’introspection presque involontaire que devra faire Boo qui est intéressante. Pourtant, il était bien parti : « Tout le monde a ses raisons de détester certaines personnes. Et d’en craindre pour les mêmes raisons. La plupart des gens qu’on qualifie d’homophobes ne souffrent en fait d’aucune phobie. Ce sont juste des connards. » Seulement… on n’aime pas forcément se voir dans les yeux des autres, s’apercevoir que l’on n’est pas le gentil chevalier blanc sur son fier destrier que l’on pensait être (même si, au final, on n’était pas si négatif que cela), que l’on peut vous voir comme une brute ordinaire. Surtout, on peut s’apercevoir que l’on n’a pas vu ce que d’autres avaient compris du premier coup, et depuis très très longtemps. Je m’égare, je m’égare, revenons à nos trompettes et baladons-nous avec Boo, entre deux bastons, deux fusillades, quelques fuites par-ci, par là, des tueurs, venus parfois de l’autre côté de l’océan, et un sens de l’observation (toujours pour Boo) par très au point.
Une dernière citation pour la route : Chacun de nous sans exception est la somme de ses blessures. On survit à certaines. D’autres vous rendent boiteux . D’autres encore vous laissent une douleur qui vous réveille tous les jours. Mais si cette douleur n’est pas la votre, vous ne remarquerez peut-être jamais combien elle fait souffrir l’être qui est en face de vous.
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Sharon
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