Le Rapport de Brodeck [Claudel, Philippe]
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Votre avis sur "Le rapport de Brodeck" de Philippe Claudel
Re: Le Rapport de Brodeck [Claudel, Philippe]
Vous me donnez envie de retenter ma chance avec ce bouquin qui m'est tombé des mains au bout d'une soixantaine de pages. Peut-être devrais-je sauter le début ou le lire en diagonale pour arriver au coeur du sujet...

Véronique M.- Grand expert du forum

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Re: Le Rapport de Brodeck [Claudel, Philippe]
J'adore Philippe Claudel ! Encore un livre qui n'a rien à voir avec les autres que j'ai pu lire. Un livre sur la noirceur des hommes, un livre sur la mémoire (mémoire des camps de concentration, mémoire plus générale de l'histoire d'un village), un livre sur la faculté d'occulter que peuvent avoir les hommes lorsqu'ils sont acculés à leur destin...
Et toujours cette plume !
Quelques passages que j'ai adorés :
J'ai toujours eu du mal à parler et à dire le fond de ma pensée. Je préfère écrire. Il me semble alors que les mots deviennent très dociles, à venir me manger dans la main comme des petits oiseaux, et j'en fais presque ce que j'en veux, alors que lorsque j'essaie de les assembler dans l'air, ils se dérobent.
Moi j'ai choisi de vivre, et ma punition c'est ma vie. C'est comme cela que je vois les choses. Ma punition, ce sont toutes les souffrances que j'ai endurées ensuite. C'est Chien Brodeck. C'est le silence d'Emelia, que parfois j'interprète comme le plus grand des reproches. Ce sont les cauchemars toutes les nuits. Et c'est surtout cette sensation perpétuelle d'habiter un corps que j'ai volé jadis grâce à quelques gouttes d'eau.
Le lendemain, j'ai ruminé tout le jour, sans bouger. Je songeais à l'Histoire, la grande, et à la mienne d'histoire. Ceux qui écrivent la première connaissent-ils la seconde ? Comment la mémoire de certains retient-elle ce qu d'autres ont oublié ou n'ont jamais vu ? Qui a raison, de celui qui ne se résout pas à abandonner dans le noir les moments passés ou celui qui précipite dans l'obscurité tout ce qui ne l'arrange pas ? Vivre, continuer à vire, c'est peut-être décider que le réel ne l'est pas tout à fait, c'est peut-être choisir une autre réalité lorsque celle que nous avons connue devient un poids insupportable ?
Et toujours cette plume !
Quelques passages que j'ai adorés :
J'ai toujours eu du mal à parler et à dire le fond de ma pensée. Je préfère écrire. Il me semble alors que les mots deviennent très dociles, à venir me manger dans la main comme des petits oiseaux, et j'en fais presque ce que j'en veux, alors que lorsque j'essaie de les assembler dans l'air, ils se dérobent.
Moi j'ai choisi de vivre, et ma punition c'est ma vie. C'est comme cela que je vois les choses. Ma punition, ce sont toutes les souffrances que j'ai endurées ensuite. C'est Chien Brodeck. C'est le silence d'Emelia, que parfois j'interprète comme le plus grand des reproches. Ce sont les cauchemars toutes les nuits. Et c'est surtout cette sensation perpétuelle d'habiter un corps que j'ai volé jadis grâce à quelques gouttes d'eau.
Le lendemain, j'ai ruminé tout le jour, sans bouger. Je songeais à l'Histoire, la grande, et à la mienne d'histoire. Ceux qui écrivent la première connaissent-ils la seconde ? Comment la mémoire de certains retient-elle ce qu d'autres ont oublié ou n'ont jamais vu ? Qui a raison, de celui qui ne se résout pas à abandonner dans le noir les moments passés ou celui qui précipite dans l'obscurité tout ce qui ne l'arrange pas ? Vivre, continuer à vire, c'est peut-être décider que le réel ne l'est pas tout à fait, c'est peut-être choisir une autre réalité lorsque celle que nous avons connue devient un poids insupportable ?

Japijo- Apprenti

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Re: Le Rapport de Brodeck [Claudel, Philippe]
Je n'ai pas aimé. Je l'ai terminé parce que je déteste ne pas terminé un livre. C'est déjà arrivé et ça arrivera sans doute encore, mais c'est très rare.
Ce roman n'est pas un livre noir, c'est un livre lugubre. Ce village est tellement isolé que la consanguinité semble y avoir fait des ravages... si ce village existe.
Qu'un étranger s'y présente et c'est la nouvelle et la peur.
Avec la finale, j'en viens à me demander, tant l'espace est incertain, s'il faut croire à ces personnages ou si ce n'est que fumisterie.
Le seul très mince rayon légèrement blanchâtre de ce roman est l'idée, encore aléatoire, de Poupchette. Ma cote: 2/5.
Heureux celles et ceux qui ont aimé ce roman!
Ce roman n'est pas un livre noir, c'est un livre lugubre. Ce village est tellement isolé que la consanguinité semble y avoir fait des ravages... si ce village existe.
Qu'un étranger s'y présente et c'est la nouvelle et la peur.
Avec la finale, j'en viens à me demander, tant l'espace est incertain, s'il faut croire à ces personnages ou si ce n'est que fumisterie.
Le seul très mince rayon légèrement blanchâtre de ce roman est l'idée, encore aléatoire, de Poupchette. Ma cote: 2/5.
Heureux celles et ceux qui ont aimé ce roman!

Moulin-à-Vent- Membre connaisseur

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