Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
Page 2 sur 2 • Partager •
Page 2 sur 2 •
1, 2
Vous avez trouvé ce livre
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
J'ai bien aimé ce roman, mais il aurait pu me plaire beaucoup plus. Comme lagrandestef, j'aurais préféré un autre traitement, plus cynique ou plus naïf. Ou tout simplement plus réaliste. Ceci est peut-être dû au fait que le côte "télé-réalité" l'emporte sur le côte "camp de concentration". D'où la fin, aussi... très "Ta Tan !"
Mais j'ai bien aimé.
NB : il y a un film allemand reprenant l'expérience de Milgram (l'Expérience) très réussi.
Mais j'ai bien aimé.
NB : il y a un film allemand reprenant l'expérience de Milgram (l'Expérience) très réussi.

Romain25- Apprenti

-

Nombre de messages: 33
Localisation: France
Date d'inscription: 20/10/2010
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
J'ai apprécié ce roman, comme la plupart des Nothomb. J'aime l'ambiance particulière dans laquelle elle nous plonge, ici plutôt cruelle et dérangeante.
Malgré qu'il ne fasse pas partie de mes préférés, ce livre amène à une réflexion sur les comportements humains, ce qui me plait dans ses livres.
Malgré qu'il ne fasse pas partie de mes préférés, ce livre amène à une réflexion sur les comportements humains, ce qui me plait dans ses livres.
milloudoudou- Nouveau membre

-

Nombre de messages: 4
Age: 25
Localisation: Aube
Date d'inscription: 22/08/2011
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
Avis et commentaire :
Voilà une auteure, tant sur médiatisée, avec laquelle j'entretiens un rapport de lecteur plutôt timoré ; tantôt heureux avec "Hygiène de l'Assassin", tantôt détestable quand elle joue sur la facilité avec des livres comme "Métaphysique des Tubes". J'avoue, cette fois que je voulais voir comment elle pouvait traiter une thématique si grave et à priori impossible à romancer ; les camps de concentration et la télé réalité.
Et bien autant le dire tout de suite, pour moi, son culot et sa lucidité sur la nature humaine résolument mauvaise portent, ici, ses fruits. Pour moi c'est une réussite. On peut même dire que seule, Amélie Nothomb, pouvait se sortir d'un exercice aussi difficile avec talent et sans mauvais goût excessif.
On n'a pas de mal 0 imaginer que notre société, profondément voyeuse et bercée par les médias en quête du mauvais goût, pourrait laisser une telle émission se lancer et se développer et la porter aux nues. D'ailleurs ne vit-on déjà pas des souffrances physiques et morales de ces candidats, dans les émissions actuelles. Pour le moment ce sont tous des candidats volontaires, à la différence des héros d'Amélie Nothomb. Raflés dans des lieux publics et emmenés dans un camp de concentration, totalement laissés aux mains de kapos très vraisemblable dans l'abject puis par le public avec une sentence, autrement plus définitive puisqu'à l'issue de chaque journée, des candidats sont condamnés à mort.
Amélie Nothomb décortique avec brio, la vie et les lâchetés ordinaires des candidats, malgré eux, et dresse le procès sans concession du public qui va porter aux nues cette émission. A travers le jeu de puissance de certains Kapos, de celui des faiblesses ou des forces de quelques uns des prisonniers, c'est un bestiaire que l'on suit avec intérêt. Comme souvent, dans ses œuvres, Amélie Nothomb s'attache à disséquer le combat du mal et du bien à travers Pannonique, jeune fille d'une très grande beauté, une des prisonnières au matricule CKZ114, et la Kapo Sdena, abjecte et inculte qui va en tomber amoureuse. Sur fond de rapports de force entre prisonniers, accroissement de l'audience, horreur quotidienne des travaux forcés, des sévices des Kapos, tout cela bien mis en valeur par Amélie Nothomb c'est la volonté désespérée de Pannonique de donner un semblant de morale au public, aux kapos et aux prisonniers qui est mis en avant.
Attaque en règle d'une société se repaissant d'émissions sordides au niveau culturel zéro, des faiblesses et petitesses humaines, de l'immoralité mais toujours une certaine fascination du mal, tout est au rendez- vous.
_________________
Lectures en cours :
- " Les Vestiges de l'Aube " de David S. Khara.
- " Code 1879" de Dan Waddel.
- " La Maison de Soie" d'Anthony Horowitz.
- " Rue Darwin" de Boualem Sansal.
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
Merci LOUBHI, ton ressenti me donne envie de le tenter... Je le note sur ma LAL biblio!

kély- Grand sage du forum

-

Nombre de messages: 2650
Localisation: marseille
Genre littéraire préféré: Tous à priori. Je lis autant que mon emploi du temps me le permet. Je lis aussi beaucoup d'articles de presse magazine sur les sujets d'actualités (économie, société, religion, politique..). Très heureuse donc de faire partie de cette communauté de lecture, et espère pouvoir apporter ma contribution à chacune et chacun. Cordialement à tous.
Date d'inscription: 03/08/2010
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
j'ai lu ce roman il y a longtemps mais je me rappelle l'avoir bien aime.

thisa2mars- Grand expert du forum

-

Nombre de messages: 731
Age: 26
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 25/09/2011
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
Bonjour à tous,
Je viens de finir ce livre et je me permets donc d'actualiser ce sujet en donnant mon avis.
Déjà, ce roman commence par une phrase lapidaire qui donne directement le ton : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus, il leur en fallut le spectacle. »
Amélie Nothomb se lance donc dans la reconstitution d’un camp de concentration truffé de caméras, pour en faire un jeu au titre très recherché : « Concentration ». Cette amatrice d’humour noir nous dépeint de l’horreur pour de l’horreur : des anonymes kidnappés (ce qui rend la chose encore plus invraisemblable), entassés par dizaines dans des wagons à bestiaux en direction d’un tournage de télé réalité. On est surpris de la tournure que prennent les choses, et ce n’est que le début de ce roman terne et décadent.
Le recrutement kapos/victimes est complètement aléatoire et c’est ainsi que deux personnages se distinguent : Zdena, chômeuse insignifiante qui décrochera son premier emploi : celui de Kapo. Grâce à ça, et à son sadisme ostentatoire, elle va se sentir exister. De l’autre côté, son antithèse : Pannonique (matriculée CKZ 114 pour la déshumaniser) belle, fraîche mais victime de ce jeu, qui va subir la violence et les travaux inutiles infligés sans broncher (et oui, dans ce jeu, la révolte est télégénique !).
Tout ça pour quoi ? Pour faire grimper l’audience et satisfaire le téléspectateur avide de sang, de peur et d’horreur.
Le parallèle est évident : Amélie peint une satire de la société occidentale actuelle sous son plus triste jour, où le voyeurisme, la démagogie et le manque de dignité humaine font partie intégrante de la télé réalité.
Le mauvais goût atteint son paroxysme quand les organisateurs du jeu décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre. Personne ne s’abstient.
Je trouve le projet d’Amélie Nothomb ambitieux, mais elle traite ce sujet de façon plate, avec des personnages presque caricaturaux et une histoire d’amour atypique entre Pannonique et Zdena qui n’a pas vraiment d’intérêt.
Je pense qu’Amélie a voulu rapprocher le lecteur du téléspectateur fictif : on devient passif, hypnotisé, apathique, et ça nous gêne. Mais l’auteur n’a rien inventé ! On est déjà dans le trash, évidemment c’est un peu plus sobre (quoiqu’avec l’expérience de Milgram dont vous parliez, tout est relatif) mais la télé réalité reste de l’horreur a l’état brut (on enferme des candidats dans une maison pendant des semaines, on en affame d’autres qui sont obligés de manger des larves pour survivre etc.).
C’est bien connu, et ça ne s’applique pas seulement à la publicité : l’horreur fait vendre. Je rejoins aussi le point de vue que la littérature est là pour nous bousculer et nous interroger, mais Amélie Nothomb réussi juste à nous mettre mal à l’aise et à nous indigner.
Trop d’humour noir tue l’humour noir.
A bientôt pour de nouvelles critiques!
Je viens de finir ce livre et je me permets donc d'actualiser ce sujet en donnant mon avis.
Déjà, ce roman commence par une phrase lapidaire qui donne directement le ton : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus, il leur en fallut le spectacle. »
Amélie Nothomb se lance donc dans la reconstitution d’un camp de concentration truffé de caméras, pour en faire un jeu au titre très recherché : « Concentration ». Cette amatrice d’humour noir nous dépeint de l’horreur pour de l’horreur : des anonymes kidnappés (ce qui rend la chose encore plus invraisemblable), entassés par dizaines dans des wagons à bestiaux en direction d’un tournage de télé réalité. On est surpris de la tournure que prennent les choses, et ce n’est que le début de ce roman terne et décadent.
Le recrutement kapos/victimes est complètement aléatoire et c’est ainsi que deux personnages se distinguent : Zdena, chômeuse insignifiante qui décrochera son premier emploi : celui de Kapo. Grâce à ça, et à son sadisme ostentatoire, elle va se sentir exister. De l’autre côté, son antithèse : Pannonique (matriculée CKZ 114 pour la déshumaniser) belle, fraîche mais victime de ce jeu, qui va subir la violence et les travaux inutiles infligés sans broncher (et oui, dans ce jeu, la révolte est télégénique !).
Tout ça pour quoi ? Pour faire grimper l’audience et satisfaire le téléspectateur avide de sang, de peur et d’horreur.
Le parallèle est évident : Amélie peint une satire de la société occidentale actuelle sous son plus triste jour, où le voyeurisme, la démagogie et le manque de dignité humaine font partie intégrante de la télé réalité.
Le mauvais goût atteint son paroxysme quand les organisateurs du jeu décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre. Personne ne s’abstient.
Je trouve le projet d’Amélie Nothomb ambitieux, mais elle traite ce sujet de façon plate, avec des personnages presque caricaturaux et une histoire d’amour atypique entre Pannonique et Zdena qui n’a pas vraiment d’intérêt.
Je pense qu’Amélie a voulu rapprocher le lecteur du téléspectateur fictif : on devient passif, hypnotisé, apathique, et ça nous gêne. Mais l’auteur n’a rien inventé ! On est déjà dans le trash, évidemment c’est un peu plus sobre (quoiqu’avec l’expérience de Milgram dont vous parliez, tout est relatif) mais la télé réalité reste de l’horreur a l’état brut (on enferme des candidats dans une maison pendant des semaines, on en affame d’autres qui sont obligés de manger des larves pour survivre etc.).
C’est bien connu, et ça ne s’applique pas seulement à la publicité : l’horreur fait vendre. Je rejoins aussi le point de vue que la littérature est là pour nous bousculer et nous interroger, mais Amélie Nothomb réussi juste à nous mettre mal à l’aise et à nous indigner.
Trop d’humour noir tue l’humour noir.
A bientôt pour de nouvelles critiques!

LesLivreurs- Apprenti

-

Nombre de messages: 16
Localisation: Paris
Date d'inscription: 19/10/2011
Re: Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
Un livre qui se lit très bien, qui nous met face à la société d'aujourd'hui et à l'accentuation de la télé-réalité, et qui nous donne un aperçu de jusqu'où l'on pourrait aller si tout cela continue.
Un livre qui vous remet les idées en place et qui donne à réfléchir!
Un livre qui vous remet les idées en place et qui donne à réfléchir!
Page 2 sur 2 •
1, 2
Sujets similaires» Mercure Amélie Nothomb
» Saga MP3 : Reflet D'Acide
» Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
» Acide sulfurique - Amélie Nothomb
» ACIDE SULFURIQUE d'Amélie Nothomb
» Saga MP3 : Reflet D'Acide
» Acide sulfurique [Nothomb, Amélie]
» Acide sulfurique - Amélie Nothomb
» ACIDE SULFURIQUE d'Amélie Nothomb
Page 2 sur 2
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
