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[Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

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[Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

Message par Olorin le Lun 8 Mar 2010 - 23:28

Titre : L’amérique que nous voulons : vers un new New Deal

Auteur : Paul Krugman

Genre : Sociologie/économie

Edition : Flammarion



4ème de couverture :


L'Amérique que nous voulons « L'Amérique est prête pour une politique nouvelle, progressiste - un nouveau New Deal. » Cette thèse de Paul Krugman n'est plus jugée donquichottesque : la victoire écrasante des Démocrates en témoigne. Une grande partie de l'opinion américaine pense même que la politique économique des conservateurs a contribué à créer la crise. L'érosion progressive, depuis un quart de siècle, des garde-fous financiers établis par le New Deal, l'ascension d'un « système bancaire fantôme », non assujetti aux réglementations, ont rendu le désastre possible. Paul Krugman éclaire magistralement les raisons du naufrage américain - fin des valeurs démocratiques, explosion des inégalités, chute dramatique du niveau de vie des classes moyennes - en examinant de manière décapante un siècle d'histoire politico-économique. Il soutient que la réforme de santé doit être au coeur de l'action de l'administration Obama, que l'assurance maladie universelle doit être au nouveau New Deal ce que la Social Security, la caisse de retraite publique, a été au précédent. Mais il y a une autre tâche, urgente : le sauvetage de l'économie. Selon Krugman, il ne reste qu'une option : la stimulation budgétaire de grande envergure. C'est par des dépenses que l'administration Obama tirera l'Amérique de la récession. Et il nous explique comment l'Amérique peut à la fois s'offrir des dépenses massives et une réforme majeure de son système de santé. Le nouveau New Deal commence.





Mon avis :

M’étant de tous temps intéressé aux problèmes sociopolitiques, ce livre ne pouvait que m’interpeller, et je l’ai donc acquis avec l’espoir d’en tirer pas mal d’information.

Et bien, je ne fus pas déçu. Le livre est vraiment très intéressant, et m’a beaucoup appris sur l’évolution socio-économique et sociopolitique de l’Amérique, depuis les années 20 jusqu’à nos jours. Une fois n’est pas coutume, avant de vous donner mon avis sur le livre, je vais vous en détailler une partie du contenu :

Krugman découpe cette époque (des avant les années 20 jusque maintenant) en trois périodes distinctes :

- L’Âge Doré, qui prend fin avec la crise de 29, et était une période où l’énorme majorité des américains vivaient dans la misère noire, sans droits ou protections sociales (ou très peu), tandis qu’une minorité roulait sur l’or. Le monde ainsi présenté est celui que décrit Steinbeck dans ses livres (des souris et des hommes, les raisins de la colère).

- Cette période prend fin suite à la crise de 29, et, après une période de flottement qui voit tout de même un renforcement de l’état et de son influence sur les milieux financiers et économiques, un second événement vient prendre place et lance une nouvelle période : le New Deal américain, initié par la seconde guerre mondiale et les changements dans le monde du travail qu’elle provoque. En effet, pour obtenir une gestion la plus efficiente possible de la conduite de la guerre (qui est une guerre totale, les ressources de tous les belligérants sont totalement orientées et pensée en fonction du conflit), le gouvernement américain s’introduit de manière massive dans la gestion des usines et entreprises. Et, pour garantir que l’industrie américaine tourne parfaitement, de grosses concessions sont faites aux ouvriers et employés, voyant ainsi venir une augmentation salariale, de meilleures protections sociale et du travail, ainsi qu’un renforcement des syndicats.

C’est ainsi la naissance du New Deal américain, qui se maintient après-guerre et voit un effacement progressif des inégalités économiques, alors que les plus riches sont lourdement taxés, entrainant une redistribution des richesses vers le bas.

- Cependant, à partir des années 80, ce New Deal est mis à mal par une transformation progressive du parti républicain, qui passe petit à petit sous la coupe de personnes appartenant à un mouvement qui est économiquement très à droite et opposé à toute ingérence de l’état dans la vie économique. Le détricotage ayant lieu à pour effet une hausse de l’inégalité salariale (les plus hauts salaires explosent, les autres stagnent, voire diminuent), une réduction drastique des protections des travailleurs et une marginalisation des syndicats. Un nouvel Âge Doré débute.



Le travail de Krugman est traversé en permanence par la notion d’inégalité (de revenu), qui, réduite à une époque par les décisions du New Deal, est de nouveau en hausse.

Il décortique également (mais de manière plus brève) les raisons poussant les gens à voter pour un parti républicain qui ne défend au final les intérêts que d’une très petite minorité extrêmement riche, tout en allant à l’encontre des intérêts de la majorité de son électorat. Il détaille ainsi les différentes techniques utilisées par le parti républicain pour détourner l’attention des affaires purement politico-économiques, techniques qui néanmoins commencent à s’user:

- La sécurité nationale, dans laquelle les républicains seraient soi-disant plus fermes et donc plus efficaces que les démocrates (exploitation à outrance de la guerre contre le terrorisme, un des intérêts de la guerre en Irak, même si il ne fut pas crucial dans la prise de décision,…). Cependant, les conséquences et résultats des différents conflits ont largement discrédités les républicains,

- La religion, bien que pas aussi significatif ou important que la plupart des gens ne le pensent ou disent, les penseurs du parti républicain (qui sont des conservateurs au niveau économique avant tout) se sont alliés à des grandes congrégations religieuses (dont les dirigeant sont des conservateurs religieux). Leurs intérêts sont à première vue totalement distincts, mais, en promettant la fermeté sur un certains nombre de points, le parti républicain s’est acquis des alliés puissants et fidèles, bien qu’en voie d’essoufflement,

- Le racisme, qui, lors de la déségrégation raciale à fait basculer nombre d’électeurs démocrates sudistes dans le camp républicain, qui était beaucoup plus dur sur ce point. Krugman cite de nombreux exemples et anecdotes montrant que le parti républicain a moissonné et moissonne encore sur ce terrain là (bien que le plus souvent à mots couverts). Le racisme semble d’ailleurs être, pour Krugman, un facteur bien plus décisif que les deux autres. Mais lui aussi n’est plus aussi efficace pour le parti républicain, d’une part parce que la société américaine accepte de plus en plus la notion de multiculturalisme, affaiblissant de fait la portée de l’argument, et le nombre de personnes qu’il touche, mais surtout parce qu’une nouvelle période d’immigration a vu le jour aux Etats-Unis, couplée avec le développement démographique supérieur des minorités ethniques (afro-américains, asiatiques, latino,…) qui, sachant qu’ils sont en général mal perçu (voire même rejeté de fait) par les républicains, se réfugient tout naturellement chez les démocrates. Renforçant de ce fait la position de leur adversaire.

Sont également citées des méthodes beaucoup plus inquiétantes pour la démocratie américaine : suppression du droit de vote en Floride pour des milliers de noirs ayant le même patronyme que des repris de justice (l’affaire avait fait grand bruit à l’époque, mais je pensais que c’était un cas isolé), appel à intimider, par la force si nécessaire, les électeurs démocrates qui iraient voter,…

Ce qui s’explique lorsque l’on sait que les fondateurs du mouvement (je parle ici du mouvement conservateur en place dans le parti républicain), dans les années 50, n’hésitaient pas à dire que, si la majorité des électeurs ne les élisaient pas, il ne fallait pas hésiter à confisquer le pouvoir, par n’importe quel moyen. Et toute leur admiration allait à Franco car « Il n’avait pas hésité à user de la force pour renverser un gouvernement grotesque » Grotesque car de gauche, mais sans s’attarder outre mesure sur le fait que ce « gouvernement grotesque » avait été démocratiquement élu.

Il termine en expliquant brièvement pourquoi la tendance actuelle à de bonnes chances d’être renversée (le livre date de 2008, avant l’élection de Barack Obama, mais il a ajouté une préface par la suite), ainsi que les raisons pour lesquelles il est non seulement possible, mais nécessaire de revenir à un concept de New Deal.

L’analyse de Krugman est très complète et présentée de manière très agréable et plaisante à lire. Mais elle m’a surtout apporté un éclairage nouveau sur la société américaine et son évolution, sur les raisons pour lesquelles la situation économique de l’Amérique (et du monde, car tout le monde emboite le pas) est celle que l’on connait actuellement, pourquoi, malgré tous les signaux que nous avons eu, rien n’a été fait pour y parer.

Et il recoupe et confirme parfaitement d’autres textes ou articles expliquant qu’aujourd’hui, la « middle-class » américaine avait de plus en plus de mal à conserver et maintenir son statut, que de plus en plus de personnes avait du mal à envoyer leurs enfants faire des études. En gros, que les gens avaient du mal à égaler le niveau de vie de leurs parents.

Le texte est donc éminemment intéressant, suffisamment poussé que pour être clair et précis tout en restant accessible pour un néophyte comme moi.

Mon seul reproche est lié au résumé. Celui-ci laisse entendre que le livre va principalement détailler les raisons pour lesquelles un « New » New Deal est possible, ainsi que la forme/les formes qu’il pourrait prendre. Ce n’est en réalité pas le cas, la majeure partie du livre étant consacrée à deux autres points. Premièrement, l’évolution de la société américaine depuis l’Âge Doré jusqu’à notre époque, et deuxièmement, les raisons pour lesquelles le parti républicain à connu un tel changement, ainsi que les raisons de ses succès (électoraux et politiques). Mais cela n’ôte rien à la qualité du travail de Krugman, qui est vraiment passionnant. Un must à lire pour tous ceux qui s’intéressent au domaine).
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Re: [Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

Message par Invité le Ven 12 Mar 2010 - 21:55

Je vais l'ajouter à ma liste, superbe critique, Olorin, un grand merci !!!!!!!! Very Happy

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Re: [Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

Message par Ronnie le Ven 12 Mar 2010 - 22:27

Merci Olorin! J'ai hâte de le lire!
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Re: [Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

Message par Olorin le Sam 13 Mar 2010 - 14:09

Avec plaisir
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Re: [Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

Message par Ronnie le Dim 21 Mar 2010 - 15:08

C'est bon je l'ai! Je ferais part de mon avis quand je l'aurais lu.
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Re: [Krugman, Paul] L'Amérique que nous voulons

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