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[Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

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[Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Ironman le Jeu 15 Avr - 21:05

Titre: Le compagnon de voyage de
Auteur: Curzio Malaparte
Editeur: Editions de La Table Ronde
Nombre de pages: 106



Résumé:
Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux. Au milieu de celle débandade, Calusia, un soldat bergamasque, entame la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié. Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.

Vous pouvez désormais poster vos avis sur ce livre !!!! Wink

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par titepomme (Mam'Schmocker) le Ven 16 Avr - 12:56

Voici ma critique pour ce livre ! :

J'ai été toute surprise de recevoir ce livre dans ma boîte aux lettres. Un grand merci aux éditions Quai Voltaire !
Que dire de ce petit livre ?
Un roman très court (je verrais assez que ce soit simplement l'ébauche pour un roman plus long).
On plonge un peu dans la misère italienne des victimes de la guerre.
Caluzia est un personnage loyal, intègre et honnête qui va mener à bien sa mission sans jamais faillir, au gré des rencontres et des difficultés qui croiseront son chemin.
J'ai bien aimé le style d'écriture. Précis, concis, nerveux, sans temps mort. On se laisse prendre au récit, on chemine avec Caluzia dans cette Italie et on en redemande au niveau des rencontres.
J'aurais aimé que le roman soit plus long !

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Elyuna le Ven 16 Avr - 17:06

Je remercie Les éditions de la Table Ronde et le forum PartageLecture (Surtout Thot!) pour m'avoir permis de découvrir ce livre I love you


"Le compagnon de voyage" de Curzio Malaparte.

L'écriture est simple, sans plus de fioritures qu'il n'est nécessaire, donnant une simplicité à la lecture, permettant au lecteur de mieux entrer dans l'histoire, de s'imprégner de l'ambiance sans s'alourdir d'inutilités.
Les chapitres de longueurs différentes, donnent à l'histoire un rythme appréciable qui suit l'épopée de Calusia, entraînant une cadence au gré des évènements notoires.

J'ai beaucoup apprécié cette facilité de lecture, pas de prise de tête pour comprendre les phrases, tout est à portée, ce qui m'a permis de vraiment m'imprégner de l'histoire et de son atmosphère.
Les descriptions viennent à des moments nécessaires, permettant encore mieux de se fondre dans ce théâtre de sentiments diffus et poignants.

Le "héros" de l'histoire est un personnage imbibé de sa fidélité envers son lieutenant qui va la suivre tout le long de son voyage et expliquer le but de cette entreprise et également ses actes. Il est émouvant dans cette façon de prendre soin du corps de son lieutenant, attachant par ses sentiments humains et humanistes qui en plus d'un guerrier, en font tout simplement un homme.
Ses rencontres vont être marquantes, chacune à sa façon, elles vont laisser leur empreinte sur Calusia, et il n'en ressortira pas indemne mais plus déterminé.

Je me suis beaucoup attachée à ce héros, simple soldat qui se voit soudain confier d'une mission de la plus haute importance et qui va tout faire pour y parvenir. Au fur et à mesure des pages, on vit ses peurs, ses craintes, ses angoisses mais aussi ses moments de quiétude, si peu présents.

La découverte de l'époque, de l'Italie à cette période de la guerre est enrichissante, bien qu'apportant de la peine et de la colère face à tout ce que cela à provoquer chez les civils. Il est intéressant de voir comment tous perdants d'une même guerre, au sein même de ce peuple, se créé une nouvelle guerre, les plus forts l'emportant sur les plus faibles sans détermination.
Cela a toujours été une période émouvante à mes yeux et la découvrir à travers ce pays que je ne connais pas m'a apportée de nouveaux sentiments que je ne saurais pas décrire.
Les femmes tiennent également une place importante dans cette guerre, les plus grandes perdantes n'étant autre qu'elles toutes. A travers les pages, nous découvrons comment chacun à tenter de sauver sa peau et son futur, en fuyant principalement mais également en luttant contre les forts qui tentent d'asseoir leur domination.

L'atmosphère présente est typique de cette période de l'histoire, faite de tristesse, désespoir, fureur de vivre, hypocrisie, chacun tentant de sauver sa peau. L'atmosphère n'est pas fixe au fur et à mesure des pages, évoluant avec l'avancée de Calusia, se chargeant tantôt de peur, tantôt d'électricité.

Les photos présentent au début du livre apporte une dimension encore plus réelle, nous permettant de nous fondre dans ces décors et ces uniformes qui nous sont proposés. J'ai beaucoup aimé voir l'évolution physique de Curzio Malaparte, un trésor qui nous est que trop rarement proposé par les écrivains.
La postface quant à elle, nous permet de mieux comprendre l'histoire du livre, en nous en apprenant plus sur son auteur. Il est plus intéressant qu'elle se trouve à la fin, ne nous empêchant pas de la sorte d'apprécier le roman à sa juste valeur.

Au final, ce livre est tout en pudeur, dévoilant certains aspects de cette guerre en Italie, sans toutefois trop entrer dans les détails qui ne sont pas forcément utiles autrement que par curiosité malsaine.

Ce qui est sûr c'est que ce livre m'a fait pleurée et qu'il gardera une place importante dans mon esprit, n'étant pas mon style habituel de lecture.


Si je devais émettre un bémol, je dirais que je le trouve peut être trop succint, j'aurais aimé en savoir plus, en connaître plus, me perdre d'autant plus dans les paysages et l'atmosphère de ce voyage incongru; mais malgré cela, j'en garde un excellent souvenir.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Loo le Ven 16 Avr - 17:32

Le compagnon de voyage : critique

Avant de commencer je remercie les éditions La Table Ronde ainsi que Thot de m’avoir donné la possibilité de lire cette histoire en partenariat.

Je suis souvent surprise au démarrage par les lectures en partenariat car elles ne ressemblent pas à celles que je lis habituellement. Le compagnon de voyage n’a pas fait exception.

La surprise tenait de l’écriture qui va droit au but. Elle décrit l’essentiel comme des clichés (ce terme n’a rien de péjoratif) photos pris en rafale. Pour exemple l’attaque ennemie décrite au début de l’histoire. J’avais l’impression que le Calusia notait sur un carnet tout ce qu’il voyait autour de lui. C’est d’ailleurs comme un témoignage pris sur le vif que j’ai parcouru le livre.

Les rencontres avec les différents personnages sont touchants et décrit nettement le désordre tel qu’il est vécu par la population et les soldats. Le charisme de Calusia m’a beaucoup plu. Il m’a parfois fais sourire mais je reste persuadé que ce n’était pas l’intention première de l’auteur.

Quant à la fin elle m’a donné un sentiment d’espoir, de consolation en voyant Calusia et Mariaguilia se remettre en route ensemble.

Une lecture qui m’a beaucoup touchée.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Invité le Ven 16 Avr - 19:59

Mon avis :



Dernière édition par mimi54 le Ven 1 Avr - 21:29, édité 1 fois

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Apifite le Ven 16 Avr - 20:06

Voici mon avis (envoyé à Thot le 07/04)

Première approche du livre :
Liseret gris argent sur couverture bleu pâle, sur-couverture glacée avec une photo très sympa d’une route de campagne dans un paysage verdoyant. (d’Italie ?) Le petit format et la présentation soignée de l’ouvrage rappelle un cahier de voyage qui incite déjà à partir.

Mon avis :
J’ai apprécié ce livre pour la facilité à le lire. L’auteur a un vrai talent de metteur en scène en alternant des phases rapides (principalement les déplacements) avec des phases plus lentes et descriptives. (Cela ne m’a pas étonné de lire qu’un film avait été réalisé à partir de ce livre.) Le récit est très fluide et je suis arrivé à la fin sans m’en apercevoir.
Dans la lignée des plus connus « La Peste » ou du « Hussard sur le toit », (pourtant écrits plus tard) ce voyage nous emmène à travers un pays malade et déboussolé, l’Italie de 1943. L’honnête naïveté et le sens du devoir viscéral du personnage principal, Calusia, détonnent devant la passivité, le fatalisme ou la cupidité de la majorité de ses concitoyens.
Les messages sont multiples : éloge de la persévérance, de la droiture, de la simplicité, de la modération et de l’honnêteté. Ici aussi, la vie serait belle si l’homme pouvait dépenser autant d’énergie à aider son prochain qu’à essayer de lui en mettre plein la vue ou de s’enrichir à ses dépens….
Un message d’optimisme que je conseille et que j’ai été heureux de découvrir grâce aux éditions de la Table Ronde.
Merci !

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Cassiopée le Ven 16 Avr - 20:33

Italie 1943
Au début du livre, neuf pages de photographies noir et blanc dont la première : un portait de l’auteur à dix-sept ans, engagé volontaire dans la Légion Garibaldienne.

L’histoire commence en Calabre (au Sud de l’Italie), début Septembre 1943. Quinze soldats et leur lieutenant guettent les forces alliées qui doivent débarquer. Pas d’excitation, ni de peur, ils attendent sans renoncer à leur engagement : ils devront se battre... Ils veulent, même s’ils imaginent le combat voué à l’échec, rester dignes pour eux mais aussi pour tout le peuple italien. Les relations entre le lieutenant et les hommes sont empreintes de respect, le chef étant, semble t-il, issu d’une haute « lignée ».
Les anglais débarquent, le combat a lieu. Des soldats meurent, le lieutenant tombe et avant de mourir, il demande à son ordonnance(Calusio) de ramener sa dépouille à Naples, vers sa mère.
Le décor est planté.
Nous allons, au fil des pages suivre Calusio et un âne (qui porte le « cercueil improvisé »), jusqu’à Naples. A travers les rencontres faites sur la route, nous allons au devant de l’Italie « du dedans », croiser ces gens qui ont souffert, des réfugiés, des soldats ennemis qui ne savent plus comment agir, des femmes qui accompagneront Calusio…. Il ne lâchera rien pour tenir sa promesse. De difficultés en difficultés, de rencontres en rencontres, il fera tout pour amener « son » lieutenant à Naples.

Ce petit roman est poétique, émouvant, parfois cocasse par certaines situations évoquées, dur aussi, tendre enfin. Les scènes se succèdent comme dans un film, parfois détaillées, parfois survolées mais toujours très « parlantes », très réelles.
Les phrases sont courtes, rythmées. On n’a pas le souhait de poser le livre avant d’avoir accompagné Calusia et son fardeau jusqu’au bout.

La postface est accompagnée de deux autres photos de Malaparte, en civil cette fois. Cette partie nous éclaire sur les rapports du romancier avec l’Italie, l’armée, rapports tourmentés, tumultueux car, comme beaucoup, face à la guerre et la violence, Curzio Malaparte, ne sait plus comment se situer, comment agir…

J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette œuvre. C’est une histoire simple mais tellement remplie qu’on reste émue des heures après l’avoir lue.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Avalon le Ven 16 Avr - 20:44

Avant de commencer à vous exposer mon court avis sur Le compagnon de voyage, court mais très élogieux, je voulais remercier encore une fois Partage Lecture et les Editions de la Table Ronde pour avoir proposé ce roman qui fut une découverte magnifique. C'est une histoire magnifique qui m'a transporté. Ce voyage initiatique m'a enchanté ! J'ai suivi avec joie les péripéties de Calusia, ses rencontres plus ou moins heureuses, ... J'avais l'impression de marcher à côté de lui, j'ai pu ressentir sa colère face aux évènements, ... Cependant, ce n'est pas l'histoire qui m'a le plus plu. Le style d'écriture de l'auteur m'a beaucoup touché. C'est un style très épuré, sans frioriture mais qui néanmoins fait bien passer les émotions du personnage principale. Je l'ai aussi trouvé très poétique. Par ailleurs, je me suis beaucoup attachée au personnage de Calusia. Il est simple et touchant dans sa fidélité à toutes épreuves. J'admire son courage, sa tenacité, ...
Ce roman fut un énorme coup de coeur et je le conseille.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Thot le Ven 16 Avr - 20:58

Je vous avais demandé de m'envoyer ces critiques par MP pour les envoyer au fur et à mesure à l'éditeur.
Comme d'habitude, et à la demande de certains membres, les sujets réservés aux livres de la lecture commune ne sont ouverts que vers la moitié du deuxième mois.
Il est normal que vos avis soient en définitive postés sur le forum.

Merci à tous

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Ma lecture actuelle: "Les déferlantes de Claudie Gallay"

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Véronique M. le Ven 16 Avr - 21:08

Je ne connaissais pas du tout Curzio Malaparte et je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire "le compagnon de voyage".
Le style est sobre, les personnages extrêmement bien plantés.
Calusia, militaire rendu à la vie civile pour cause de défaite, apparaît d'une intégrité inébranlable, mû uniquement par son élan de loyauté, surnageant dans un monde chaotique. Calusia a survécu aux ultimes combats, il représente l'espoir de l'Italie après la chute de Mussolini, il symbolise la partie du peuple qui souhaite reconstruire et renouer avec ses valeurs d'honnêteté et de travail.
Dans son périple à travers l'Italie pour rejoindre son domicile et accomplir sa mission, Calusia rencontrera Concetta, jeune orpheline avide de liberté, prête à se perdre pour secouer le joug qui l'oppresse.
Il continuera sa route avec Mariagiulia, femme robuste et travailleuse qui, comme lui incarne les valeurs "justes" et même une certaine forme de résistance au désordre ambiant.
Ce texte est une allégorie presque religieuse du chemin, semé d'embûches, qui mène à la vérité. Malaparte dénonce clairement les écueils à éviter: les voleurs qu'il nomme "pires ennemis de l'Italie", les maquerelles et proxénètes en tous genres qui cherchent à pervertir les jeunes gens...
C'est un texte moralisateur, une fable édifiante mais cela se lit facilement et on oublie le projet si peu masqué pour se laisser porter par l'humanité des personnages.

Véronique M.
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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par alexielle63 le Sam 17 Avr - 9:53

Mon avis :
J'ai beaucoup aimé ce livre qui parait léger mais, après réflexion, soulève bien des interrogations. Il s'agit essentiellement d'une ode à la liberté. Les Britanniques et les Américains ne sont pas décrits comme des ennemis mais plutôt comme des libérateurs (même s'ils ne brillent pas par leur intelligence), ils vont aider Calusia dans sa "mission". Finalement, les ennemis à la liberté viennent de l'intérieur (les voleurs ou la maquerelle). Ils profitent de la faiblesse des autres, notamment celle des femmes ou des enfants, les premières victimes de la guerre. Durant son périple, notre héros va rencontrer Concettina, une orpheline recueillie par les soeurs mais dont l'orphelinat a été bombardé et qui goûte avec joie au bonheur de la liberté. Elle est tout l'opposé de Calusia, encore jeune et portant bien déterminée à ne plus être enfermée, assez expansive alors que Calusia est plutôt réservé. Il fait un peu "ours" même si l'on sent que derrière cela, il cache un coeur en or. Notre héros n'est pas épargné par l'auteur. Il n'est pas exempt de lâcheté (avec Concettina notamment ou lors de la remise du corps de son lieutenant à la famille). Il rencontrera également la belle Mariaguilia, qui lui ressemble plus de caractère. J'ai beaucoup aimé leur "relation", tout en pudeur et en non-dits.
Le style de l'auteur mérite également d'être souligné. Il est parfois très poétique. Je pense notamment à la scène du débarquement : il rend beau ce qui ne l'est pas. La scène est décomposée, on voit chaque mouvement, comme si le temps était suspendu. Le tout est très fluide et se lit rapidement, d'autant que le livre compte peu de pages (101). La postface m'a permis de mieux comprendre où souhaitait en venir l'auteur avec ce livre. Elle est très intéressante.

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions de La Table ronde, notamment à la collection Quai Voltaire pour cette belle découverte.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Céline72 le Sam 17 Avr - 10:01

Mon avis : Malgré que ce roman soit court, il est très touchant. On est transporté avec ce brave militaire qu'est Calusia durant son voyage où il traverse quelques obstacles comme les femmes paysannes qui sont "maltraitées" par leur chef..... mais il fait aussi de belles rencontres avec tout d'abord cette jeune fille nommée Concetta qui pour la première fois se sent libre après s'être évadée de son orphelinat que Calusia considère comme une sœur et, ensuite vient la rencontre avec cette femme grande et forte se prénommant Mariagiula que Calusia aime beaucoup et souhaite qu'elle reste à ses côtés.

J'ai beaucoup aimé le style d'écriture de cet auteur, ce côté pur qui nous fais ressentir les émotions à travers les rencontres et les péripéties que croise Calusia durant son voyage.
De plus, on s'attache vraiment à ce brave homme qui est très attachant ainsi qu'à Concetta avec sa ténacité et à Mariagiula avec son courage.

Je n'aurai pas pensé lire un livre de ce genre et pourtant se fût un coup de cœur, je remercie Partage-Lecture ainsi que les éditions de la Table Ronde.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par poulp le Sam 17 Avr - 10:54

Mon Avis

L’histoire du compagnon de voyage prend place dans l’Italie de 1943, à la suite du débarquement anglais et de la chute de Mussolini. Les hommes se retrouvent dans le chaos, et ne savent plus de qui recevoir leurs ordres. Calusia va entreprendre une mission, qu’il considère être comme la dernière que lui a ordonnée son officier : ramener son corps à sa mère. Cette histoire courte d’une centaine de pages relate le parcours de Calusia, depuis la Calabre jusqu’à Naples, et est parsemé de rencontres avec des personnages plus tous atypiques les uns que les autres.

J’ai aimé cette lecture, j’ai aimé rencontrer ces personnages (tout particulièrement l’âne Roméo), j’ai aimé la manière dont ils rentraient un peu brusquement dans l’histoire et la manière tout aussi brusque dont ils en sortaient. J’ai aussi apprécié le côté « à la limite de l’absurde » que l’on retrouve tout au long du livre dans les descriptions des personnages et les situations un peu cocasses face auxquelles se retrouve Calusia, ce qui, à mon sens, ne fait qu’accentuer le caractère de perdition dans lequel se trouve la population italienne et Calusia. J’ai perçu ce voyage comme une bouée de sauvetage pour ce dernier, qui sans cette mission n’aurait plus su où aller. Dans un pays en perte de repères Calusia a su se sauver en se trouvant un but qui lui a permis de traverser ces jours difficiles.

Tout ce récit est servi par une écriture puissante et brute, formées de phrases courtes et poignantes. L’histoire nous est comptée au présent, ce qui donne à cette écriture un pouvoir inclusif fort. En effet, tout au long du récit j’ai eu l’impression de me trouver aux côtés de Calusia, en tant que spectatrice, pas une spectatrice passive mais une spectatrice sollicitée par toutes les images que Calusia était amené à rencontrer. Les phrases courtes et le présent ont, en outre, permis de renforcer l’aspect chaotique de la situation en Italie au moment des faits. Ce style donne en effet l’impression que l’auteur, tout comme Calusia, ne sait plus où donner de la tête face aux événements soudain qui touchent l’Italie.

En bref, ce roman est un roman que je qualifierais d’expérientiel, qui m’a fait atterrir en pleine seconde Guerre Mondiale dans une Italie en perte de repères. Une lecture à laquelle je ne m’attendais pas et qui a su me surprendre.

Très apprécié, A Découvrir

Je remercie Partage Lecture et les éditions de La Table Ronde pour cette jolie découverte et ce moment atypique.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par Sharon le Sam 17 Avr - 11:01

Mon avis :

C'est avec curiosité que j'ai ouvert ce court volume. J'aime beaucoup les récits, les témoignages qui se rapportent au conflit du siècle précédent, et j'étais très intéressée par la lecture de ce texte.

Ce qui m'a frappé d'abord est que le récit est raconté au présent, ce qui m'a donné vraiment l'impression que le compagnon de voyage de Calusia, c'était moi, et non quelqu'un d'autres. Les phrases sont courtes et simples, les adjectifs sont choisis avec soin. Quatre fois dans les premières pages, l'auteur réaffirme l'identité italienne de ses personnages : l'unité de l'Italie est encore récente en 1943, et il ne faudrait pas, au moment de la défaite, qu'une profonde désunion disloque un pays déjà mal en point."Gris" est la notation de couleur qui domine pendant le combat, la couleur que nous retrouvons jusqu'à la fin du récit, en touche discrète, comme si un voile de tristesse et de deuil recouvrait le pays tout entier. Le récit emploie des tons très variés, le drame et la tragédie côtoient la farce la plus burlesque.


Ce qui m'a frappé ensuite est l'alternance de point de vue. Nous avons d'abord un narrateur extérieur à l'intrigue qui narre l'attente puis le combat initial. Ce point de vue réapparaîtra à plusieurs reprises, notamment pour décrire le flux de réfugiés. Nous découvrons ensuite Calusia, simple chasseur alpin bergamasque, et c'est avec lui que nous allons vivre cette Odyssée. En effet, j'ai tout de suite pensé à l'épopée d'Homère à cause de l'allusion à Scylla, dès la première page. Scylla, récif bien réel et non montre marin décrit par Homère. Comme Ulysse, Calusia a suivi un long périple semé d'embûches pour retourner chez lui, il va devoir affronter maints obstacles avant de pouvoir se reposer, et si les dieux ne sont pas avec lui, il peut compter sur les démonstrations d'une vive piété populaire et de la solidarité chrétienne.

Calusia ne paraît pas avoir l'étoffe d'un héros, et pourtant, il est un homme d'honneur. Il met tout en oeuvre pour respecter la promesse qu'il a faite à son lieutenant mourant. Il a des valeurs, un code de l'honneur qu'il respecte (même s'il est parfois incompris) et prend toujours la défense des opprimés. Sur ce point, alors qu'il est entouré par le flot des refugiés, il est souvent le seul à réagir, le seul à avoir encore le courage de se battre. Je pourrai lui reprocher d'être mysogyne, car ses goûts en matière de femme sont plus pragmatiques que sensibles.

Durant son périple, il va affronter des péripéties qui risquent de l'empêcher de mener à bien sa promesse. Et c'est là que ces rencontre sont étonnantes. Alors que le danger devrait venir des envahisseurs, il n'en est rien. Les soldats anglais et américains paraissent certes pétris de préjugés envers les italiens, mais pas belliqueux pour deux sous. Ils sont là pour accomplir leur devoir, mais restent sympathiques, parfois même drôles et juvéniles. En revanche, plus Callusia monte vers le Nord, plus les obstacles réels s'accumulent. Marché noir, vol, prostitution, rien n'est épargné au lecteur dans ce tableau de la débâcle. Les profiteurs de guerre sont uniquement italiens, et c'est ce qui est le plus désolant dans son récit : l'ennemi est déjà là avant même le débarquement, il profite de la lâcheté des hommes et de la faiblesse des femmes. Le dénouement (presque) heureux ne dissipe pas l'amertume du propos.

Cet livre court se lit très rapidement, mais ne s'oublie pas facilement.

Je remercie les éditions de la Table Ronde, le forum Partage-Lecture et Thot pour m'avoir permis de participer à ce nouveau partenariat.

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Re: [Malaparte, Curzio] Le compagnon de voyage

Message par sev' le Sam 17 Avr - 11:50

Ce petit roman est très agréable à lire, il est surtout riche en émotion, en effet Calusia est un homme au grand coeur, sensible et courageux à la fois. Très attaché à « ses compagnons de voyage » il devient lui même très attachant.

A travers son périple on découvre une Italie d'apres guerre, pendant les cours d'histoire on nous apprend que Allemagne/Russie et Italie … tout ceci est ennemie, dans ce livre on se sent pourtant proche de ce peuple et ce pays,le désarroi et la détresse d'un peuple qui vient de vivre une terrible guerre ne laisse personne insensible, ici il n'y a pas de rival, mais des personnes qui ont peur et sont perdues, ça touche énormément. On voit voit la guerre d'un autre oeil, elle prend un autre sens, il n'y a plus ni d'allié ni d'ennemis, mais des hommes et des femmes qui défendent leur pays, leur vie....Et une défaite reste dur à vivre même si de notre point de vue elle semblait « méritée » à cause de Mussolini.

J'ai tout de même été surprise de la soudaine disparition de Concetta, vite remplacée par une femme plus digne de Bergame, il y a de l'amour dans ce livre,mais il reste juste...évoqué, se laisse deviner surtout si on tente d'imaginer la suite. J'aurais personnellement aimé en lire un peu plus et savoir ce que l'auteur lui voulait faire avec ces personnages et ses révélations finales!


Mais ça ne devait pas être le but de ce roman , tout simplement.

Merci aux éditions "La table ronde" pour cette jolie découverte!

sev'
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