[Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
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[Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue

Qui touche à mon corps je le tue
Auteur : Valentine Goby
Editeur : Folio
Nombre de pages : 138
4ème de couverture :
Marie G., faiseuse d'anges, dans sa cellule, condamnée à mort. Lucie L., femme avortée, dans l'obscurité de sa chambre. Henri D., exécuteur des hautes œuvres, dans l'attente du jour qui se lève. De l'aube à l'aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort.
Mon appréciation :
Dernière édition par mimi54 le Ven 1 Avr - 15:53, édité 1 fois
Invité- Invité
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
C'est moi qui suis supposée ouvrir le sujet mais merci mimi de m'avoir évité cette peine
Vous pouvez désormais poster vos avis sur ce livre !
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_________________
Ma lecture actuelle: "Les déferlantes de Claudie Gallay"
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Désolée Thot de t'avoir coupé l'herbe sous le pied.Tu ne m'en veux pas, hein? 
Invité- Invité
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Mais non mimi, mais parlons plutôt du livre 
_________________
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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Alors voici mon avis franchement rédigé:
3 histoires en parallèle, 3 personnages très différents,
1 point commun : la mort d’un des 3 protagonistes…
Cette histoire raconte les 24h dernières heures d’une avorteuse Marie G dans les années 1940. On y croise en parallèle l’histoire de Lucie L jeune femme avortée et Henri D, bourreau de Marie G. On passe 24h dans l’esprit d’un bourreau tourmenté et en proie au doute, dans celui d’une femme Lucie, Lux la lumière qui se sent être le prolongement de sa défunte mère et de Marie avorteuse qui tente de se persuader qu’elle n’a aucun doute sur ses actes passés.
C’est par le biais d’une écriture franche et grave que l’auteur nous fait découvrir les méandres de l’esprit humain.
Ce roman nous pousse à une réflexion introspective concernant notre positionnement face à l’avortement, mais il ne faut cependant pas omettre que les faits présentés se déroulent en 1943, sous l’occupation et que sans doute le destin de Marie a été scellé par le maréchal Pétain à qui allusion est faite à plusieurs reprises dans le livre. Le fait que cette femme ait été condamnée à la peine de mort m’a questionné sur son abolition qui, je l’ai appris aujourd’hui, a été votée en 1981 alors que les débats étaient ouverts depuis 1971 en France.
J’ai aimé cet appel à la réflexion sur chacun des rôles des protagonistes et sur le pourquoi de leurs décisions sans que ce message ne soit pour autant moralisateur.
Une belle découverte littéraire pour un livre qui m’a surpris.
3 histoires en parallèle, 3 personnages très différents,
1 point commun : la mort d’un des 3 protagonistes…
Cette histoire raconte les 24h dernières heures d’une avorteuse Marie G dans les années 1940. On y croise en parallèle l’histoire de Lucie L jeune femme avortée et Henri D, bourreau de Marie G. On passe 24h dans l’esprit d’un bourreau tourmenté et en proie au doute, dans celui d’une femme Lucie, Lux la lumière qui se sent être le prolongement de sa défunte mère et de Marie avorteuse qui tente de se persuader qu’elle n’a aucun doute sur ses actes passés.
C’est par le biais d’une écriture franche et grave que l’auteur nous fait découvrir les méandres de l’esprit humain.
Ce roman nous pousse à une réflexion introspective concernant notre positionnement face à l’avortement, mais il ne faut cependant pas omettre que les faits présentés se déroulent en 1943, sous l’occupation et que sans doute le destin de Marie a été scellé par le maréchal Pétain à qui allusion est faite à plusieurs reprises dans le livre. Le fait que cette femme ait été condamnée à la peine de mort m’a questionné sur son abolition qui, je l’ai appris aujourd’hui, a été votée en 1981 alors que les débats étaient ouverts depuis 1971 en France.
J’ai aimé cet appel à la réflexion sur chacun des rôles des protagonistes et sur le pourquoi de leurs décisions sans que ce message ne soit pour autant moralisateur.
Une belle découverte littéraire pour un livre qui m’a surpris.
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
et bien snoopinette, c'est que je n'ai réellement rien compris à ce livre; à aucun moment il ne m'a poussé à la réflexion face à l'avortement, tellement je l'ai trouvé violent, en tout cas trop pour moi.
Invité- Invité
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
C'est assez étrange car moi je n'ai pas ressenti de violence, effectivement l'auteur "bouscule" mais je ne l'ai pas perçu comme de la violence.
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Qui touche à mon corps je le tue... je m'attendais à une sorte de livre/témoignage sur le viol, c'est ce que le titre m'a inspiré de prime abord.
Et bien que nenni ! Quoique...peut-être le viol, dans le sens large du terme.
La construction du livre est assez déroutante, il s'agit de trois histoires de vie entremêlées, et quelque chose que je n'arrive pas à identifier dans le style condensé utilisé par l'auteur fait que l'on ne poursuit pas cette lecture avec grand plaisir. Une certaine froideur et un manque d'affect qui sont peut-être appropriés à la souffrance des personnages féminins, obligés de « se dissocier » pour moins souffrir.
On sent ces pages comme un cri de haine et de douleur ! D'où une certaine violence (qui n'en est pas une) perçue par certains lecteurs.
Ceci dit, le livre ,ne manque pas d'intérêt et le sujet abordé est grave et difficile.
Le rapport au corps. Vaste sujet...
Lucie (on pourrait écrire des pages rien qu'en essayant d'analyser l'étymologie de ce prénom à laquelle l'auteur fait référence. Que symbolise donc cette lumière ? Un changement de la condition féminine ?) a une relation quasi fusionnelle avec sa mère, elle se marie, tombe enceinte et avorte.
Elle ne se sent vraisemblablement pas prête à devenir mère. Son mari est loin, au front. Est-ce sa façon de dire non au conformisme de la société qui veut que l'on devienne forcement mère et qui condamne très violemment l'avortement ?
Le corps de Lucie est décrit comme une plaie béante qui se vide de son sang. Pourtant, elle entretient un semblant de relation avec l'embryon qu'elle porte et va même jusqu'à lui donner un prénom. Peut-on voir dans tout ceci une certaine ambivalence ? Lucie sait-elle ce qu'elle veut ou subit-elle les événements ?
On nous dit qu'elle est à la recherche d'un amant capable de lui prodiguer des caresses susceptibles de la réconcilier avec son corps.
Non, son corps ne doit pas être qu'une plaie...il faut qu'elle se le réapproprie.
Marie, « faiseuse d'anges », qui a été mère, femme et maîtresse, est condamnée à la peine capitale. Pourtant, jusqu'à son exécution, elle ne saisira pas la raison de l'acharnement de la justice sur elle. Elle ne pensait pas à mal, elle rendait service...les gens la remerciaient.
Et pourquoi dit-on qu'elle a été une mauvaise mère ? Elle-même n'a pourtant pas cette impression.
La description de Marie dans sa cellule est très touchante. Il est difficile d'imaginer ce que l'on ressent à la veille d'une exécution.
Quant à Henri, le bourreau, il porte le lourd fardeau de ce métier et du suicide de son fils qu'il voulait « rendre plus homme » en l'incitant à assister à une mise à mort. A noter que ce fils a souffert du départ d'une femme que Henri semble avoir très peu en estime.
Il est également intéressant de voir les aspects décrits de la relation conjugale que le bourreau a avec son épouse.
En définitive, dans ce roman, les femmes souffrent et le personnage masculin est un bourreau.
Faut-il extrapoler à cet éternel débat sur la relation homme-femme ? Sur la question de savoir si le corps de la femme lui appartient dans une société prompte à juger telle que celle qui est décrite dans ce livre ?
Nous pouvons également essayer d'analyser le titre du livre « Qui touche à mon corps, je le tue ».
Qui a touché aux corps des personnages féminins de ce roman ?
Je trouve qu'il y aurait énormément à dire sur le sujet et ce livre se prête facilement au débat.
Et bien que nenni ! Quoique...peut-être le viol, dans le sens large du terme.
La construction du livre est assez déroutante, il s'agit de trois histoires de vie entremêlées, et quelque chose que je n'arrive pas à identifier dans le style condensé utilisé par l'auteur fait que l'on ne poursuit pas cette lecture avec grand plaisir. Une certaine froideur et un manque d'affect qui sont peut-être appropriés à la souffrance des personnages féminins, obligés de « se dissocier » pour moins souffrir.
On sent ces pages comme un cri de haine et de douleur ! D'où une certaine violence (qui n'en est pas une) perçue par certains lecteurs.
Ceci dit, le livre ,ne manque pas d'intérêt et le sujet abordé est grave et difficile.
Le rapport au corps. Vaste sujet...
Lucie (on pourrait écrire des pages rien qu'en essayant d'analyser l'étymologie de ce prénom à laquelle l'auteur fait référence. Que symbolise donc cette lumière ? Un changement de la condition féminine ?) a une relation quasi fusionnelle avec sa mère, elle se marie, tombe enceinte et avorte.
Elle ne se sent vraisemblablement pas prête à devenir mère. Son mari est loin, au front. Est-ce sa façon de dire non au conformisme de la société qui veut que l'on devienne forcement mère et qui condamne très violemment l'avortement ?
Le corps de Lucie est décrit comme une plaie béante qui se vide de son sang. Pourtant, elle entretient un semblant de relation avec l'embryon qu'elle porte et va même jusqu'à lui donner un prénom. Peut-on voir dans tout ceci une certaine ambivalence ? Lucie sait-elle ce qu'elle veut ou subit-elle les événements ?
On nous dit qu'elle est à la recherche d'un amant capable de lui prodiguer des caresses susceptibles de la réconcilier avec son corps.
Non, son corps ne doit pas être qu'une plaie...il faut qu'elle se le réapproprie.
Marie, « faiseuse d'anges », qui a été mère, femme et maîtresse, est condamnée à la peine capitale. Pourtant, jusqu'à son exécution, elle ne saisira pas la raison de l'acharnement de la justice sur elle. Elle ne pensait pas à mal, elle rendait service...les gens la remerciaient.
Et pourquoi dit-on qu'elle a été une mauvaise mère ? Elle-même n'a pourtant pas cette impression.
La description de Marie dans sa cellule est très touchante. Il est difficile d'imaginer ce que l'on ressent à la veille d'une exécution.
Quant à Henri, le bourreau, il porte le lourd fardeau de ce métier et du suicide de son fils qu'il voulait « rendre plus homme » en l'incitant à assister à une mise à mort. A noter que ce fils a souffert du départ d'une femme que Henri semble avoir très peu en estime.
Il est également intéressant de voir les aspects décrits de la relation conjugale que le bourreau a avec son épouse.
En définitive, dans ce roman, les femmes souffrent et le personnage masculin est un bourreau.
Faut-il extrapoler à cet éternel débat sur la relation homme-femme ? Sur la question de savoir si le corps de la femme lui appartient dans une société prompte à juger telle que celle qui est décrite dans ce livre ?
Nous pouvons également essayer d'analyser le titre du livre « Qui touche à mon corps, je le tue ».
Qui a touché aux corps des personnages féminins de ce roman ?
Je trouve qu'il y aurait énormément à dire sur le sujet et ce livre se prête facilement au débat.
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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Tout à fait au débat et à la réflexion.
Je suis d'accord avec vous sur le fait que ce livre ne présente pas réellement d'histoire, il est dénué d'action en revanche, les émotions et sentiments éprouvés par les protagonistes me semblent (même si mon avi n'est pas totalement positif sur ce livre) intéressant à développer.
Je suis d'accord avec vous sur le fait que ce livre ne présente pas réellement d'histoire, il est dénué d'action en revanche, les émotions et sentiments éprouvés par les protagonistes me semblent (même si mon avi n'est pas totalement positif sur ce livre) intéressant à développer.
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Première appréciation : Premier livre de cette écrivaine que j'ai lu, son écriture ciselée, sa connaissance des passions humaines, la reprise de faits réels et une véritable mise en haleine de son lecteur, m'incite franchement à trouver et à lire ses autre oeuvres antérieures.
Comment faire vivre trois destins différents sur la seule journée précèdent l'exécution, trois histoires qui vont se rejoindre mais dont on découvre l'âme et l'historique de chacun allant même jusqu'à attirer la sympathie de son lecteur, c'est le pari réussi de Valentine GOBY.
Appréciation après recul :Je reprends ci dessus ma première critique que j'ai réalisée en mai dernier et que j'avais imprudemment postée sur le forum avant que Thot donne son top départ (merci Nephtis de me l'avoir récupéré avant son effacement sur le site) et j'ai relevé avec intérêt vos différentes premières impressions dans la phase pré diffusion des avis de chacune et chacun le plus souvent tranchées. Et bien avec le recul, je signe et confirme ma première impression ; un bon livre où l'introspection de chacun des personnages est réalisée avec talent même sur fond assez sordide.
Ma note : 16 /20
Comment faire vivre trois destins différents sur la seule journée précèdent l'exécution, trois histoires qui vont se rejoindre mais dont on découvre l'âme et l'historique de chacun allant même jusqu'à attirer la sympathie de son lecteur, c'est le pari réussi de Valentine GOBY.
Appréciation après recul :Je reprends ci dessus ma première critique que j'ai réalisée en mai dernier et que j'avais imprudemment postée sur le forum avant que Thot donne son top départ (merci Nephtis de me l'avoir récupéré avant son effacement sur le site) et j'ai relevé avec intérêt vos différentes premières impressions dans la phase pré diffusion des avis de chacune et chacun le plus souvent tranchées. Et bien avec le recul, je signe et confirme ma première impression ; un bon livre où l'introspection de chacun des personnages est réalisée avec talent même sur fond assez sordide.
Ma note : 16 /20
Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
3 acteurs , 3 histoires qui m ont toutes 3 touchée
Lucie qui souffre seule , dans sa chair et dans son âme . Elle attend la délivrance , que l'être que son ventre abrite quitte son corps de maman, rôle qu'elle ne peut pas assumer, qu'elle ne veut pas assumer.
Son corps n'est pas le sien (symboliquement parlant) donc ce bébé elle ne peut l'avoir elle ne peut lui donner vie.
Marie qui ne comprend pas pourquoi elle est en prison. Si dans la bible Marie donne la vie, elle, elle la reprend.
La description de la veille de son exécution ainsi que son départ de la cellule sont très touchantes, personnellement jusqu'au bout j'ai cru à la grâce dont elle aurait pu bénéficier
Henry . C'est l'histoire qui m'a le plus touchée . On ressent une telle souffrance chez cet homme. Un manque d'identité qui le pousse à faire un travail de bourreau travail où il n'est que LE bourreau sans visage sans identité.
Ce que j'ai recherché dans ce livre c'est le rapport entre le titre et l'histoire. Même lorsque Lucie y fait référence dans son monologue je n'ai pas saisi le sens.
Je pense qu'au delà du sens premier de la lecture, beaucoup de sujets beaucoup plus lourds sont à développer : avortement, recherche d'identité, la mort, le respect du corps de la femme, comme Thot j'avais relevé que dans l'histoire c'est Henry donc un homme qui a un rôle de bourreau.
Tous 3 sont victimes et tous 3 sont bourreaux aussi.
Un livre à relire
Lucie qui souffre seule , dans sa chair et dans son âme . Elle attend la délivrance , que l'être que son ventre abrite quitte son corps de maman, rôle qu'elle ne peut pas assumer, qu'elle ne veut pas assumer.
Son corps n'est pas le sien (symboliquement parlant) donc ce bébé elle ne peut l'avoir elle ne peut lui donner vie.
Marie qui ne comprend pas pourquoi elle est en prison. Si dans la bible Marie donne la vie, elle, elle la reprend.
La description de la veille de son exécution ainsi que son départ de la cellule sont très touchantes, personnellement jusqu'au bout j'ai cru à la grâce dont elle aurait pu bénéficier
Henry . C'est l'histoire qui m'a le plus touchée . On ressent une telle souffrance chez cet homme. Un manque d'identité qui le pousse à faire un travail de bourreau travail où il n'est que LE bourreau sans visage sans identité.
Ce que j'ai recherché dans ce livre c'est le rapport entre le titre et l'histoire. Même lorsque Lucie y fait référence dans son monologue je n'ai pas saisi le sens.
Je pense qu'au delà du sens premier de la lecture, beaucoup de sujets beaucoup plus lourds sont à développer : avortement, recherche d'identité, la mort, le respect du corps de la femme, comme Thot j'avais relevé que dans l'histoire c'est Henry donc un homme qui a un rôle de bourreau.
Tous 3 sont victimes et tous 3 sont bourreaux aussi.
Un livre à relire

Isis- Grand expert du forum

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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Mon avis : Ce roman à trois voix m'a rudement secouée par sa noirceur.Des personnages aux pensées sombres tels Lucie L. en train d'avorter,une sonde plantée dans l'utérus.Marie C.,la faiseuse d'ange,condamnée à mort,passant sa dernière nuit dans se cellule ,demandant qu'on lui laisse la lumière ,écoutant les pas feutrés s'imaginant que c'est elle que l'on vient chercher et pourtant lorsque ce sera le moment pour elle,il faudra l'éveiller.Nous sommes dans les années 1940 ,ce sera la dernière femme guillotinée et Henri ,l'exécuteur d'oeuvres ,lui aussi a des idées sombres lors de cette longue nuit.Les pensées de ces trois personnages ,chacun dans leur histoire se croisent et se fondent dans l'attente du jour qui va se lever .Une histoire qui se passe à Paris pendant 24 heures du 29 juillet au 30 juillet 1944.Brrrrr !!!! assez déprimant ce livre ou est-ce moi qui l'ai lu au mauvais moment ? Et pourtant j'ai aimé le style....

lalyre- Grand sage du forum

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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Qui touche à mon corps je le tue. : mon avis.
Une chose est certaine, sans « Partage Lecture », je n’aurais jamais lu ce livre. Un titre « qui me parle » mais un résumé qui ne m’attire pas… A la bibliothèque, je ne l’aurais pas ouvert.
Proposé en lecture commune, je me suis donc décidée…Une couverture floue, dans les tons de rouge (est-ce volontaire pour rappeler le sang qui se trouve en filigrane des différents personnages ?), peu de pages : 136, tout se déroule en peu de temps : on commence à « l’aube » du premier jour et on finit à « l’aube » du second jour.
Pendant ces vingt quatre heures, on va suivre les trois personnages, chacun désigné par un prénom et l’initiale de son nom. Des passages écrits en italiques avec leurs pensées respectives. Roman à quatre voix : la narratrice et les trois personnages.
Les personnages sont reliés par la mort. C’est dérangeant dans le principe, ça bouscule, ça révolte, ça fait réfléchir mais je ne pense pas que ça puisse laisser indifférent.
On sait, avant de commencer le roman, ce qu’ils sont et quel va être leur rôle.
Marie, Lucie et Henri ne sont « rien » mais ils nous interpellent.
La première dit que son prénom est « l’autre nom de l’oubli, l’autre nom de l’indifférence »…Elle se met à exister lorsqu’elle est jugée : « Depuis son jugement devant le tribunal d’Etat, son prénom existe, son nom existe ». Elle n’a pas une relation facile avec sa mère qui est blanchisseuse. Elle voudrait être un drap sale pour « passer entre les mains de sa mère ».
Lucie L n’est qu’une femme qui, comme d’autres, choisit l’avortement. On la voit souffrir dans son corps, dans sa tête. Refuse-t-elle cet enfant parce que les relations avec sa propre mère ne sont pas « abouties » ? Elle dit « « Mon vêtement, c’est la peau de ma mère, ma mère me tisse et j’adore ça ». Sa mère est tisseuse, beaucoup de couleurs….Elle dit aussi quand elle quitte la maison où elle vit avec ses parents : « Je n’emporte rien. Seulement mon corps. Qui touche à mon corps je le tue ». Elle n’a que ça « qui lui appartienne », son corps, et elle le fait souffrir, se regarde se tordre de douleur. La relation de Lucie lorsqu’elle est loin de sa mère est empreinte de désespoir, elle lutte, part, revient. Peut-être sont-elles « handicapées » de l’amour, incapables de dire leurs sentiments ? D’ailleurs lorsque Lucie est avec un homme, elle n’aime pas parce qu’elle ne s’aime pas….et ne s’aimant pas, elle ne peut pas envisager de donner la vie….
Henri est le bourreau. Du fait de son rôle, il a peu de contacts avec le reste de la population. Son métier le ronge et en même temps il ne sait rien faire d’autre. Lorsqu’il tue « il n’est pas un homme ». Il obéit sans juger, sans plaider, sans sentiments….
En dehors du fait que les trois personnages ont eu une relation peu simple avec leur mère (qui a conditionné ce qu’ils sont devenus ?), il y a le sang rouge qui les relie et par opposition, les couleurs (tissage de la mère de Lucie, linge lavé par celle de Marie, bobines de l’usine de bonneterie où le père d’Henri est responsable) et le bleu : bleu du pyjama d’Henri (qui est alors un « homme ordinaire »), bleu comme le paquet où se trouve la chemise de Lucie, bleu des draps froissés, bleu sur les pages du journal qui parle de Marie.
L’écriture est saccadée, violente, parfois crue comme si Valentine Goby cherchait à fouiller les âmes de ses protagonistes, comme si les mots, les pensées se bousculaient et qu’il fallait écrire dans l’urgence. Les phrases sont parfois longues, avec peu de ponctuation ce qui pourrait donner une idée de « lourdeur » au récit mais le sujet est grave et c’est peut être un moyen, pour l’auteur de ne pas sombrer dans le pathos, de rester en dehors, comme avec un regard « clinique ». On a l’impression d’un « condensé » où l’on retrouve de véritables questions par rapport au droit sur son propre corps, au droit de donner ou ôter la vie…mais on ne ressent pas ce que pense Valentine Goby, elle s’efface derrière son écrit.
Il m’est difficile de dire mon ressenti par rapport à ce livre. Je ne peux pas dire que j’ai passé « un bon moment » dans le sens où ce n’est pas une lecture « détente ». Malgré tout, je peux écrire que c’est un bon livre car la façon de présenter les trois personnages, de « fouiller » leur âme ne m’a pas laissée indifférente. Je pense que Valentine Goby a réalisé « un exercice » difficile : écrire d’une façon troublante, sans jamais lasser, en nous donnant envie d’aller avec elle, plus loin, plus profond, pour comprendre chacun des trois sus nommés et se retirer ensuite sur la pointe des pieds….
Une chose est certaine, sans « Partage Lecture », je n’aurais jamais lu ce livre. Un titre « qui me parle » mais un résumé qui ne m’attire pas… A la bibliothèque, je ne l’aurais pas ouvert.
Proposé en lecture commune, je me suis donc décidée…Une couverture floue, dans les tons de rouge (est-ce volontaire pour rappeler le sang qui se trouve en filigrane des différents personnages ?), peu de pages : 136, tout se déroule en peu de temps : on commence à « l’aube » du premier jour et on finit à « l’aube » du second jour.
Pendant ces vingt quatre heures, on va suivre les trois personnages, chacun désigné par un prénom et l’initiale de son nom. Des passages écrits en italiques avec leurs pensées respectives. Roman à quatre voix : la narratrice et les trois personnages.
Les personnages sont reliés par la mort. C’est dérangeant dans le principe, ça bouscule, ça révolte, ça fait réfléchir mais je ne pense pas que ça puisse laisser indifférent.
On sait, avant de commencer le roman, ce qu’ils sont et quel va être leur rôle.
Marie, Lucie et Henri ne sont « rien » mais ils nous interpellent.
La première dit que son prénom est « l’autre nom de l’oubli, l’autre nom de l’indifférence »…Elle se met à exister lorsqu’elle est jugée : « Depuis son jugement devant le tribunal d’Etat, son prénom existe, son nom existe ». Elle n’a pas une relation facile avec sa mère qui est blanchisseuse. Elle voudrait être un drap sale pour « passer entre les mains de sa mère ».
Lucie L n’est qu’une femme qui, comme d’autres, choisit l’avortement. On la voit souffrir dans son corps, dans sa tête. Refuse-t-elle cet enfant parce que les relations avec sa propre mère ne sont pas « abouties » ? Elle dit « « Mon vêtement, c’est la peau de ma mère, ma mère me tisse et j’adore ça ». Sa mère est tisseuse, beaucoup de couleurs….Elle dit aussi quand elle quitte la maison où elle vit avec ses parents : « Je n’emporte rien. Seulement mon corps. Qui touche à mon corps je le tue ». Elle n’a que ça « qui lui appartienne », son corps, et elle le fait souffrir, se regarde se tordre de douleur. La relation de Lucie lorsqu’elle est loin de sa mère est empreinte de désespoir, elle lutte, part, revient. Peut-être sont-elles « handicapées » de l’amour, incapables de dire leurs sentiments ? D’ailleurs lorsque Lucie est avec un homme, elle n’aime pas parce qu’elle ne s’aime pas….et ne s’aimant pas, elle ne peut pas envisager de donner la vie….
Henri est le bourreau. Du fait de son rôle, il a peu de contacts avec le reste de la population. Son métier le ronge et en même temps il ne sait rien faire d’autre. Lorsqu’il tue « il n’est pas un homme ». Il obéit sans juger, sans plaider, sans sentiments….
En dehors du fait que les trois personnages ont eu une relation peu simple avec leur mère (qui a conditionné ce qu’ils sont devenus ?), il y a le sang rouge qui les relie et par opposition, les couleurs (tissage de la mère de Lucie, linge lavé par celle de Marie, bobines de l’usine de bonneterie où le père d’Henri est responsable) et le bleu : bleu du pyjama d’Henri (qui est alors un « homme ordinaire »), bleu comme le paquet où se trouve la chemise de Lucie, bleu des draps froissés, bleu sur les pages du journal qui parle de Marie.
L’écriture est saccadée, violente, parfois crue comme si Valentine Goby cherchait à fouiller les âmes de ses protagonistes, comme si les mots, les pensées se bousculaient et qu’il fallait écrire dans l’urgence. Les phrases sont parfois longues, avec peu de ponctuation ce qui pourrait donner une idée de « lourdeur » au récit mais le sujet est grave et c’est peut être un moyen, pour l’auteur de ne pas sombrer dans le pathos, de rester en dehors, comme avec un regard « clinique ». On a l’impression d’un « condensé » où l’on retrouve de véritables questions par rapport au droit sur son propre corps, au droit de donner ou ôter la vie…mais on ne ressent pas ce que pense Valentine Goby, elle s’efface derrière son écrit.
Il m’est difficile de dire mon ressenti par rapport à ce livre. Je ne peux pas dire que j’ai passé « un bon moment » dans le sens où ce n’est pas une lecture « détente ». Malgré tout, je peux écrire que c’est un bon livre car la façon de présenter les trois personnages, de « fouiller » leur âme ne m’a pas laissée indifférente. Je pense que Valentine Goby a réalisé « un exercice » difficile : écrire d’une façon troublante, sans jamais lasser, en nous donnant envie d’aller avec elle, plus loin, plus profond, pour comprendre chacun des trois sus nommés et se retirer ensuite sur la pointe des pieds….

Cassiopée- Modérateur
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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
J’ai quelque peu retardé ma lecture de ce livre, étant dans une période où un peu de légèreté me fait le plus grand bien. Finalement, je me suis lancée.
Le début est un peu perturbant, nous entrons dès lors dans le vif du sujet, l’écriture n’est pas toujours aisée à suivre et demande, au départ, de la concentration. La narration se fait tantôt à la troisième personne, tantôt à la première personne, et même, une fois, à la deuxième personne, ce qui m’a quelque peu perturbée. Cependant, une fois entré dans l’histoire, j’ai apprécié. Trois personnes en souffrance, opprimées par la société de l’époque, la France de Vichy, une France qui condamne à la peine capitale les communistes résistants et qui ne peut tolérer ces « faiseuses d’anges » qui, selon Pétain, sont responsables de la défaite de la France. Moins d’enfants, moins de soldats français. Et on fait peser le poids de cette responsabilité sur les épaules des femmes. Société très misogyne, où elles sont encore parfois considérées comme des « machines à enfanter », elles n’ont pas le choix… La détresse de Lucie face à cela est palpable, elle ne supporte plus ce qu’on impose à son corps et affirme « qui touche à mon corps, je le tue ». Elle souhaite s’appartenir, tout simplement. Son mal-être est décrit de façon un peu surprenante parfois, mais passé cela, il se comprend aisément. Marie G (Marie-Louise Giraud, j’ai été touchée en m’apercevant que cette histoire est une histoire vraie), considérée comme un monstre par la société car elle aide les femmes à avorter. Elle sera condamnée à mort et je garde un moment en mémoire, celui de la nuit à la veille de son exécution. Elle rêve qu’elle est sur la plage avec ses enfants, qu’on l’accuse en réalité de négliger alors que c’est faux, et qu’elle ramasse des algues avec eux. Les voix des hommes venant la chercher pour l’exécution transpercent son sommeil. Et dans son sommeil, elle entend « madame, c’est l’heure » et se dit « c’est l’heure de quoi? De rentrer à la maison? ». Quand enfin, elle se réveille. Voila, ce passage m’a marqué, je l’ai trouvé vraiment touchant. Même le bourreau, Jules-Henri desfourneaux, est touchant. Forcé de tuer des résistants, il ne vit plus, il effectue juste ce travail qui se transmet de génération en génération. Comme tant d’homme à cet époque, il affirme n’avoir fait que suivre les ordres et cherche à éviter à tout prix la vue qu’un quelconque signe d’humanité sur le visage de ses victimes. J’ai trouvé une page parlant de lui sur wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules-Henri_Desfourneaux Un portrait d’un bourreau sans aucune forme d’accusation, un portrait d’un être humain avant tout.
Ce livre est petit mais très dense et je me rends compte que j’avais beaucoup à dire dessus. ^^ Une bonne lecture, émouvante et, personnellement, même s’il est vrai que certains passages sont assez choquants, je ne l’ai pas non plus trouvé glauque. Le sujet dont il traite est très noir, il est donc normal que l’ambiance soit pesante.
Le début est un peu perturbant, nous entrons dès lors dans le vif du sujet, l’écriture n’est pas toujours aisée à suivre et demande, au départ, de la concentration. La narration se fait tantôt à la troisième personne, tantôt à la première personne, et même, une fois, à la deuxième personne, ce qui m’a quelque peu perturbée. Cependant, une fois entré dans l’histoire, j’ai apprécié. Trois personnes en souffrance, opprimées par la société de l’époque, la France de Vichy, une France qui condamne à la peine capitale les communistes résistants et qui ne peut tolérer ces « faiseuses d’anges » qui, selon Pétain, sont responsables de la défaite de la France. Moins d’enfants, moins de soldats français. Et on fait peser le poids de cette responsabilité sur les épaules des femmes. Société très misogyne, où elles sont encore parfois considérées comme des « machines à enfanter », elles n’ont pas le choix… La détresse de Lucie face à cela est palpable, elle ne supporte plus ce qu’on impose à son corps et affirme « qui touche à mon corps, je le tue ». Elle souhaite s’appartenir, tout simplement. Son mal-être est décrit de façon un peu surprenante parfois, mais passé cela, il se comprend aisément. Marie G (Marie-Louise Giraud, j’ai été touchée en m’apercevant que cette histoire est une histoire vraie), considérée comme un monstre par la société car elle aide les femmes à avorter. Elle sera condamnée à mort et je garde un moment en mémoire, celui de la nuit à la veille de son exécution. Elle rêve qu’elle est sur la plage avec ses enfants, qu’on l’accuse en réalité de négliger alors que c’est faux, et qu’elle ramasse des algues avec eux. Les voix des hommes venant la chercher pour l’exécution transpercent son sommeil. Et dans son sommeil, elle entend « madame, c’est l’heure » et se dit « c’est l’heure de quoi? De rentrer à la maison? ». Quand enfin, elle se réveille. Voila, ce passage m’a marqué, je l’ai trouvé vraiment touchant. Même le bourreau, Jules-Henri desfourneaux, est touchant. Forcé de tuer des résistants, il ne vit plus, il effectue juste ce travail qui se transmet de génération en génération. Comme tant d’homme à cet époque, il affirme n’avoir fait que suivre les ordres et cherche à éviter à tout prix la vue qu’un quelconque signe d’humanité sur le visage de ses victimes. J’ai trouvé une page parlant de lui sur wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules-Henri_Desfourneaux Un portrait d’un bourreau sans aucune forme d’accusation, un portrait d’un être humain avant tout.
Ce livre est petit mais très dense et je me rends compte que j’avais beaucoup à dire dessus. ^^ Une bonne lecture, émouvante et, personnellement, même s’il est vrai que certains passages sont assez choquants, je ne l’ai pas non plus trouvé glauque. Le sujet dont il traite est très noir, il est donc normal que l’ambiance soit pesante.

Mounain- Grand expert du forum

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Re: [Goby,Valentine]Qui touche mon corps je le tue
Olala!!!!! comme je me sens petite en lisant vos appréciations,vous êtes vraiment des pros 


lalyre- Grand sage du forum

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