[Price, Richard] Ville noire, ville blanche
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Votre avis sur Ville noire, ville blanche
[Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Ville noire, ville blanche
de Richard Price

de Richard Price

Editeur 10/18
620 pages
4ème de couverture
Pour une lourde soirée de juin, une jeune femme blanche, les mains en sang, l'air hagard, traverse en titubant une zone d'immeubles lépreux, et se réfugie à l'hôpital. Faute de parvenir à lui faire raconter ce qui lui est arrivé, l'interne de garde aux urgences la confie à Lorenzo Council, inspecteur de police, et Noir, comme les adolescents qu'il s'efforce à la fois de contrôler et de protéger.
Vous pouvez dès à présent poster votre critique à la suite de ce post !
Dernière édition par alexielle63 le Ven 13 Aoû - 11:34, édité 1 fois (Raison : Ajout du sondage)
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
U
Dernière édition par mimi54 le Ven 1 Avr - 22:42, édité 1 fois
Invité- Invité
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
toujours aussi réactif même si tu as lachement déserté notre camp
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Mon avis :
D’abord ce titre … pourquoi « ville noire » en premier et une photo d’homme dont la peau est noire sur la couverture (sur mon édition), que veut transmettre l’auteur ? Et pourquoi pas « Ville noire ou blanche « ?
L’approche serait, à mon sens, différente …
Mettre un titre où le mot ville se retrouve en écho signifie pour moi, que dans l’idée de l’écrivain, il veut insister sur le fait qu’il y a bien deux entités, deux « villes » dans une, donc deux vies, deux fonctionnements, deux « mondes » que beaucoup de choses séparent …
« Je suis blanche, ils sont noirs. Ils sont noirs, je suis blanche. On est mutuellement l’autre. » page 529 de l’édition brochée.
Brenda est blanche, habite à la limite d’un quartier noir où elle fait du soutien scolaire.
Elle dit avoir eu un gros « souci » avec un homme noir. (Je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue).
Elle est interrogée par Lorenzo Council, « Big Daddy », noir, asthmatique, qui mène l’enquête et dont la vie n’est pas facile.
Jesse, journaliste, blanche a un rôle ambigu … elle recherche le scoop pour son journal …
On est dans la banlieue de New-York où les deux communautés (blanche et noire, noire et blanche) sont très proches l’une de l’autre.
La cité Armstrong, noire, va être encerclée, assiégée par les policiers blancs pour trouver le coupable.
On pourrait résumer le livre ainsi avec ces quelques lignes mais on passerait à côté de l’essentiel de sa richesse, à savoir une écriture nerveuse, rythmée à souhait (le rythme lent au départ (trop lent, on se dit parfois « mais il ne se passe rien ! »), s’accélère nettement dans la dernière partie) qui nous fait découvrir le climat qui entoure les tensions raciales. L’enquête n’est finalement qu’un prétexte, un fil conducteur pour nous ballotter au gré des interrogations qui surgissent devant nous. On voit tour à tour les différents personnages, torturés par leur passé, leur présent … On découvre des associations, des voisins, l’ambiance d’un quartier … les problèmes d’alcool, de drogue, de violence, les arrestations, la place des medias …
Mais pas uniquement … L’étude des personnages est faite toute en subtilité. J’ai beaucoup aimé, dans la troisième partie, Brenda qui explique sa relation avec son fils et la façon dont Lorenzo la questionne afin de la faire parler.
On se place tour à tour du point de vue de Lorenzo, noir, ou de celui de Jesse, blanche.
En lisant leurs remarques, leurs dialogues, leurs pensées, avec l’analyse précise des événements, l’auteur nous offre une découverte de New-York loin des strass et des paillettes, c’est même parfois douloureux car on voudrait leur dire :
« Nos différences sont nos richesses …. » Mais ils ont tant de mal à se comprendre, alors accepter les différences et s’en enrichir ….
Malgré tout, je mettrai un bémol, il me semble que ce livre aurait gagné à être plus vivant, plus visuel, plus rythmé. J’avais parfois envie que ça aille plus vite car il me semble que New-York est une ville qui bouge. Il est probable que l’auteur a souhaité nous montrer une face cachée de la ville, où la vie peut sembler moins trépidante mais où tout peut basculer très vite du fait des tensions mais cela m’a laissée un peu sur ma faim ….
C’est un bon livre et il ne faut pas être rebuté par son épaisseur ou par la longueur apparente de sa première partie (qui dure pour moi au moins les deux tiers du livre, c’est seulement après que j’ai eu l’impression que le livre « vivait »…..)
D’abord ce titre … pourquoi « ville noire » en premier et une photo d’homme dont la peau est noire sur la couverture (sur mon édition), que veut transmettre l’auteur ? Et pourquoi pas « Ville noire ou blanche « ?
L’approche serait, à mon sens, différente …
Mettre un titre où le mot ville se retrouve en écho signifie pour moi, que dans l’idée de l’écrivain, il veut insister sur le fait qu’il y a bien deux entités, deux « villes » dans une, donc deux vies, deux fonctionnements, deux « mondes » que beaucoup de choses séparent …
« Je suis blanche, ils sont noirs. Ils sont noirs, je suis blanche. On est mutuellement l’autre. » page 529 de l’édition brochée.
Brenda est blanche, habite à la limite d’un quartier noir où elle fait du soutien scolaire.
Elle dit avoir eu un gros « souci » avec un homme noir. (Je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue).
Elle est interrogée par Lorenzo Council, « Big Daddy », noir, asthmatique, qui mène l’enquête et dont la vie n’est pas facile.
Jesse, journaliste, blanche a un rôle ambigu … elle recherche le scoop pour son journal …
On est dans la banlieue de New-York où les deux communautés (blanche et noire, noire et blanche) sont très proches l’une de l’autre.
La cité Armstrong, noire, va être encerclée, assiégée par les policiers blancs pour trouver le coupable.
On pourrait résumer le livre ainsi avec ces quelques lignes mais on passerait à côté de l’essentiel de sa richesse, à savoir une écriture nerveuse, rythmée à souhait (le rythme lent au départ (trop lent, on se dit parfois « mais il ne se passe rien ! »), s’accélère nettement dans la dernière partie) qui nous fait découvrir le climat qui entoure les tensions raciales. L’enquête n’est finalement qu’un prétexte, un fil conducteur pour nous ballotter au gré des interrogations qui surgissent devant nous. On voit tour à tour les différents personnages, torturés par leur passé, leur présent … On découvre des associations, des voisins, l’ambiance d’un quartier … les problèmes d’alcool, de drogue, de violence, les arrestations, la place des medias …
Mais pas uniquement … L’étude des personnages est faite toute en subtilité. J’ai beaucoup aimé, dans la troisième partie, Brenda qui explique sa relation avec son fils et la façon dont Lorenzo la questionne afin de la faire parler.
On se place tour à tour du point de vue de Lorenzo, noir, ou de celui de Jesse, blanche.
En lisant leurs remarques, leurs dialogues, leurs pensées, avec l’analyse précise des événements, l’auteur nous offre une découverte de New-York loin des strass et des paillettes, c’est même parfois douloureux car on voudrait leur dire :
« Nos différences sont nos richesses …. » Mais ils ont tant de mal à se comprendre, alors accepter les différences et s’en enrichir ….
Malgré tout, je mettrai un bémol, il me semble que ce livre aurait gagné à être plus vivant, plus visuel, plus rythmé. J’avais parfois envie que ça aille plus vite car il me semble que New-York est une ville qui bouge. Il est probable que l’auteur a souhaité nous montrer une face cachée de la ville, où la vie peut sembler moins trépidante mais où tout peut basculer très vite du fait des tensions mais cela m’a laissée un peu sur ma faim ….
C’est un bon livre et il ne faut pas être rebuté par son épaisseur ou par la longueur apparente de sa première partie (qui dure pour moi au moins les deux tiers du livre, c’est seulement après que j’ai eu l’impression que le livre « vivait »…..)

Cassiopée- Modérateur
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Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
je rejoins les idées de Cassiopée dans le sens de la longueur et fadeur de l'intrigue d'une part mais aussi de l'attachement apporté aux trois principaux personnages selon moi, soit Lorenzo le policier, Brenda la "victime" et Jesse la journaliste. On s'attache à eux de par leur souffrance pour Brenda, l'amour de l'ordre pour Lorenzo et l'esprit d'indépendance de Jesse. Toutefois, ils ont un point commun : la solitude de leur vie.
Les thémes abordés sont toujours d'actualité. Ils démontrent la fragilité et la superficialité des apparences sociales face à des évènements qui font ressurgir les souffrances du passé dans l'histoire d'une population (point chaud de l'amérique). La paix ne tient que par un fil !! L,auteur aborde les difficultés des jeunes de banlieu, la perte de controle des adultes face à la violence sous jacente...
Malgré ces points positifs l'histoire est longue, longue, trop longue et si ca n'avait pas été le défi de la lecture commune j'avoue (bien humblement car je n'aime pas faire ça!!) que j'aurai laissé tomber avant la fin ...
Les thémes abordés sont toujours d'actualité. Ils démontrent la fragilité et la superficialité des apparences sociales face à des évènements qui font ressurgir les souffrances du passé dans l'histoire d'une population (point chaud de l'amérique). La paix ne tient que par un fil !! L,auteur aborde les difficultés des jeunes de banlieu, la perte de controle des adultes face à la violence sous jacente...
Malgré ces points positifs l'histoire est longue, longue, trop longue et si ca n'avait pas été le défi de la lecture commune j'avoue (bien humblement car je n'aime pas faire ça!!) que j'aurai laissé tomber avant la fin ...

BESMAR- Grand expert du forum

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Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit sur la longueur et la lenteur de l'intrigue. En fait, même, on peut presque dire que dans ce livre, côté polar : il ne se passe rien. Je me suis un peu ennuyée, j'attendais moi aussi du mouvement, du suspens et des rebondissements. Je n'ai rien trouvé de tout ça.
Mais par contre, j'ai trouvé l'écriture de Richard Price absolument superbe. Ses mots sont vraiment super bien choisis pour décrire ses personnages et ses situations. C'est très bien tourné, parlant et même poignant. Si seulement cette écriture avait été mise au service d'un scénario palpitant ! Quel dommage, car je pense que le talent littéraire de Price est grand. Il sait écrire, pas de doutes ! Mais écrire des polars...
J'ai, moi aussi, vraiment apprécié les détails sur les liens qu'entretiennent les personnages les uns avec les autres, comprendre le même événement de différents points de vue. Comment ils réfléchissent, sont fiers d'eux et l'instant d'après se méprisent presque. C'est ce qui nous arrive à tous, tous les jours, car on n'est pas noir ou blanc, dans le sens seulement bon ou seulement mauvais (n'est-ce pas aussi ce que peut signifier le titre ?). On est gris, aux prises avec des sentiments paradoxaux et ambivalents. C'est exactement comme ça que sont les personnages de Price : j'ai rarement trouvé protagonistes si réalistes sur le plan humain, d'autant que les situations dans lesquelles l'auteur choisit de les mettre sont complexes et conflictuelles (ce qui donne beaucoup de matière aux descriptifs de leur psychologie).
Dommage donc, que l'histoire ne soit pas à la hauteur de l'écriture. Vraiment très dommage !
Mais par contre, j'ai trouvé l'écriture de Richard Price absolument superbe. Ses mots sont vraiment super bien choisis pour décrire ses personnages et ses situations. C'est très bien tourné, parlant et même poignant. Si seulement cette écriture avait été mise au service d'un scénario palpitant ! Quel dommage, car je pense que le talent littéraire de Price est grand. Il sait écrire, pas de doutes ! Mais écrire des polars...
J'ai, moi aussi, vraiment apprécié les détails sur les liens qu'entretiennent les personnages les uns avec les autres, comprendre le même événement de différents points de vue. Comment ils réfléchissent, sont fiers d'eux et l'instant d'après se méprisent presque. C'est ce qui nous arrive à tous, tous les jours, car on n'est pas noir ou blanc, dans le sens seulement bon ou seulement mauvais (n'est-ce pas aussi ce que peut signifier le titre ?). On est gris, aux prises avec des sentiments paradoxaux et ambivalents. C'est exactement comme ça que sont les personnages de Price : j'ai rarement trouvé protagonistes si réalistes sur le plan humain, d'autant que les situations dans lesquelles l'auteur choisit de les mettre sont complexes et conflictuelles (ce qui donne beaucoup de matière aux descriptifs de leur psychologie).
Dommage donc, que l'histoire ne soit pas à la hauteur de l'écriture. Vraiment très dommage !

Cate- Membre connaisseur

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Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Je
Dernière édition par mimi54 le Ven 1 Avr - 22:43, édité 1 fois
Invité- Invité
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
J'ai eut beaucoup de mal avec la lecture de ce livre.
j'ai eut du mal à rentrer dans l'histoire, d'ailleurs j'ai fait une pause dans ma lecture,tellement je m'ennuyais.
j'ai trouvé cette lecture lente, sans rythme.
Les chapitres et les phrases parfois longues
la lecture devient un peu plus intéressante à partir de la troisième partie.
ce livre ne me laisseras pas un grand souvenir, dommage le sujet aurait pu être intéressant
j'ai eut du mal à rentrer dans l'histoire, d'ailleurs j'ai fait une pause dans ma lecture,tellement je m'ennuyais.
j'ai trouvé cette lecture lente, sans rythme.
Les chapitres et les phrases parfois longues
la lecture devient un peu plus intéressante à partir de la troisième partie.
ce livre ne me laisseras pas un grand souvenir, dommage le sujet aurait pu être intéressant
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
J'ai ajouté le sondage, n'hésitez pas à voter
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Lecture du moment: La Promesse des ténèbres de Maxime CHATTAM.

Cassiopée- Modérateur
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Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Tout d'abord, un grand merci à Cassiopée pour ce livre!
Dans ville noire, ville blanche, Richard Price nous plonge dans les Etats-Unis au lendemain de la ségrégation. Si les blancs et les noirs mangent désormais dans les mêmes restaurants et prennent les mêmes bus, il n'en demeure pas moins qu'ils sont bel et bien séparés. D'un côté, Gannon, la ville blanche, et de l'autre Dempsy, la ville noire. Dans la mentalité des gens, le racisme est omniprésent et la question de l'origine revient régulièrement lorsqu'un noir et un blanc parlent ensemble. C'est dans ce contexte que Brenda annonce à la police qu'un homme noir lui a volé sa voiture, avec son enfant à l'intérieur. Brenda, elle, n'est pas raciste. Sa mère déséspère même lorsqu'elle raconte qu'elle ne ramenait que des petits amis noirs chez elle. Les relations entre les noirs et les bancs sont parfaitement décrites. L'enlèvement du petit Cody ne passe pas inaperçu, la police de Gannon intervient dans Dempsy et est à l'origine de nombreuses bavures. Il faut un coupable, et Georges fera office de souffre-douleur. Les habitants de Dempsy se révoltent: si le petit garçon était noir, la police ne serait pas si présente. Rafik demande même à Lorenzo de choisir, il est soit noir soit bleu (policier). Etre un policier noir n'est pas chose aisée à cette époque. Les habitants de Dempsy cherchent déséspérement à obtenir l'égalité. Un parc est dédié à Martin Luther King ainsi qu'a Malcom X. Pourtant, si tous deux souhaitaient voir les noirs et les blancs égaux (encore que Malcom X souhaitait plutôt voir les noirs supérieurs aux blancs) ils n'en étaient pas moins radicalement différents, le premier étant pacifiste et le deuxième profondément violent. Peu importe la manière, les habitants veulent l'égalité.
Cependant, les noirs ne sont pas les seuls à être discriminés. Les femmes aussi. Les enfants de la cité disent "sa pétasse" pour dire "sa copine", ce qui en dit long sur les mentalités... De plus, lorsque Lorenzo apprend que Félicia se fait battre, il ne semble pas si choqué que cela et n'est pas pressé d'intervenir. Deux types de racismes sont donc dénoncés ici.
Côté personnages, je me suis rapidement attachée à Jesse, jeune journaliste ambitieuse mais, malgré elle, très sensible. Ainsi, elle s'attache très vite à Brenda et cherche à la protéger des autres journalistes. Au début, je ne savais pas trop si Jesse agissait par interêt professionnel ou par amitié, mais la suite nous montre sa sincérité. Tout au long de l'histoire, les journalistes sont tenus à l'écart, traités de vautours et, malheureusement, cette réputation a tendance à traverser les époques. Ils ne font que leur travail (très beau travail qui plus est), informer les gens, et doivent donc parfois farfouiller dans leur vie même si cela peut être douloureux.
J'ai apprécié le fait de pouvoir observer la société américaine de cette époque, de plonger dans l'univers de ses habitants de Dempsy et de Gannon. Les personnages sont subtilement décrits, ce qui permet de s'attacher à certains. Et je suis d'accord avec vous: Richard Price écrit très bien. Cependant, ce que je reproche à l'histoire, c'est la lenteur avec laquelle l'intrigue démarre. Il faut attendre environ 400 pages pour que l'histoire bouge enfin (lorsque Karen et ses amies entrent en scène pour rechercher l'enfant). Globalement, j'ai tout de même apprécié ce livre, mais je l'aurais encore plus apprécié sans cette lenteur.
Dans ville noire, ville blanche, Richard Price nous plonge dans les Etats-Unis au lendemain de la ségrégation. Si les blancs et les noirs mangent désormais dans les mêmes restaurants et prennent les mêmes bus, il n'en demeure pas moins qu'ils sont bel et bien séparés. D'un côté, Gannon, la ville blanche, et de l'autre Dempsy, la ville noire. Dans la mentalité des gens, le racisme est omniprésent et la question de l'origine revient régulièrement lorsqu'un noir et un blanc parlent ensemble. C'est dans ce contexte que Brenda annonce à la police qu'un homme noir lui a volé sa voiture, avec son enfant à l'intérieur. Brenda, elle, n'est pas raciste. Sa mère déséspère même lorsqu'elle raconte qu'elle ne ramenait que des petits amis noirs chez elle. Les relations entre les noirs et les bancs sont parfaitement décrites. L'enlèvement du petit Cody ne passe pas inaperçu, la police de Gannon intervient dans Dempsy et est à l'origine de nombreuses bavures. Il faut un coupable, et Georges fera office de souffre-douleur. Les habitants de Dempsy se révoltent: si le petit garçon était noir, la police ne serait pas si présente. Rafik demande même à Lorenzo de choisir, il est soit noir soit bleu (policier). Etre un policier noir n'est pas chose aisée à cette époque. Les habitants de Dempsy cherchent déséspérement à obtenir l'égalité. Un parc est dédié à Martin Luther King ainsi qu'a Malcom X. Pourtant, si tous deux souhaitaient voir les noirs et les blancs égaux (encore que Malcom X souhaitait plutôt voir les noirs supérieurs aux blancs) ils n'en étaient pas moins radicalement différents, le premier étant pacifiste et le deuxième profondément violent. Peu importe la manière, les habitants veulent l'égalité.
Cependant, les noirs ne sont pas les seuls à être discriminés. Les femmes aussi. Les enfants de la cité disent "sa pétasse" pour dire "sa copine", ce qui en dit long sur les mentalités... De plus, lorsque Lorenzo apprend que Félicia se fait battre, il ne semble pas si choqué que cela et n'est pas pressé d'intervenir. Deux types de racismes sont donc dénoncés ici.
Côté personnages, je me suis rapidement attachée à Jesse, jeune journaliste ambitieuse mais, malgré elle, très sensible. Ainsi, elle s'attache très vite à Brenda et cherche à la protéger des autres journalistes. Au début, je ne savais pas trop si Jesse agissait par interêt professionnel ou par amitié, mais la suite nous montre sa sincérité. Tout au long de l'histoire, les journalistes sont tenus à l'écart, traités de vautours et, malheureusement, cette réputation a tendance à traverser les époques. Ils ne font que leur travail (très beau travail qui plus est), informer les gens, et doivent donc parfois farfouiller dans leur vie même si cela peut être douloureux.
J'ai apprécié le fait de pouvoir observer la société américaine de cette époque, de plonger dans l'univers de ses habitants de Dempsy et de Gannon. Les personnages sont subtilement décrits, ce qui permet de s'attacher à certains. Et je suis d'accord avec vous: Richard Price écrit très bien. Cependant, ce que je reproche à l'histoire, c'est la lenteur avec laquelle l'intrigue démarre. Il faut attendre environ 400 pages pour que l'histoire bouge enfin (lorsque Karen et ses amies entrent en scène pour rechercher l'enfant). Globalement, j'ai tout de même apprécié ce livre, mais je l'aurais encore plus apprécié sans cette lenteur.
Dernière édition par Mounain le Ven 13 Aoû - 13:05, édité 2 fois

Mounain- Grand expert du forum

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Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Cassiopée a écrit:]Mon avis :
D’abord ce titre … pourquoi « ville noire » en premier et une photo d’homme dont la peau est noire sur la couverture (sur mon édition), que veut transmettre l’auteur ? Et pourquoi pas « Ville noire ou blanche « ?
L’approche serait, à mon sens, différente …
Mettre un titre où le mot ville se retrouve en écho signifie pour moi, que dans l’idée de l’écrivain, il veut insister sur le fait qu’il y a bien deux entités, deux « villes » dans une, donc deux vies, deux fonctionnements, deux « mondes » que beaucoup de choses séparent …
«
Cassiopée, un auteur ne choisit pas obligatoirement le titre de son roman. Il peut être choisi par l'éditeur, pour des fins commerciales, plus attirant que celui proposait initialement par son auteur.
J'ai lu également ce livre, je rejoindrais certains avis, une lenteur au début du livre. J'attribue ce livre à une chronique sociale, L’auteur détourne un tragique fait divers pour se pencher sur ses conséquences sur la vie d’une banlieue de New York, sur les rapports entre les différents peuples de cette communauté. Le tout sans réel parti pris.
D’un coté, la communauté blanche à l’abri dans sa cité, de l’autre, un ghetto noir. Au milieu, un parc, ligne de séparation entre les deux clans, une limite infranchissable qui sera bafouée et piétinée. Au loin, Manhattan et la richesse qui semblent narguer la cité.
la description de ces deux peuples "noirs et blancs " s'affrontent dans la violence.
N'est-ce pas encore d'actualité ?
Re: [Price, Richard] Ville noire, ville blanche
Astazie a écrit:
Cassiopée, un auteur ne choisit pas obligatoirement le titre de son roman. Il peut être choisi par l'éditeur, pour des fins commerciales, plus attirant que celui proposait initialement par son auteur.
Oui, le titre n'appartient pas toujours à l'auteur.
Un point commun apparaît dans nos critiques: la lenteur et aussi le fait que l'enquête n'est qu'un prétexte...

Cassiopée- Modérateur
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