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[Bauchau, Henry] Déluge

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[Bauchau, Henry] Déluge

Message par Michel33 le Dim 5 Sep 2010 - 17:17

DÈLUGE
Henry BAUCHAU
Roman français XXiè siècle
Actes Sud
170 pages
ISBN978-2-7427-8989-4
Prix : 18 €




4è de couverture
C'est dans un petit port du Sud de la France où elle s'est installée pour raison de santé, que Florence fait la connaissance de Florian. Peintre vieillissant, instable, réputé fou et pyromane, il n'aime rien tant que brûler et voir se consumer ses propres dessins.
Encouragée par la psychiatre qui le "suit" de loin, Florence accepte de se mettre à son service. Et bientôt se forme autour d'eux, et de l'atelier aménagé pour l'artiste, un petit cercle d'amitié...
Peindre le déluge - et peut-être le livrer aux flammes - tel est le grand rêve que projette Florian. De jour en jour, de mois en mois, il entraîne ses compagnons dans la folle entreprise de ce tableau démesuré qui les requiert corps et âme, qui les épuise et pourtant les transcende. Car cette oeuvre est comme notre monde traversée par la violence des siècles, par le désastre et la splendeur d'une humanité toujours renaissante.
L'art de la folie, le rêve et le délire, la vulnérabilité et l'inépuisable nécessité de créer, tels sont quelques uns des chemins qu'Henry Bauchau propose à notre réflexion, et qu'il illumine d'une écriture aussi profonde que d'une magnifique fluidité.

Remarque
C'est le dernier livre de l'auteur, presque centenaire, paru en 2009. Mais il y est toujours aussi vigoureux et passionnant. Car c'est une histoire de passion, d'amour et de folie mue par une incroyable énergie.

Mon "ressenti"
Il ne s'est pas écoulé beaucoup de pages pour que je sois saisi par l'atmosphère que l'auteur a créée. Entré très vite dans l'histoire, j'ai été emporté par le tourbillon de ces forces de l'inconscient tout à la fois destructrices et fécondes, tant Henri Bauchau sait utiliser les mots et les phrases pour faire passer les émotions et le vécu de Florian, Florence et les autres.
Toutes les pages parlant de la création de la fresque gigantesque que Florian réalise avec le concours de Florence et de leurs amis est d'une densité remarquable.
En lisant ce livre (et en le relisant) on découvre qu'il nous ouvre des portes sur l'inconnu qui est en chacun de nous.
Un livre que j'emporterais sur une île déserte avec quelques autres de Bauchau, d'ailleurs. J'en parlerai peut-être un jour si certains d'entre nous sont intéressés.







Dernière édition par Michel33 le Lun 6 Sep 2010 - 10:13, édité 1 fois
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Re: [Bauchau, Henry] Déluge

Message par Invité le Dim 5 Sep 2010 - 19:31

Un tourbillon, c'est un peu l'effet que me fait le résumé que je viens de lire. Je ne connais pas du tout cet auteur mais je pense noter ce livre dans ma LAL pour en savoir davantage.

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Re: [Bauchau, Henry] Déluge

Message par Michel33 le Lun 6 Sep 2010 - 10:30

Henry Bauchau est un auteur d'origine belge, vivant actuellement à Louveciennes. Psychanalyste de formation, il est à la fois romancier, poète et dramaturge. Avant "Déluge", il avait écrit "Le boulevard périphérique" qui est un parallèle saisissant entre deux êtres (un ami de jeunesse et sa bru) qui chemineront tous deux vers la mort avec, en contre-point en quelque sorte, des entretiens du narrateur avec le bourreau (lui aussi mourant) qui a été témoin de la mort de cet ami. Mais il n'y a absolument rien de morbide, dans ce livre. Au contraire, il en émane une certaine lumière.
D'autre part, Henry Bauchau a également écrit deux romans remarquables : "Oedipe sur la route" et "Antigone".
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Re: [Bauchau, Henry] Déluge

Message par Libellule le Jeu 13 Oct 2016 - 7:44

C'est le livre de Bauchau que j'ai aime le plus.
Je pense qu'il n'y a pas de mal a partager ce que j'ai deja ecrit scratch ...

Deluge

sur Evene:
par Thomas Flamerion
Citation :Ca commence un peu comme un roman d’un autre temps. Les prénoms, les usages, les conversations proprettes... A tel point que s’il n’explorait pas plus avant l’univers des écrits récents d’Henry Bauchau, on pourrait croire à une oeuvre de jeunesse, tendre et surannée. Mais l’histoire d’une obsédante relation entre une femme rongée par la maladie - le cancer, sans doute, mais il ne sera jamais cité - et un vieil artiste fou prolonge la réflexion de l’auteur sur la vieillesse, la souffrance, la filiation. Et le feu qui consume peu à peu ce nouveau récit est le même qui nourrit son infatigable créativité.
Son personnage, Florian, brûle ses toiles parce que l’enthousiasme qu’elles suscitent le dégoûte. Mais l’influence de l’artiste pyromane sur son entourage dépasse vite la stupéfaction qu’il suscite. En oeuvrant de concert sur la toile monumentale qui figure le Déluge supposé maîtriser son brasier intérieur, Florence, son assistante improvisée et Simon le mécanicien trouveront le courage de se libérer des entraves qui les ceignent. Recourant toujours à l’imaginaire mythologique, aux figures allégoriques, l’écrivain déploie la métaphore de l’art guérisseur et de la transmission inter-générationnelle. Excessivement symbolique parfois, le livre trouve sa force dans la double composition qui s’y opère. Henry Bauchau, lui-même peintre et écrivain, marie l’évolution du travail pictural avec le mouvement narratif dans un rare équilibre dramatique. A mesure que Florian étire les couleurs sur la toile, que la tentation du feu se ravive, les rapports entre ses aides évoluent, sa vie tumultueuse se raconte, levant le voile sur une belle générosité masquée par la défiance. Et si la douleur, en se retirant, laisse place à d’autres tourments, c’est qu’Henry Bauchau ne croit pas tant au miracle qu’aux vertus de l’amour et de l’art. Pour atténuer, le temps d’un mirage, les rugosités de l’existence qui toujours reparaissent.
Mon avis - a suivre
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Re: [Bauchau, Henry] Déluge

Message par Libellule le Jeu 13 Oct 2016 - 7:49

Mon avis sur Deluge:

Ce livre ressemble a un conte, a un tableau de génie, de petit format, mais l’œil du visiteur ne se lasse pas de decouvrir les détails. Une miniature, mais oeuvre de geant.

Il y a Florian, le peintre fou et pyromane, épuisé et marqué par l'âge. Il est célèbre. Le moindre de ses gribouillis, signé ou pas, vaut une fortune. Florence, femme nantie de diplômes, est professeur dans une grande école. Elle est surtout très malade et ne pense pas pouvoir s'en sortir. Son amie Margot la décide à venir la retrouver dans le Sud. C'est à l'occasion d'une promenade que Florian et Florence se rencontrent sur le port. C'est une de ces rencontres qui vous change la vie dans tous les sens du terme.
Florian fait immédiatement confiance à Florence. Cette dernière a su de suite trouver les mots pour l'empêcher de brûler ses dessins, le mettre en confiance, à se lancer dans une œuvre d'envergure. Nul ne sait, et surtout pas le peintre pyromane, quelle sera cette œuvre, ce qu'elle exprimera. Mais ensemble, ils vont s'immerger totalement, jusqu'à l'épuisement parfois, dans cette création. Déluge, l'œuvre de Florian est inspirée de l'histoire de Noé et de son arche. Elle est peut être la dernière, celle qu'il ne brûlera peut être pas.

Il y a donc Florian, Florence mais aussi Simon qui a fait de la prison et des études à l'Académie de peinture. Simon travaille avec Albert sur le port. A leur façon, les deux hommes, ainsi que les deux amies de Florence, vont jouer aussi un rôle auprès du peintre fou.

Comme le dit si bien Albert : Florian, "il n'a rien fait de mal, mais il fait mal; il fait mal aux gens. Ils voient qu'ils sont cons." Parce qu'il n'est plus dans le système.

Florian le dit lui-même : "Il me semble que depuis lors je n'ai d'ailleurs plus jamais rien compris à ce qui se passe dans le monde des autres."

Comme un électron si libre que l'on ne peut plus le contrôler. Mais pourquoi vouloir à tout pris le contrôler ? S'il veut brûler ses dessins, ses peintures, il en a le droit.

Déluge est une histoire captivante sur la guérison physique et psychologique par l'art, par les rencontres qu'il occasionne avec d'autres personnes. La peinture, le jeu des couleurs. Sur la volonté de sortir des systèmes où la société nous enferme. L'art pour sortir de tout ce qui nous fait peur, nous étouffe : la peur des autres, la maladie, les traces d'un passage en prison, la peur de l'amour auquel on ne croit plus.
O bruit doux de la pluie par terre et sur les toits. Faire entendre la pluie, c'est possible en peinture ?
Essaie.
Florian, un peu âgé si fatigué un moment et puis si énergique, puissant l'instant d'après tant il est concentrer sur les couleurs, sur sa peinture. Florian, celui qui pousse à oser peindre le bruit de la pluie, à oser croire à une nouvelle vie; qui vous guérir de vos frayeurs les plus profondes alors que lui même est si touché par ailleurs.
Que de vagues fait ce Florian qui ne dit rien, qui s'enfuit, qui dort et qui pèse tellement sur nos vies.
Florian, cet être solaire que peu de personnes comprend tant il est habité par son art, par son génie, par ses peurs si ancrées. Sa rencontre avec le Docteur Hellé a été cruciale. Ce médecin l'a porté, soutenu, l'a totalement pris en charge, comme mis sous une bienveillante tutelle, incité sans jamais le forcer à s'exprimer encore et encore par la peinture et le dessin. Mais Hellé suit l'aventure de la grande oeuvre depuis Paris. Florence, Margot, Antoinette, Simon, Albert, sans oublier l'enfant Jerry, sont ses relais sur place auprès de Florian. Tous vont être marqués par cette rencontre.

Déluge est une histoire captivante, vivante, intense. On a presque l'impression d'être dans l'atelier avec Florian, Florence et Simon. L'impression de faire partie de la bande des trois. Il ne manque plus que d'avoir un pinceau à la main pour ajouter sa petite touche personnelle à l'immense toile.

Quel régal de retrouver le style si particulier de H. Bauchau. Cette écriture de paix ! Une écriture apaisante, d'une douceur toujours présente dans les mots, dans le rythme des phrases, même pour décrire un moment violent, intense comme une crise de Florian ou une montée d'inquiétude chez Florence ou la colère chez Simon.

Déluge est une de ces histoires qui vous emportent, vous font du bien, vous enveloppent pour un long moment bien après votre lecture. Elle confirme encore le talent de l'auteur à partager l'ouverture de l'autre malgré sa « folie ». Et qu'au sujet des êtres il faut comme en peinture ou autre forme d'expression, apprendre à regarder autrement. La richesse pour les autres et pour soi est si proche. Il suffit d'oser malgré ses peurs.

A lire et à relire car il y a encore tant à découvrir, à partager dans ces lignes.

Extrait:
L'après-midi, après la sieste de Florian, nous nous retrouvons dans l'atelier. Nous nous asseyons et Florian regarde en silence les grandes toiles blanches de dimensions différentes qui sont accrochées au mur. Il n'a pas encore choisi celle qu'il va peindre. Il reste là un très long moment à regarder, à regarder ce rien, à être heureux d'une certaines façon, car nous sommes heureux, tous les deux, sa main posée sur mon bras. Est-ce que c'est ça qu'il appelle me connaître ? Est-ce que c'est cela que je lui ai demandé lorsque je lui ai dit : « Vous ne me connaissez pas. »
Ensuite il y a le moment où il m'amène devant une toile blanche. J'ai l'impression qu'il me traîne là, il me donne des pinceaux, des couleurs et je peins. Il reste près de moi, tenant mon bras gauche dans sa main. Après un certain temps je sens que ce bras qui m'assure, qui me rassure, qui m'apporte je ne sais quelle force, est celui d'un homme épuisé, heureux, parfois merveilleusement heureux et désespéré toujours. Alors comme lui, contre lui, je pose des couleurs dérisoires et puissantes sur une immensité qu'il s'agit de perforer et qui doit être la mort. Quand Florian s'éloigne, que son bras n'est plus sur le mien, la colère me saisit et je l'achève par un acte de violence. Il m'arrive parfois de penser que comme lui j'aimerais brûler ma toile, mais ce serait son geste à lui, pas le mien. Je ne vais pas l'imiter, je ne suis pas son élève, sa disciple, il détesterait ça. Il m'aime beaucoup. C'est la seule chose dont je sois sûre dans cette aventure. Qui sera brève comme tout le reste, qui finira sur un lit d'hôpital. Je sais, je sais comment. Je connais bien les hôpitaux. Lui aussi, mais pas les mêmes.
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Re: [Bauchau, Henry] Déluge

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