Le double [Dostoievski, Fedor]
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Votre avis sur "Le double"
Le double [Dostoievski, Fedor]

Genre : Roman classique
Editions : Folio
ISBN : 978-2-070372270
288 pages
Quatrième de couverture :
Le héros de notre récit entra tout hagard dans son logement ; sans quitter ni manteau ni chapeau, il traversa le couloir et, comme frappé de la foudre, s'arrêta sur le seuil de sa chambre. L'inconnu était assis devant lui, en manteau et chapeau lui aussi, sur son propre lit, souriant légèrement, et, clignant un peu des yeux, il le saluait amicalement de la tête. M. Goliadkine voulut crier mais ne put et il se laissa tomber sur une chaise presque évanoui d'épouvante. Et à vrai dire il y avait de quoi. M. Goliadkine avait tout à fait reconnu son nocturne compagnon. Son nocturne compagnon n'était autre que lui-même, M. Goliadkine lui-même, un autre M. Goliadkine, mais tout à fait identique à lui-même ; en un mot ce qui s'appelle son double sous tous les rapports...
Mon avis :
Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé, mais j’ai dû me plonger dans la préface pour comprendre quel pouvait être le propos de l’auteur en écrivant ce livre.
Sa lecture est en effet difficile, et à plus d’un titre.
Le double relate la plongée d’un petit fonctionnaire russe, Jacob Peitrovith Goliadkine, dans les affres de la schyzophrénie paranoïaque. Les conversations sont donc incohérentes, souvent absurdes ou unilatérales, et cette confusion ne facilite pas la tâche du lecteur.
De plus, l’auteur est russe, ce qui n’est pas un mince handicap. En effet, un Russe qui se respecte possède trois noms, sans compter les éventuels surnoms ou diminutifs, et ces noms peuvent être utilisés séparément tout au long du récit. Le héros du Double s’appelle ainsi Jacob (son prénom), Pietrovith («le fils de Pierre»), et Goliadkine (son nom patronymique). Comme le disait mon ancienne prof de russe : « La littérature russe n’est pas compliquée parce qu’il y a trop de personnages. La littérature russe est compliquée parce que chaque personnage a douze noms différents... »
.
Enfin, le style proprement dit est très riche, avec des phrases longues et des tournures recherchées.
C'est parfois très plaisant car cela permet de saisir parfaitement le ressenti de l’auteur. La description de Goliadkine se rendant au bal dans ses vêtements trop neufs, son équipage loué, avec une arrogance fébrile, fait admirablement ressortir son caractère à la fois ridicule et pathétique, encore souligné par l’insistance grossière de l’auteur à ne le désigner que par les termes «notre héros». La description du bal lui-même, avec sa «compagnie admirable», ces «gens d’un goûr parfait», nous brosse subtilement un tableau caustique de cette compagnie de fonctionnaires imbus d’eux-même jusqu’au délire.
A d’autres moments, ce style si détaillé devient plus pesant, et on peine à aller jusqu’au bout de la page.
Pour ce qui est du propos en tant que tel, la chute d’un esprit sain vers une folie auto-destructrice, il est résolument en avance sur une époque où les désordres psychiatriques étaient peu connus et leurs victimes rangées dans distinction sous l’épithète de «fous». Difficile pour nous, comme pour notre héros, de faire la part entre réalité et délire, entre jumeau bien vivant et double personnalité, entre complots réels et paranoïa.
Critique éclairée de la société étriquée et protocolaire de son époque, descente dans les arcanes de la folie humaine, ce livre assez court mérite assurément quelques efforts.
Sa lecture est en effet difficile, et à plus d’un titre.
Le double relate la plongée d’un petit fonctionnaire russe, Jacob Peitrovith Goliadkine, dans les affres de la schyzophrénie paranoïaque. Les conversations sont donc incohérentes, souvent absurdes ou unilatérales, et cette confusion ne facilite pas la tâche du lecteur.
De plus, l’auteur est russe, ce qui n’est pas un mince handicap. En effet, un Russe qui se respecte possède trois noms, sans compter les éventuels surnoms ou diminutifs, et ces noms peuvent être utilisés séparément tout au long du récit. Le héros du Double s’appelle ainsi Jacob (son prénom), Pietrovith («le fils de Pierre»), et Goliadkine (son nom patronymique). Comme le disait mon ancienne prof de russe : « La littérature russe n’est pas compliquée parce qu’il y a trop de personnages. La littérature russe est compliquée parce que chaque personnage a douze noms différents... »
Enfin, le style proprement dit est très riche, avec des phrases longues et des tournures recherchées.
C'est parfois très plaisant car cela permet de saisir parfaitement le ressenti de l’auteur. La description de Goliadkine se rendant au bal dans ses vêtements trop neufs, son équipage loué, avec une arrogance fébrile, fait admirablement ressortir son caractère à la fois ridicule et pathétique, encore souligné par l’insistance grossière de l’auteur à ne le désigner que par les termes «notre héros». La description du bal lui-même, avec sa «compagnie admirable», ces «gens d’un goûr parfait», nous brosse subtilement un tableau caustique de cette compagnie de fonctionnaires imbus d’eux-même jusqu’au délire.
A d’autres moments, ce style si détaillé devient plus pesant, et on peine à aller jusqu’au bout de la page.
Pour ce qui est du propos en tant que tel, la chute d’un esprit sain vers une folie auto-destructrice, il est résolument en avance sur une époque où les désordres psychiatriques étaient peu connus et leurs victimes rangées dans distinction sous l’épithète de «fous». Difficile pour nous, comme pour notre héros, de faire la part entre réalité et délire, entre jumeau bien vivant et double personnalité, entre complots réels et paranoïa.
Critique éclairée de la société étriquée et protocolaire de son époque, descente dans les arcanes de la folie humaine, ce livre assez court mérite assurément quelques efforts.
Ma note : 8/10

Saphyr- Grand sage du forum

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Re: Le double [Dostoievski, Fedor]
Dostoïevski était comme moi, passionné par l'anthropologie criminelle et les troubles cérébraux... donc je vais ajouter ce livre sur ma LAL...

kokhaba- Membre connaisseur

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