[Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Page 2 sur 2 • Partager •
Page 2 sur 2 •
1, 2
Avez -vous apprécié ce livre?
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Merci Mimi, ça donne envie de le lire...en général on n'est pas déçu par cet auteur. Petite curiosité, c'est où le Merle Blanc? je suis née à Nancy mais je ne connais pas, elle existe encore cette pâtisserie?

stella- Apprenti

-

Nombre de messages: 76
Age: 34
Localisation: NICE
Emploi/loisirs: prof d'italien. Mes loisirs: lecture, cinéma,théâtre, équitation
Genre littéraire préféré: roman
Date d'inscription: 29/05/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
stella a écrit:Merci Mimi, ça donne envie de le lire...en général on n'est pas déçu par cet auteur. Petite curiosité, c'est où le Merle Blanc? je suis née à Nancy mais je ne connais pas, elle existe encore cette pâtisserie?
Le merle blanc, c'était un salon de Thé, rue St Jean, juste au point central.....hélas il fermé il y a quelques années, c'était une institution, à droite en regardant vers la division de fer...... pour ceux qui connaissent, juste à l'arrêt du bus......alors en rentrant de l'école, je salivais devant la vitrine.......et parfois
Invité- Invité
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Ah....dommage! j'y serais bien allée ;-)

stella- Apprenti

-

Nombre de messages: 76
Age: 34
Localisation: NICE
Emploi/loisirs: prof d'italien. Mes loisirs: lecture, cinéma,théâtre, équitation
Genre littéraire préféré: roman
Date d'inscription: 29/05/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Lecture en cours
maribalt- Membre assidu

-

Nombre de messages: 208
Age: 49
Localisation: champagne
Emploi/loisirs: lecture, couture, chats
Genre littéraire préféré: un peu de tout
Date d'inscription: 24/10/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Un livre magnifique, merci Mimi de me l'avoir fait découvrir
maribalt- Membre assidu

-

Nombre de messages: 208
Age: 49
Localisation: champagne
Emploi/loisirs: lecture, couture, chats
Genre littéraire préféré: un peu de tout
Date d'inscription: 24/10/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
maribalt a écrit:Un livre magnifique, merci Mimi de me l'avoir fait découvrir
je l'avais proposé pour la lecture commune.........personne n'en a voulu, et pourtant.........
Invité- Invité
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Je viens de le terminer! C'est un beau roman, très bien écrit, plein de poésie et d'émotions. Certains passages sont poignants, comme lorsque le narrateur se rappelle avoir "torturé" sa mère pour qu'elle lui dise ce qu'il voulait tant savoir.
J'ai bien aimé également le "double visage" des personnages secondaires: Bransu, le chauffeur de bus,qui se veut philosophe à ses heures, le curé qui dénonce l'hypocrisie des cérémonies funèbres.
Je cite quelques passages qui m'ont touchée pour mettre l'eau à la bouche des futurs lecteurs:
"L'espoir a cédé à la mélancolie.Les couleurs se fanent, comme les joues et les rires. Je ne peux recueillir les fleurs jadis entr'aperçues".
" Ma morne existence ponctuée par un travail des plus communs ne m'a jamais habitué à pareil tourbillon. Je me surprenais à revenir en arrière, dans ma vie et mes souvenirs, moi qui m'étais fait serment de ne poser mon regard que vers l'avant des choses,
leurs promesses".
"Les années ont roulé comme des gouttes d'eau sur une vitre. Elles m'ont usé sans me satisfaire. Je me suis bien souvent endormi sur de vieux rêves morts. On ne devrait jamais juger les autres".
"Les coquillages, quand ils se blessent dans la mer, pour calmer leur blessure et la guérir, ils font de belles perles tout autour, des perles toutes moirées, de vrais trésors qui possèdent le souvenir, la mémoire de la blessure... Eh bien nous autres les hommes, quand on se blesse, ou qu'on blesse quelqu'un, nos perles à nous ce sont les regrets, on se fabrique de beaux regrets"
J'ai bien aimé également le "double visage" des personnages secondaires: Bransu, le chauffeur de bus,qui se veut philosophe à ses heures, le curé qui dénonce l'hypocrisie des cérémonies funèbres.
Je cite quelques passages qui m'ont touchée pour mettre l'eau à la bouche des futurs lecteurs:
"L'espoir a cédé à la mélancolie.Les couleurs se fanent, comme les joues et les rires. Je ne peux recueillir les fleurs jadis entr'aperçues".
" Ma morne existence ponctuée par un travail des plus communs ne m'a jamais habitué à pareil tourbillon. Je me surprenais à revenir en arrière, dans ma vie et mes souvenirs, moi qui m'étais fait serment de ne poser mon regard que vers l'avant des choses,
leurs promesses".
"Les années ont roulé comme des gouttes d'eau sur une vitre. Elles m'ont usé sans me satisfaire. Je me suis bien souvent endormi sur de vieux rêves morts. On ne devrait jamais juger les autres".
"Les coquillages, quand ils se blessent dans la mer, pour calmer leur blessure et la guérir, ils font de belles perles tout autour, des perles toutes moirées, de vrais trésors qui possèdent le souvenir, la mémoire de la blessure... Eh bien nous autres les hommes, quand on se blesse, ou qu'on blesse quelqu'un, nos perles à nous ce sont les regrets, on se fabrique de beaux regrets"

stella- Apprenti

-

Nombre de messages: 76
Age: 34
Localisation: NICE
Emploi/loisirs: prof d'italien. Mes loisirs: lecture, cinéma,théâtre, équitation
Genre littéraire préféré: roman
Date d'inscription: 29/05/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Je me le note.
Merci Mimi. J'en ai deja beaucoup mais pas celui là
Merci Mimi. J'en ai deja beaucoup mais pas celui là

Christiane 38- Grand expert du forum

-

Nombre de messages: 606
Age: 74
Localisation: Woluwé Saint Pierre. Bruxelles.
Emploi/loisirs: Retraitée,couture,théâtre, jardinage,dessin.
Genre littéraire préféré: Histoire,romans (sauf Science Fiction et Fantasy) Fantasy
Date d'inscription: 06/09/2010
Re: [Claudel, Philippe] Quelques uns des cent regrets
Voici ma petite pierre à ce bel édifice :
16 ans sans revenir sur les lieux de son enfance et de son adolescence. 16 ans qu’il a chassé sa mère de sa vie. Maintenant, 16 ans après, il va assister à son enterrement. Tout lui revient, surtout le secret de sa naissance « je suis né dans un très jeune ventre de seize ans … j’ai fait sombrer une enfant dans le monde des mères. Ma venue l’a fait glisser dans la nuit. La nuit de l’abandon et de l’étroite amertume.
La note de couleur est apportée par la robe aux cerises : « Elle était vêtue d’une robe que je connaissais bien, petite robe d’été aux motifs bouquets de cerises dont elle était jadis si fière », comme ce tableau, dont j’ai tout oublié, sauf cette trouée de lumière sous l’orage. Et bien, cette robe c’est cela : une trouée de bonheur dans la grisaille.
Philippe Claudel, tout en retenue et mélancolique nous parle des liens filiaux, de toutes nos lâchetés, le tout sans pathos. Sa description des personnages secondaires, de ces paumés, l’hôtelier, le curé de la paroisse, nous les rend aimable. Par leur intermédiaire, il nous interpelle. Dure question que pose le curé : « Demandez-vous pourquoi votre mère est morte ! Cette question n’a cessé de me tarauder, une fois les draps tirés sur mes épaules et ma journée d’errance » Et Jos, l’hôtelier ruiné et alcoolique de lui sortir cette belle parabole : Et bien nous autres les hommes, quand on se blesse, ou qu’on blesse quelqu’un, nos perles à nous ce sont les regrets, on se fabrique de beaux regrets, et dans une vie, qu’on soit prince, cordonnier ou sénateur, nos regrets sont écrits sur un grand livre, un superbe livre avec beaucoup d’or et d’enluminures, Le livre des dettes qu’il s’appelle, ils sont écrits et comptés, et chaque fois qu’un regret est écrit, on pleure, on souffre en pensant à lui, mais ça nous donne la force d’aller vers le suivant, et ainsi se passe la vie, de regret en regret, comme un saute-mouton, la vie dans laquelle nous avons cent regrets, pas un de plus, pas un de moins, on peut faire des pieds et des mains, on n’aura jamais droit à plus de cent regrets. »
Le narrateur revient dans son village alors que l’inondation gagne du terrain et enserre le petit village. Est-ce une image, une métaphore, mais la crue enfle et inonde une grande partie du village jusqu’à l’enterrement de sa mère et, lorsqu’il accepte de ne pas ouvrir l’enveloppe, où elle a écrit : « Voilà ce que tu voulais tans savoir » la décrue arrive.
Une ode à l’amour maternel, un livre tout en délicatesse que j’ai beaucoup aimé lire et qui aura une place de choix dans ma bibliothèque, comme tous les autres livres de Philippe Claudel
16 ans sans revenir sur les lieux de son enfance et de son adolescence. 16 ans qu’il a chassé sa mère de sa vie. Maintenant, 16 ans après, il va assister à son enterrement. Tout lui revient, surtout le secret de sa naissance « je suis né dans un très jeune ventre de seize ans … j’ai fait sombrer une enfant dans le monde des mères. Ma venue l’a fait glisser dans la nuit. La nuit de l’abandon et de l’étroite amertume.
La note de couleur est apportée par la robe aux cerises : « Elle était vêtue d’une robe que je connaissais bien, petite robe d’été aux motifs bouquets de cerises dont elle était jadis si fière », comme ce tableau, dont j’ai tout oublié, sauf cette trouée de lumière sous l’orage. Et bien, cette robe c’est cela : une trouée de bonheur dans la grisaille.
Philippe Claudel, tout en retenue et mélancolique nous parle des liens filiaux, de toutes nos lâchetés, le tout sans pathos. Sa description des personnages secondaires, de ces paumés, l’hôtelier, le curé de la paroisse, nous les rend aimable. Par leur intermédiaire, il nous interpelle. Dure question que pose le curé : « Demandez-vous pourquoi votre mère est morte ! Cette question n’a cessé de me tarauder, une fois les draps tirés sur mes épaules et ma journée d’errance » Et Jos, l’hôtelier ruiné et alcoolique de lui sortir cette belle parabole : Et bien nous autres les hommes, quand on se blesse, ou qu’on blesse quelqu’un, nos perles à nous ce sont les regrets, on se fabrique de beaux regrets, et dans une vie, qu’on soit prince, cordonnier ou sénateur, nos regrets sont écrits sur un grand livre, un superbe livre avec beaucoup d’or et d’enluminures, Le livre des dettes qu’il s’appelle, ils sont écrits et comptés, et chaque fois qu’un regret est écrit, on pleure, on souffre en pensant à lui, mais ça nous donne la force d’aller vers le suivant, et ainsi se passe la vie, de regret en regret, comme un saute-mouton, la vie dans laquelle nous avons cent regrets, pas un de plus, pas un de moins, on peut faire des pieds et des mains, on n’aura jamais droit à plus de cent regrets. »
Le narrateur revient dans son village alors que l’inondation gagne du terrain et enserre le petit village. Est-ce une image, une métaphore, mais la crue enfle et inonde une grande partie du village jusqu’à l’enterrement de sa mère et, lorsqu’il accepte de ne pas ouvrir l’enveloppe, où elle a écrit : « Voilà ce que tu voulais tans savoir » la décrue arrive.
Une ode à l’amour maternel, un livre tout en délicatesse que j’ai beaucoup aimé lire et qui aura une place de choix dans ma bibliothèque, comme tous les autres livres de Philippe Claudel
Page 2 sur 2 •
1, 2
Sujets similaires» quelques photos
» Quelques merdouilles de cardo
» je pars quelques jours
» Quelques chuck norris fact
» Quelques fables et contes de bien avant La Fontaine !
» Quelques merdouilles de cardo
» je pars quelques jours
» Quelques chuck norris fact
» Quelques fables et contes de bien avant La Fontaine !
Page 2 sur 2
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
