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[Faciolince, Héctor Abad] Angosta

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[Faciolince, Héctor Abad] Angosta

Message par Velouria le Mer 26 Jan - 15:48



356 pages
Éditeur : Jean-Claude Lattès (6 janvier 2010)

Quatrième de couverture :

Divisée en trois Sekteurs par les militaires, Angosta est aujourd'hui la ville de l'exclusion et de la peur, le long du fleuve s'entassent les baraques des marginaux de la zone C, tandis que sur les hauteurs de l'altiplano, on limite l'accès à Paradis, la terre des privilégiés. Au milieu, se trouvent les anciennes plantations de café, où se sont installées les classes moyennes. C'est dans cette zone frontière que se dresse le vieil hôtel décati La Comédie, qui accueille tous les espoirs et les désillusions des habitants d'Angosta. Chassé de son foyer par ses propres livres, Jacobo s'y est établi. Pour Andrés, jeune poète naïf, le placard qu'il loue a le goût de la liberté. Dans les chambres voisines, il y a aussi la femme la plus triste du monde, une fille de joie qui joue parfois les filles de l'air et un scientifique monomaniaque. En décrivant la vie et les doutes des habitants de cette cité dystopique qui se rapproche dangereusement de la réalité, Héctor Abad Faciolince parle de la liberté qui s'amenuise de jour en jour, de la violence mais aussi de la littérature comme dernier refuge.

Mon avis :


Angosta est une ville imaginaire des Andes où règne un véritable apartheid. Ce dernier n'est pas basé sur la couleur de la peau ou sur la religion mais sur le statut social, et sur l'origine des habitants. En effet si on est né dans le sekteur C (Chaud) ça va être beaucoup plus difficile dans la vie que d'être né dans le sekteur F (Froid).
Dans les bas fonds de la ville, le sekteur C, là où l'air est chaud et pollué, les gens vivent dans la misère au milieu des favelas. Ils sont nommés les tercéros et sont traités comme des chiens galeux. Le sekteur T est la partie tempérée de la ville, là où vivent les classes moyennes ou secondons. Et enfin, les plus privilégiés vivent là où l'air est frais, au milieu des espaces verts et des magasins de luxe : le sekteur F ou "Paradis"

Angosta est donc munie de trois frontières et pour se rendre à Paradis, il faut un laisser passer très difficile à obtenir. Les tercérons et les secondons peuvent y travailler (mais il faut ce fameux laisser passer et on peut voir l'absurde de cette administration pas si imaginaire que ça), les premiers comme balayeurs, hommes/femmes de ménages ou éboueurs, les seconds dans des administrations ou magasins...

Dans cette ville surprenante d'absurdité, Jacobo est propriétaire d'une librairie de livres d'occasion et Andrès jeune poète romantique, vient de quitter son foyer parental , une vraie famille de Ténardiers soit dit en passant. Jacobo et Andrès vivent à l'hôtel "la Comédie" sur la Terre Tempérée. Et nous suivons leurs aventures, les galères administratives, les injustices et les meurtres des terroristes d'un côté qui refusent cette politique d'apartheid et des hommes de main de l'État de l'autre.

Angosta est une ville imaginaire mais pas tant que ça finalement. Dans certaines villes d'Amérique du Sud, des villas luxueuses entourées de barbelés sont protégées par des vigiles, et un peu plus loin on a les favelas. Le père de Faciolince était professeur, défenseur des droits de l'homme, il a été assassiné. Faciolince lui même a été condamné à l'exil et a pu retourner vivre dans son pays la Colombie au début des années 1990. Un roman criant de vérité, porteur d'un message contre l'injustice, contre les ségrégations et contre les crimes de divers gouvernements.

Au niveau littéraire, quelques longueurs compliquent un peu la lecture. On suit Jacobo à la troisième personne sur certains chapitres et on alterne avec le journal d'Andrès. Mais les personnages sont complexes et attachants, et j'ai beaucoup apprécié les clins d'œil de l'auteur aux autres écrivains. Il a même écrit un chapitre hommage à Cervantes. Un peu d'humour dans cette noirceur. Ce roman est aussi un hommage à la littérature.

Des citations-pépites:

p.67 :
"Mama entra , les mains sur les hanches, le sourire ironique copié sur celui de mon père, mais du côté droit :
"César dit que tu t'en vas. Et pour où? On peut savoir? J'espère que tu ne vas pas finir dans un taudis de Terre Chaude en concubinage avec un de tes pédés.""

p.284
"Dans cette ville étroite et assiégée, les livres étaient leur unique refuge, l'oasis arcadique au milieu du désert, la musique silencieuse qui les sortait du monde."
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Velouria
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