[Pasternak, Boris] Le docteur Jivago
Page 1 sur 1 • Partager •
Votre avis sur "Le docteur Jivago"
[Pasternak, Boris] Le docteur Jivago
Challenge Nobel 2011 (Nobel explosif) - Boris Pasternak (URSS) a été élu Prix Nobel de littérature en 1958

Editions : Le livre de Poche
ISBN : 30-31-1078-07
702 pages
Quatrième de couverture :
Mon avis :
Ma note : 7/10

Editions : Le livre de Poche
ISBN : 30-31-1078-07
702 pages
Quatrième de couverture :
Né dans une riche famille de Moscou, orphelin de bonne heure, Iouri Andréiévitch Jivago étudie la médecine et se marie avec Antonia, une amie d’enfance. Lara est une «petite fille d’un autre milieu», qui s’arrache à l’emprise du séduisant protecteur de sa mère pour se refaire une vie droite.
Parallèlement se prépare l’explosion révolutionnaire qui, avec la guerre, va orienter leur existence. Iouri et Lara s’étaient déjà croisés sans se connaître. Ils se rencontrent dans un hôpital et Iouri s’éprend de Lara. Réunis en 1917 par les hasards de la guerre civile, ils vivent un interlude de bonheur dont la fin brusquée brisera le docteur Jivago.
Telle est la trame de ce roman dense, à la fois fresque historique et fine analyse des êtres, une des meilleures œuvres russes contemporaines.
Parallèlement se prépare l’explosion révolutionnaire qui, avec la guerre, va orienter leur existence. Iouri et Lara s’étaient déjà croisés sans se connaître. Ils se rencontrent dans un hôpital et Iouri s’éprend de Lara. Réunis en 1917 par les hasards de la guerre civile, ils vivent un interlude de bonheur dont la fin brusquée brisera le docteur Jivago.
Telle est la trame de ce roman dense, à la fois fresque historique et fine analyse des êtres, une des meilleures œuvres russes contemporaines.
Mon avis :
Entre ce roman et moi, tout avait plutôt bien commencé.
Peut-être parce que le début du récit prend pied en intérieur, ou dans des espaces clos : appartements, train, parc... Je n’avais en effet jamais rencontré une telle virtuosité pour décrire l’atmosphère poisseuse d’une chambre de malade, l’ambiance surchauffée d’un salon, le froid coupant d’un matin russe dans une chambre sans poêle.
D’ailleurs, au détour de ces phrases finement ciselées, les personnages apparaissent eux-aussi plus comme des idées, des présences, que comme des êtres de chair et de sang. Iouri n’est que prestance, Antipov vaillance, Lara courage, Tonia douceur... Ils sont des images, des icônes, l’incarnation volontaire du rôle que les histoires (celle avec un grand H et celle du roman) leur ont attribué. Belles images, concepts grandioses, que l’on peut admirer ou conspuer, mais auxquelles il est bien difficile de s’attacher.
Si l’on ajoute à cela que le talent de Pasternak s’amoindrit nettement aux portes des villes, il était inévitable que les choses se gâtent entre nous. En effet, ses descriptions de la forêt au couchant, des plaines enserrées dans les griffes de l’hiver, des étendues constellées de wagons enfouis sous la neige, auxquelles on ne peut pas faire de reproche sévère, n’ont toutefois pas la portée, le réalisme, le souffle, de ses décors urbains.
Le Docteur Jivago est une fresque historique monumentale sur les souffrances du peuple russe soumis aux coups de boutoir du despotisme des tsars, de la guerre, de l’absurdité du pouvoir soviétique. C’est précisément cette ampleur, cette dimension surhumaine, qui me l’ont rendue inaccessible. La grande histoire rejoint certes le destin de Iouri Jivago : de la sagesse à la passion, de la passion à la désillusion et à la déchéance. Mais cela n’a pas été suffisant pour me toucher. Peu à peu, je me suis lassée de ces trop grands sentiments, de ces tirades trop historiques, de ces destins trop inéluctables, de cette passion trop cérébrale, et qui donc n’en est pas vraiment une.
Finir ce livre a été pour moi un calvaire, à me demander si des pages n’apparaissaient pas au fur et à mesure que je lisais, la forme superbe ne parvenant pas à me faire oublier un fond inapte à me faire vibrer.
Ce fut néanmoins un instant majeur de ma vie de lectrice, la découverte d’un style grandiose, d’un monument de la littérature russe. Je m’en tiendrais toutefois, à l’avenir, à des édifices plus modestes
.
Peut-être parce que le début du récit prend pied en intérieur, ou dans des espaces clos : appartements, train, parc... Je n’avais en effet jamais rencontré une telle virtuosité pour décrire l’atmosphère poisseuse d’une chambre de malade, l’ambiance surchauffée d’un salon, le froid coupant d’un matin russe dans une chambre sans poêle.
D’ailleurs, au détour de ces phrases finement ciselées, les personnages apparaissent eux-aussi plus comme des idées, des présences, que comme des êtres de chair et de sang. Iouri n’est que prestance, Antipov vaillance, Lara courage, Tonia douceur... Ils sont des images, des icônes, l’incarnation volontaire du rôle que les histoires (celle avec un grand H et celle du roman) leur ont attribué. Belles images, concepts grandioses, que l’on peut admirer ou conspuer, mais auxquelles il est bien difficile de s’attacher.
Si l’on ajoute à cela que le talent de Pasternak s’amoindrit nettement aux portes des villes, il était inévitable que les choses se gâtent entre nous. En effet, ses descriptions de la forêt au couchant, des plaines enserrées dans les griffes de l’hiver, des étendues constellées de wagons enfouis sous la neige, auxquelles on ne peut pas faire de reproche sévère, n’ont toutefois pas la portée, le réalisme, le souffle, de ses décors urbains.
Le Docteur Jivago est une fresque historique monumentale sur les souffrances du peuple russe soumis aux coups de boutoir du despotisme des tsars, de la guerre, de l’absurdité du pouvoir soviétique. C’est précisément cette ampleur, cette dimension surhumaine, qui me l’ont rendue inaccessible. La grande histoire rejoint certes le destin de Iouri Jivago : de la sagesse à la passion, de la passion à la désillusion et à la déchéance. Mais cela n’a pas été suffisant pour me toucher. Peu à peu, je me suis lassée de ces trop grands sentiments, de ces tirades trop historiques, de ces destins trop inéluctables, de cette passion trop cérébrale, et qui donc n’en est pas vraiment une.
Finir ce livre a été pour moi un calvaire, à me demander si des pages n’apparaissaient pas au fur et à mesure que je lisais, la forme superbe ne parvenant pas à me faire oublier un fond inapte à me faire vibrer.
Ce fut néanmoins un instant majeur de ma vie de lectrice, la découverte d’un style grandiose, d’un monument de la littérature russe. Je m’en tiendrais toutefois, à l’avenir, à des édifices plus modestes
Ma note : 7/10

Saphyr- Grand sage du forum

-

Nombre de messages: 2585
Age: 32
Localisation: Amiens
Emploi/loisirs: Ingénieur
Genre littéraire préféré: SF, Fantastique, Policiers... Un peu tout en fait !
Date d'inscription: 06/03/2010
Sujets similaires» Boris Vallejo
» L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde de Stevenson
» [Pasternak, Boris] Le docteur Jivago
» Le Docteur Jivago ( Boris Pasternak)
» Le docteur Jivago
» L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde de Stevenson
» [Pasternak, Boris] Le docteur Jivago
» Le Docteur Jivago ( Boris Pasternak)
» Le docteur Jivago
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum