Partage lecture
Pour rejoindre notre grande communauté, il suffit de cliquer sur "S'enregistrer" (en bas de cette fenêtre)!
Après votre inscription, vous recevrez dans la boîte e-mail dont vous avez indiqué l'adresse un lien sur lequel il va falloir cliquer pour activer votre compte avant de pouvoir vous connecter et participer avec nous.

Afin d'aider les nouveaux à se familiariser avec le forum, nous avons mis au point un système de parrainage.
Vous recevrez un message privé sur le forum de la part de votre parrain.

Au plaisir de vous compter parmi nos membres.

L'administratrice

[Tchekhov, Anton] La Mouette

Aller en bas

votre avis après lecture

[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap100%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 100% 
[ 1 ]
[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap0%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 0% 
[ 0 ]
[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap0%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 0% 
[ 0 ]
[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap0%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 0% 
[ 0 ]
[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap0%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 0% 
[ 0 ]
[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_lcap0%[Tchekhov, Anton] La Mouette Vote_rcap 0% 
[ 0 ]
 
Total des votes : 1

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Invité le Dim 13 Mar 2011 - 19:46

[Tchekhov, Anton] La Mouette Mouett11

La Mouette
Anton Tchekhov
Théâtre
Editions Le Livre de Poche



Quatrième de couverture

"Je suis une mouette. Non, ce n'est pas ça... Vous vous souvenez, vous avez tiré une mouette ? Survient un homme, il la voit, et, pour passer le temps, il la détruit... Un sujet de petite nouvelle... Ce n'est pas ça... (Elle se passe la main sur le front.) De quoi est-ce que je ?... Je parle de la scène. Maintenant, je ne suis déjà plus... Je suis déjà une véritable actrice, je joue avec bonheur, avec exaltation, la scène m'enivre et je me sens éblouissante. Et maintenant, depuis que je suis ici, je sors tout le temps marcher, je marche et je réfléchis, je réfléchis et je sens que, de jour en jour, mes forces spirituelles grandissent..."


Mon regard

« Il faut mettre sa peau sur la table, sinon vous n’obtenez rien ! »
Vous vous rappelez sûrement cette archive vidéo dans « La Grande Librairie » où Céline, entre deux « n’est-ce pas » surannés, expulse comme une grogne ce que tout artiste doit s’appliquer à lui-même : « Il faut mettre sa peau sur la table, sinon vous n’obtenez rien ! ». Eh bien c’est qu’a fait Tchekhov. Tout ! Il a tout sacrifié pour son œuvre, jusqu’à lui-même. Croyez-moi, je ne cherche ni à faire le phraseur ni à vous chatouiller les lacrymales mais au sortir d’un livre bouleversant nous avons eu tous envie une fois de nous rapprocher de l’auteur en fouillant sa bio. Or bien souvent, leur vie laisse sans voix. Tant d’abnégation pour la recherche du mot, de la note, de la scène juste suscite vertige et respect. Respect pour la démesure christique de la chose. Vertige devant le vide (souvent du cœur) qu’ils s’imposent et qu’ils s’acharnent à combler par l’écrit, par des sons, des couleurs. Mais revenons à notre mouette.

La mouette, c’est Nina. Jeune actrice sans talent qui rêve de devenir célèbre. On dit qu’il faut naître, s’envoler et disparaître sans bruit, l’envol demeurant une tentative trop souvent couronnée d’échecs pour certains, Nina n’a pas trouvé d’autre moyen d’élévation que le rêve et l’introspection. C’est une mouette dans le brouillard, Nina. Elle vit chaque seconde avec la peur de s’aplatir le bec contre un mur. Treplev aime Nina. Lui, c’est un jeune auteur de théâtre sans talent qui rêve de peindre la vie mieux, cent fois mieux que cette province russe endormie, cette maison sans âme, ces journées dans le parc brûlées en plates conversations, et plat aussi ce lac, qui renvoie trait pour trait l’ensemble comme une humiliation. La mort lente, quoi. Et quand bien même le vent ou une pierre viendrait ajouter des rides à la surface, Treplev s’en fiche, il ne voit son reflet ni dans l’eau ni dans les yeux de Nina ; elle ne l’aime pas. Elle, c’est Trigorine qu'elle admire. Trigorine, c’est un auteur à succès sans talent qui rêve de pêche à la ligne plutôt que de chasse à la mouette. Et Nina, comme tout animal ou insecte volant, se sent plus attirée par la vanité-lumière d’un Trigorine, l’art pour l’art, la quête d’absolu, tout ça l’ennuie à un point ! Et Treplev est malheureux. Un jour, près du vieux tilleul, il se présente à elle avec une proie de chasse et la dépose à ses pieds. Qu’est-ce que cela signifie ? – dit-elle – Pourquoi le corps de cette mouette, Treplev, encore chaude ? Il s’explique mais elle ne retient que le macabre de son geste. En plus de l’horrifier, de l’ennuyer, ce qui l’agace le plus chez Treplev, c’est la manie qu’il a de vouloir s’exprimer toujours par des symboles qu’elle ne comprend pas. Très mauvais effet ; Treplev a semble-t-il tué tout espoir de se faire un jour aimer d’elle, d’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’il voulait obtenir de cette scène ? N’a-t-il pas délibérément recherché l’affront ? Peut-être s’est-il dit qu’il aurait enfin quelque chose à raconter après ça. « Il faut mettre sa peau sur la table, sinon vous n’obtenez rien ! » Oui mais ça ne marche pas dans son cas. Lui c‘est par l’entremise d’un oiseau sans défense qu’il s’est mis à nu. Et puis la mouette, de toute façon, c’est Nina. Alors ? Que voir dans ce symbole ?... (Je n’en dirai pas plus.)

Sur Anton Tchekhov, que dire sans risquer de sauter à pieds joints dans le lieu commun… Oui, c’est un grand peintre de la nature humaine. Oui, c’est un immense conteur. Avec près de 600 nouvelles à son catalogue, c’est une chance qu’il soit passé au théâtre, l’écriture dramatique quand on vient du roman ou de la nouvelle y gagne toujours (Giraudoux, Vinaver, Beckett). Un style épuré, sans ornements, qui prend la peine de laisser entendre les harmoniques et dont beaucoup se réclament encore aujourd’hui. En relisant la pièce, j’ai pensé à Sagan ; son Château en Suède reprend les thématiques tchekhoviennes avec le même type de personnages englués dans l’oisiveté, rongés de peur et d’ennui, des ombres qui se contentent de regarder défiler les secondes en parlant au passé, en rêvant leur vie sans plus la vivre ; il y a même carrément allusion directe à La Mouette avec une scène d’oiseau tué par amour, chez Sagan une sarcelle bleue.

Voilà. Une de ces oeuvres qui au même titre que les poumons, le foie, le cœur, font partie de notre corps. Elle est déjà en vous. Après lecture vous la sentirez vivre, vous la sentirez battre.


Dernière édition par antibiok le Mer 16 Mar 2011 - 21:59, édité 2 fois (Raison : italique)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty Re: [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Invité le Dim 13 Mar 2011 - 23:19

Magnifique œuvre à laquelle tu rends un bel hommage !

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty Re: [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Invité le Dim 13 Mar 2011 - 23:26

Belle critique écrite avec le coeur Smile


Dernière édition par Voyager-en-lecture le Dim 13 Mar 2011 - 23:37, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty Re: [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Invité le Dim 13 Mar 2011 - 23:34

moi qui ne suis pas initiée au théâtre, qui le connais fort mal, et qui par conséquent n'en lis pas ( souvenirs douloureux d'école...et oui, avec la poésie c'était mon calvaire) et qui n'ose pas aller à sa rencontre...et bien tu me donnerais envie d'aller y jeter un œil

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty Re: [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Invité le Dim 13 Mar 2011 - 23:42

Grâce à vous, je ne dirai plus que dimanche est le jour le plus terne de la semaine.
Merci Mina ! Merci Vel ! Merci mimi !
geek

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Tchekhov, Anton] La Mouette Empty Re: [Tchekhov, Anton] La Mouette

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum