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[Soyinka, Wole] Ibadan, les années pagaille

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[Soyinka, Wole] Ibadan, les années pagaille

Message par Saphyr le Sam 28 Mai 2011 - 1:25

Challenge Nobel 2011 (Nobel explosif) - Wole Soyinka (Nigeria) a été élu Prix Nobel de littérature en 1986



Genre : Docu-roman
Editions : Actes Sud
ISBN : 978-2-7427-1009-6
512 pages

Quatrième de couverture :

Après cinq ans d’études en Angleterre, Maren rentre dans son pays, le Nigeria. L’indépendance de 1961 est encore toute neuve, de même que l’université où il prend un poste d’assistant et qui devient le pôle de son existence.
Les souvenirs de cette époque, Wole Soyinka ne s’est décidé à les évoquer - sous la forme de «docu-roman» - qu’à la faveur des événements de 1993, qui ont vu le régime militaire du Nigeria confisquer les élections libres. Il fallait alors témoigner sur ces années
penkelemes - déformation populaire de peculiar mess, la pagaille monstre, les années pagaille - pendant lesquelles le pays d’aujourd’hui a construit son identité.
Les Britanniques partis, la nouvelle classes politique mettait au pouvoir «des personnages aussi charismatiques qu’indélicats, parfois totalement pervers»... C’est avec eux que doit composer le jeune Maren, également surnommé Akinkoyi, le perturbateur, noms d’emprunt derrière lesquels se cache Soyinka lui-même, établissant ainsi des distances avec son propre rôle.
Dès l’enfance, l’écrivain futur se frotte à la rébellion : sa tante Bééré, Mrs Ransomé-Kuti (mère du chanteur Fela) fut la première avocate à défendre la cause des femmes au Nigeria. Sur les bancs de l’école, au collège anglais, puis lors de ses études à Londres ou à Paris, de retour au pays quand il commence à monter ses premières pièces de théâtre, au cours de ses voyages à Cuba ou au Ghana, dans toutes les circonstances de sa vie publique ou privée, Maren, au fil des événements graves ou des anecdotes cocasses, donne l’image d’un homme indépendant, libre, drôle, inventif, entreprenant et courageux, conscient du poids de la tradition de son pays - son grand-père a beaucoup compté dans son éducation - et de la modernité à conquérir.
Et ce «docu-roman» de formation d’une conscience rebelle est une véritable école de vie et de lutte.
Mon avis :

De toute évidence, Wole Soyinka est avant tout un poète, et cela se ressent dans son écriture. Les descriptions, des personnages et des lieux, sont davantage bâties sur une sensation, un sentiment, ce qui est tout à fait délicieux. En revanche, et comme beaucoup de poètes, la construction de ce docu-roman pâtit d’une certaine confusion. En dehors du fait que les différents volets se suivent sans réellement s’enchaîner, la narration a tendance à s’enliser dans le contemplatif et les digressions.
Pas franchement désagréable, mais cela ralentit d’autant la lecture de ce qui est déjà un sérieux pavé.

Autre petit désagrément du point de vue du style : l’auteur a tendance à nommer les personnages par paquets de douze, alors que ce n’est déjà pas facile de s’y retrouver avec certaines consonances africaines assez voisines. On se retrouve rapidement perdu dans cette jungle d’amis, de cousins, d’élèves, de camarades et de leaders politiques de tous bords et de tout poil.
A peculiar mess, indeed Wink.

Là où, en revanche, on ne peut que s’incliner, c’est sur la capacité de ce livre à nous faire ressentir la réalité politique, sociale, économique, de ce Nigeria entre deux pans majeurs de son histoire. La planche pourrie de la colonisation y sert de base à un système politique instable et morcelé, propice à la corruption. L’auteur n’y est pas plus tendre pour les Anglais, d’un paternalisme méprisant, que pour ses compatriotes, prêt à se renier pour ne pas perdre la face devant «les blancs». Et, au milieu de ce marasme, l’énergie et le courage du peuple, de la jeune génération, des «petits», face à ce marasme, est formidablement mis en avant.
Toujours acéré, parfois léger, jamais dramatique, le ton dépeint avec finesse la naissance d’un peuple, autant que la propre naissance de l’auteur à une conscience politique réfléchie et forte.

Je recommande donc cette lecture, même s’il faut être courageux et avoir un peu de temps devant soi pour en venir à bout.
Ma note : 7/10
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Saphyr
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