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[Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

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[Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Ansault le Mer 12 Nov 2008 - 18:44



Les Onze Mille Verges ou Les Amours d'un Hospodar.
(Roman pornographique publié sous couverture muette en 1907)

Quatrième de couverture :

« Je mets ma fortune et mon amour à vos pieds. Si je vous tenais dans mon lit vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens!» Le prince Vibescu de Bucarest a grand appétit et il paraît qu'à Paris, les femmes ont cuisse légère. Alors sus, à l'abordage ! Juste là de quoi éveiller notre prince qui entend s'ouvrir à de multiples horizons charnels et entreprend un voyage frénétique où toutes les combinaisons sont possibles. Mais attention : qui aime bien châtie bien. Ce livre circulait sous le manteau au début du siècle et il fut même chuchoté que l'on y trouvait du « Sade accommodé à la sauce rabelaisienne ».

Mon appréciation :

Mony Vibescu est un personnage atypique, roumain, richissime, héréditaire du titre d'Hospodar, c'est-à-dire ce qui pourrait correspondre au titre de sous-préfet, ce dernier s'auto-proclame "prince" trouvant ridicule de recevoir et porter un titre administratif. Lassé de se faire enculer par son ami Brandi Fornoski, vice-consul de Serbie, il décide de partir pour Paris, cette ville où les femmes sont, dit-on, toutes belles et ont aussi le cuisse légère.
C'est ainsi que débuteront les aventures du Prince  Mony Vibescu qui l'emmèneront à traverser toute l'Europe, en passant par la Serbie pour finir à Port-Arthur en plein conflit russo-japonais.

A travers ce récit, Apollinaire trace un portrait caustique d'une Europe déchirée par des tensions intestines où fleurit les coups d'État fomentés au service d'intérêts personnels alors que l'Empire Russe affaibli est en lutte avec le Japon pour la domination du Pacifique. L'œuvre d'Apollinaire est une satire politique visant à  entacher les gouvernants et les puissants qui régissent une Europe vieillissante issue des poncifs décadents du 19ème siècle. Son récit est éminemment subversif et d'une grande richesse et il fourmille d'allusions politiques et militaires et les évènements évoqués et les personnalités citées appartiennent tous à l'histoire.

Le but d'Apollinaire est évidemment de choquer ses contemporains, avec violence, avec le secret espoir de réveiller les consciences mais sans jamais se départir d'une forte dose d'humour.
Son récit est jouissif, et même si aujourd'hui le contexte historique nous est bien flou (en tout cas pour des lecteurs comme moi peu au fait du contexte politique de l'époque), sa verve et son style font mouche.
Publié en 1907, ce roman est antérieur aux Exploits d'un Jeune don Juan qui paraît bien sage et bien conventionnel face à ce précédent opus. En effet dans Les Onze Mille Verges, toutes les perversions possibles et imaginables y passent. Pédérastie, pédophilie, scatologie, nécrophilie, ondinisme, onanisme, sadisme, masochisme, meurtres et j'en passe et des meilleurs. Ici on tue des hommes, des femmes, des enfants, des bébés même, sans aucun état d'âme. Enfin bref c'est comme si tout à coup vous étiez dans la peau d'un fornicateur tueur en série et tous ces événements horribles sont racontés avec le plus grand des naturels comme s'il s'agissait de la normalité. Il faut quand même avoir le cœur bien accroché pour en poursuivre la lecture et si le décalage volontaire entre les situations d'une extrême cruauté et la verve jubilatoire dont elles sont racontées ne rendaient pas le récit d'une grande drôlerie, je crois que sa lecture en serait carrément impossible.
Avez-vous vu ce film "C'est arrivé près de vous" de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde ? Nous sommes ici avec ce roman dans le même registre d'humour noir... Peut-être en pire même !!! Et en 1907 !!! C'est dire !!!

Avec Les Exploits d'un jeune don Juan, Apollinaire voulait alerter ses concitoyens sur la nécessité de procréer, ici il se livre à une satire politique de l'époque dans laquelle il vit.
En tout cas, Apollinaire, c'est sûr quand il a quelque chose à dire, il n'y va pas par quatre chemins et il ne fait pas semblant, c'est le moins qu'on puisse dire.
Jugez-en par vous-même...

Les Onze Mille Verges... Une lecture que je ne vous conseille pas !!!


Dernière édition par Elyuna le Lun 2 Sep 2013 - 11:31, édité 2 fois (Raison : Mise aux normes du titre.)
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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Pinky le Mer 12 Nov 2008 - 21:02

j'ai vu "c'est arrivé près de chez vous", je n'ai pas adhéré au film et encore moins à l'humour, c'est trop proche... je n'ai pas pu prendre du recul...
Quant au livre, j'en ai lu quelques passages mais là encore, je n'ai pas été enthousiasmé non plus... c'est trop agressif pour moi...

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Thot le Mer 12 Nov 2008 - 22:52

Tu me fais penser que je devrais publier la critique que j'avais faite de "Justine ou les malheurs de la vertu" (Sade)avant la création de ce forum.
Je pense également créer une section spécifique pour ce genre de livres.


Dernière édition par Thot le Mer 12 Nov 2008 - 23:51, édité 1 fois
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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Invité le Jeu 13 Nov 2008 - 1:03

Drôle d' ouvrage pour un maître de la poésie. Pourquoi pas...

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Thot le Dim 4 Jan 2009 - 22:38

Je viens de le terminer, la critique de Ansault m'ayant donné envie de découvrir ce livre écrit par un si grand auteur, poète de surcroît.
Et bien je n'ai pas du tout aimé ce livre dans lequel, hormis un étalage assez exhaustif quoique répétitif à travers les chapitres de diverses perversions sexuelles, je n'ai vu aucune profondeur de pensée...
On pourrait y voir une satyre politique mais je ne trouve pas du tout cela consistant...contrairement au seul livre que j'ai lu de Sade "Justine ou les malheurs de la vertu" qui en plus de décrire les scènes de copulation avec beaucoup plus d'art et de meilleures tournures de style faisait des réflexions intéressantes entre autres sur les notions du mal et du bien, de la vertu et de la perversion...
Bref, un livre insipide à mon sens, Apollinaire avait peut-être envie de se défouler, choquer, braver les interdits de l'époque ou "dénuder" le côté obscur des pulsions humaines.
Je ne conseille absolument pas cette lecture!


Dernière édition par Thot le Dim 4 Jan 2009 - 22:55, édité 1 fois
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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Invité le Lun 30 Mar 2009 - 17:58

Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce roman; la référence à C'est arrivé près de chez vous me donne grande envie de le lire dans les plus brefs délais!!!

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Invité le Mer 6 Mai 2009 - 10:17

Je l'avais acheté, pensant qu'il s'agissait de poésie...
On en est bien loin ! Je n'ai pas trop aimé, c'est assez hard, surtout la scène nécrophile dans le train et le viol de bébé... Shocked
Par contre, j'ai trouvé amusant les noms des personnages. Oui c'est bien maigre, je sais.

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Invité le Sam 23 Jan 2010 - 22:53

Mon amoureux et moi l'avons acheté, il y a quelques années,
pour rire.
Nous n'avons lu que certains passages...
Apollinaire nous avait déjà habitués
à mieux!

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Saphyr le Dim 10 Avr 2011 - 18:52

Mon avis :

Je suis rassurée, je ne suis pas seule à ne pas avoir été convaincue par ce classique.

Pas franchement prude ni bégueule, je n’ai toutefois pas apprécié la surenchère des expériences délirantes du prince Mony. Je n’ai même pas eu le temps d’apprécier l’écriture d’un auteur pourtant reconnu comme un grand poète, étourdie comme je l’ai été par l’enchaînement frénétique de scènes simplement crues, répétitives sous un vernis de diversité. Je n’ai perçu dans la description de ces étreintes féroces ni sensualité, ni érotisme, mais une pornographie brute et sans imagination.
Quant au message politique, il est passé simplement inaperçu en ce qui me concerne, éclipsé par la brutalité des scènes décrites.

J’ai de loin préféré les fantasmes travaillés de Sade dans Justine ou les malheurs de la vertu, qui laissent la part belle au burlesque, à la critique sociale et à la beauté de la langue.

Ecrire pour choquer, pourquoi pas. Mais quel intérêt si le lecteur, hébété, n’est plus en état de percevoir le message sous-jacent ? Inutile de dire que je ne recommande pas cette lecture.
Ma note : 2/10
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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

Message par Invité le Dim 10 Avr 2011 - 19:56

Les allusions historiques m'étant largement passées au-dessus de la tête, j'ai trouvé cet écrit plutôt répétitif et ennuyeux, mais je crois que c'est un problème que j'ai avec la pornographie en général...

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Re: [Apollinaire, Guillaume] Les Onze Mille Verges

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