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[Mougin, Véronique] Où passe l'aiguille

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Message par lalyre le Mar 10 Juil 2018 - 19:00

[Mougin, Véronique]
Ou passe l’aiguille      
 Editions Flammarion 31 janvier 2018
452 pages
Quatrième de couverture
Et voici Tomas, dit Tomi, gaucher contrariant, tête de mule, impertinent comme dix, débrouillard comme vingt, saisi en 1944 par la déportation dans l’insouciance débridée de son âge – 14 ans. Ce Tom Sawyer juif et hongrois se retrouve dans le trou noir concentrationnaire avec toute sa famille.
Affecté à l’atelier de réparation des uniformes rayés alors qu’il ne sait pas enfiler une aiguille, Tomas y découvre le pire de l’homme et son meilleur : les doigts habiles des tailleurs, leurs mains invaincues, refermant les plaies des tissus, résistant à l’anéantissement. À leurs côtés, l’adolescent apprendra le métier.
Du camp de concentration au sommet de la haute couture française, voici le voyage de Tomi, sa vie miraculeuse, déviée par l histoire, sauvée par la beauté.
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Mon avis
L’histoire commence avec l’enfance de Thomas Kiss, dit Tomi, le narrateur et héros dans tous les sens du terme, c’est le début de la chasse aux juifs en Hongrie. Tomi a quatorze ans, il n’hésite pas à grimper à l’arbre pour avoir vue sur les prostituées de la maison close d’en face,  son meilleur ami c’est Bruno, avec qui il fait toutes les bêtises de leur âge, une amitié les lie jusqu’à la fin de leurs vies.  Avec ses parents et son petit frère ils sont expédiés dans les camps de concentration, c’est avec la belle écriture de Véronique Mougins que l’on ressent la solitude, le froid et la faim, ainsi que la peur et les coups de ces endroits. Séparé de sa mère et de son petit frère, il reste près de son père qui est rapidement déplacé dans un atelier de couture. Tomi se sent très seul, il ne veut pas mourir et pour échapper à la mort, il a plus d’un tour dans son sac, justement on demande quelqu’un qui sait coudre pour réparer des vêtements, notre héros qui n’a jamais pu enfiler une aiguille à coudre, se présente mais très vite sa supercherie sera découverte par le kapok de service, qu’à cela ne tienne il balayera l’atelier et petit à petit il saura faire des points à l’aiguille et même se servir d’une machine à coudre. Cet aiguille, il faut qu’elle est omniprésente dans l’histoire, elle  conduira Tomi vers les sommets de la haute couture. J’ai aimé ce gamin têtu mais débrouillard dès le début du roman, je pense que l’auteure par son écriture emplie de douceur et de tendresse a ressenti une empathie profonde pour lui, et pourtant avec quelle sécheresse et âpreté  nous décrit-elle l’horreur des camps. Une histoire poignante et émouvante avec cette aiguille qui pique mais est essentielle pour créer du rêve et avoir accès à ce très beau monde de la mode. Justement ce roman, je l’ai ressenti comme un très bel hommage à tous ces petites mains qui coupent, surfilent, cousent, brodent et rient de bonheur lorsqu’on leur présente une œuvre terminée (là c’est ma sensibilité qui réagit car ce monde de la couture, je l’ai très bien connu, débutant par ramasser les épingles). Un très gros coup de coeur pour ce très beau roman qui évoque le parcours du cousin de l’auteure, déporté et devenu après la guerre numéro deux d’une maison de haute couture internationale….5/5
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Message par pétunia le Dim 4 Nov 2018 - 19:10

Lalyre a fait un résumé très complet et merci pour cette belle critique.

L'auteure nous raconte l'histoire de Thomas Kiss, dit Tomi, qui, grâce à sa profonde détermination, son envie de vivre, et à la couture, réussira sa vie. Tomi sait, de part son parcours, combien la vie est précieuse.  
Histoire très émouvante. Un bel hommage à la vie, à la famille et aux nombreux artisans du monde de la couture. J'ai beaucoup appréciée cet ouvrage.

Citations :

"c'est l'authentique fonction du vêtement, t'aider à vivre "

"le vêtement te sauve du froid et de la honte, il est ce qui te reste quand tu n'a plus rien"

"les versements qu'il crée, de vrais vêtements , bienveillants et sublimes, ni pour les homme, ni pour femme, des vêtements pour les vivants "
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Message par marie do le Sam 2 Fév 2019 - 13:37

Un grand merci à Lalyre (et à Pétunia qui a confirmé ce choix) pour la découverte de cette pépite enlacement
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Message par Pandora le Dim 28 Juil 2019 - 15:16

J'ai trouvé cette lecture émouvante, parfois même difficile. Une bonne partie du livre se fait avec les yeux humides...
Pour le reste, effectivement la critique de Lalyre dit l'essentiel, on s'attache énormément au personnage principale, Tomi, mais aussi aux autres au fur et à mesure.
Il se dégage de ces pages une telle volonté de vivre, de se battre et d'avancer, pour ne pas sombrer même dans les moments les plus noirs de l'existence !
L'écriture est juste, délicate ou incisive en fonction des passages, pas de fausses notes

J'ai toujours du mal à m'dire que c'est réellement arrivé, toutes ces horreurs et pire encore, il y a véritablement des gens qui ont endurés cela, ça me dépasse, mon cerveau bloque ça parait juste... irréel. Et pourtant.... Bref c'est une sacrée leçon de vie pour tout le monde que l'histoire de ce p'tit garçon !

Je vote : beaucoup apprécié !

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Message par elea2020 le Dim 12 Jan 2020 - 12:49

J'ai voté "très apprécié" : au début de ma lecture, au printemps dernier, j'aurais sûrement voté "coup de cœur" - du reste, je l'ai découvert et lu dans le cadre du Prix des lecteurs de ma médiathèque, et il a obtenu le prix. C'était un coup de cœur partagé par bien d'autres lecteurs. Very Happy

Malheureusement, j'ai dû le rendre car il était réservé, et je me suis arrêtée au retour du camp de Dora, quand Tomi et son père reviennent à Beregszàsz, qui est à présent en Ukraine, à l'automne 1945. Il me restait donc 244 pages.
Je reconnais déjà que les critiques sur ce fil m'ont été d'une grande aide pour ne pas avoir à tout relire. cheers

Je ne peux ajouter grand-chose aux critiques déjà faites, sinon que j'ai été bluffée par le naturel de l'écriture de Véronique Mougin, auteure dont je lirai volontiers d'autres livres, tant elle sait visiblement entrer dans la peau de ses personnages. Car la "chair" de Tomi, ce sont avant tout ses mots, sa gouaille de gamin des rues, sa manière de parler toute en dérision, son ironie mordante. Et puis, la façon de parler des tissus, des formes… On sent qu'elle a été habitée par cette histoire, et qu'elle a pris le temps de la faire ressortir en mots adéquats. Le personnage porte-parole de l'auteur pourrait être Serena, qui écrit des livres, pour trouver les mots justes afin de rendre compte de ce qui leur est arrivé, et de laisser parler les fantômes, alors que Tomi essaie désespérément de recoudre le linceul de ses morts pour qu'ils se tiennent à distance respectable et le laissent vivre.

Elle raconte par la bouche de Tomi l'impossible quête de l'oubli, l'impossible parole aussi. Il est très juste qu'elle rappelle que les déportés auront beaucoup d'enfants à qui ils ne diront rien de la déportation - ceux qui ont pu parler l'ont fait à leurs petits-enfants (c'est ce qui s'est passé dans ma famille avec mon grand-père paternel, déporté à Dachau avec son frère).

C'est une histoire de résilience par l'art, la couture en est le fil directeur à bien des titres, pragmatiques et symboliques. C'est une histoire de réussite et de revanche, car tant de petites mains dans la haute couture, de ces obscurs artisans qui font tenir la haute couture, sont des émigrés juifs, russes, polonais…

C'est aussi une histoire de transmission, malgré le conflit de génération, la tête dure de Tomi qui refuse les injonctions de son père à travailler sérieusement, qui préfère la débrouille, mais qui a honte d'être cette personne formée par le camp, et qui tient plus de son père qu'il ne le sait. Dans une très belle scène, Herman conte à son fils en le faisant travailler une histoire juive de vêtement qui se réduit de plus en plus, mais dont on peut toujours tirer quelque chose, et Tomi atteint un état second, un état de grâce, en cousant son pantalon :

"Je ne retourne pas dans le souvenir, pas du tout, je suis à l'abri dans le présent, dans mon point de chausson léger léger, je suis tout entier dans le geste répété et précis, protégé par le revers du demi-pantalon, entouré du voile de parfum de la craie. Je suis dans l'atelier de mon père, à l'ombre de la boutique d'Oscar, sous les tréteaux solides du grand-père et plus loin encore, au cœur d'un pays familier, au creux ouaté du tissu, sous la trame serrée des miens, dans le droit-fil, là où passe l'aiguille. Chez nous." (page 365)

C'est une histoire d'amour touchante, entre le père et le fils, d'incompréhension et d'acceptation, parce qu'il ne reste plus qu'eux deux au retour, et que ceux qui manquent les séparent autant qu'ils les rassemblent. Pourtant, la vie et les rencontres tissent des liens, et permettent la continuité de l'amour, de même qu'ils font de Tomi un homme, à son tour responsable, malgré la peur qui sévit toujours.

"Bêtement il [Herman] croit qu'il n'a rien réussi à transmettre, que son savoir-faire mourra avec lui. En vérité son talent dort au fond de Tomas, je le vois. Il suffit juste de le faire émerger." (page 404)
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