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[Serres, Karin] Monde sans oiseaux

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Message par elea2020 le Dim 1 Mar 2020 - 19:24

Monde sans oiseaux
Karin Serres
Stock, La Forêt (2013)
97 pages
ISBN : 978-2-234-07395-1

[Serres, Karin] Monde sans oiseaux 3109km10


Résumé de couverture :
« Petite Boîte d'Os » est la fille du pasteur d'une communauté vivant sur les bords d'un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d'algues et d'herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche.

Elle découvre l'amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d'une légende troublante qui le fait passer pour cannibale.

Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d'un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd'hui disparue.

Le lac, d'apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village.

Une histoire d'amour fou aussi poignante qu'envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d'un monde, puisque l'eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac
.

Mon avis :
J'ai moyennement apprécié ce bref roman, qui couvre cependant toute une vie de femme, de sa jeunesse à sa vieillesse. Le parti-pris de départ dresse un cadre sans référence historique ni géographique précise : dans cette cité lacustre d'un pays nordique (on se rend compte qu'il s'agit d'un pays du froid), les habitants vivent depuis toujours en circuit relativement fermé, avec leurs rites et leurs coutumes, liés au lac, milieu dont ils tirent leur subsistance.
On comprend progressivement que cette enclave hors du temps a persisté à durer telle quelle, alors que le monde autour a commencé à se déliter : les eaux montent, la grande ville de l'autre côté du lac est polluée, les oiseaux ont disparu.

L'auteur a choisi de relater les événements de la vie de Petite Boîte d'os comme une sorte de conte, dans un environnement détaché de tout, où la vie est lente et paisible, mais non dénuée d'aléas sanglants, voire d'épisodes assez cruels et glauques.
Petite Boîte d'os est ainsi prénommée (on peine à le croire), car son père se réveille le matin de sa naissance, décidé à annoncer en chaire (il est pasteur) que l'homme n'est qu'"un flan mou dans une petite boîte d'os", tandis que sa femme accouche totalement seule, accroupie par terre. Toute son enfance, la fillette s'élève passablement seule, entre des parents assez inexistants ou proccupés surtout d'eux-mêmes, et un frère assez pervers, qui aime à torturer les animaux.
Elle a une amie, Blanche, avec qui elle vit les grandes étapes de l'émancipation (si l'on veut) : les premiers garçons, l'amour, la naissance des enfants. Tout ce petit monde grandit au milieu des rues de planches et des cochons fluorescents qui nagent sous l'eau, et dont la chair se régénère (c'est assez horrible). Les oiseaux ont effectivement disparu, mais les abeilles sont toujours là, ce qui me paraît un peu curieux.

Atypique jusqu'au bout, Petite Boîte d'os s'éprend d'un homme assez âgé, Joseph, ou Jeff, qui a jadis quitté le village en mission de ravitaillement, et n'est revenu que longtemps après, devenu une sorte d'étranger, objet de suspicions et mis à l'écart. Lui et Petite Boîte d'os se prennent d'amitié, il est calme et taciturne, et apprend à la jeune fille à pêcher. De fil en aiguille, ils se rendent compte qu'ils sont amoureux et se marient.

C'est ce récit de vie dans un univers de conte, stylisé et symbolique, presque onirique, que nous relate l'auteur. Le roman se lit facilement et sans ennui, mais pour ma part, je n'ai pas vraiment accroché au personnage. Je trouve intéressante cette vision presque dystopique d'un monde noyé, en perdition, et surtout indifférent à tout, cela donne lieu à de belles descriptions, qui sont assez poétiques, dans une langue épurée, et qui passent bien. Pour l'idée et le style, je mettrais 3/5.

Extrait :
"L'eau continue tellement de monter que notre lac en rejoint un autre, plus grand, derrière les collines, dans lequel il se fond, et les collines deviennent des îles. Un soir, un immense vaisseau arrive au loin, pointillé de lumières qui scintillent dans le noir, glissant sur son reflet inversé. C'est un paquebot de dix étages, titanesque, qui avance majestueusement vers notre petit village pour venir accoster notre ponton - une brindille - à l'aube. Parents, enfants et grands-parents, nous passons une nuit merveilleuse, assis sur les rues de planches, à regarder ce monstre glisser sur notre lac, vers nous, sans bruit. Même les grappes de cochons roses qui dérivent semblent fascinées par cet immeuble éblouissant qui bouche tout notre paysage, fait trembler les rues de planches en accostant, au matin, et débarque un flot ininterrompu de touristes à banane, caméra, K-way et billets froissés qui veulent tout acheter puis repartent, en fin de journée, dans leur paquebot-monde, vers d'autres lieux exotiques et préservés." (page 68)
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