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[Oates, Joyce Carol] Carthage

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[Oates, Joyce Carol] Carthage

Message par Libellule le Jeu 20 Oct 2016 - 8:23



Carthage
Auteur: Joyce Carol Oates
Traduit par Claude Seban
Editions: Philippe Rey (Octobre 2015)
576 pages

Quatrième de couverture


Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre… Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère.



Tout en lisant “Mudwomen”, j’ai pense que je pourrais partager un petit commentaries sur “Carthage” de Joyce Carol Oates que j’ai lu il y a un mois.

Spoiler:
Dans ce roman, la voix de la narratrice (et c’est une superbe narratrice, elle est inegalable a conter des histoires !) explore toujours la noirceur du psyche, la douleur, la colere, l’angoisse de l’ame.
La dissection precise de la societe d’Amerique de nos jours, cette fois porte sur la periode 2005-2011. Les Etats-Unis ont vecu le 11 septembre 2001, on vu des jeunes hommes partir faire la guerre en Iraq et en revenir souvent blesses et malades, sans reperes.
Au debut, on est en 2005. La famille Mayfield vit dans la petite ville de Carthage. Il y a la fille ainee qui est « la jolie » et s’appelle Juliet et la fille cadette Cressida,  «  l’intelligente ». Juliet est fiancee a Brett Kincaid qui u combattant de la guerre en Iraq et qui en est revenu  malade, perturbe, sa tete allant  aussi mal que son pied boiteux. Juliet lui voue son amour et sa fidelite, elle est heureuse de se sacrifier pour son heros de guerre.
Gressida (17 ans a cette epoque-la) est une fille hors du commun, autiste peut-etre. Elle semble bouder le monde acide et cynique. Elle est amoureuse en secret du fiance de sa sœur et cherche a l’aborder. Elle croit qu’ils sontfaits l’un pour l’autre – lui, le malade et elle, l’inadaptee a la societe.
Tout vacille lorsqu’elle se rend dans un bar mal fame y retrouver Brett et le lendemain, elle est portee disparue.  Dans la jeep accidentee de Brett, on trouve des traces du sang de Cressida et des traces de lutte. Brett qui ne se souvient de rien, est arrete, condamne, emprisonne.
Dans ce roman, Oates fait resonner certaines opinions des americains sur la guerre (il y en a qui ne la soutiennent pas, pas qui admirent ses heros) ; elle fait le lecteur reflechir sur le sort de ces heros « deboussoles ». Mais il y a surtout la dissection chirurgicalement precise de la famille de l’americain moyen. Sur ses fondements et ses perturbations. Le père, Zeno, ancien maire de la ville, culpabilise de ne pas aimer cressida autant que Juliet et refuse d’accepter sa fille disparue comme morte. La mere (Arlette) assume le fardeau de la disparition de la fille, en tombe malade, mais fait de son mieux pour se relever et pardonner au « assasin ». Juliet, la sœur, tourne le dos a carthage et va chercher et construire ailler son bonheur de petite-bourgeoise.Cressida, loin de sa famille continue de penser que personne de sa famille n’eprouve du chagrin pour elle.
L’auteur se sert avec une excellente maitrise du preocede roman « mis en abime » - on est en 2012, dans une prison en Floride et nous assistons a une visite de la chambre d’execution et du couloir de la mort. C’est vraiment diabolique – on assiste aux preparatifs terrifiants pour la procedure, on entend les reactions des visiteurs et c’est comme si toute la societe americaine donait son avis sur la peine de mort. C’est une autre base du roman, a part la guerre en Iraq et la tragedie d’une famille.
Comme toujours, dans les romans de Oates il y a secousses, des hauts et des gouffres. Elle dit bien des choses sur les crimes – de guerre, de religion, de passion.
Un orateur de Rome disait « Delenda est Carthago » - « Il faut detruire Carthage ». dans le roman de Oates, ce n’est pas petite ville de Carthage qui est detruite, mais une famille. Detruite apres la tragedie, mais puis reconstruite autrement.

Une belle citation  a ce propos :
Le père, la mère, la fille aînée, tous trouvent un nouvel espace où se lover. Où se mettre à l’abri, peut-être, comme Brett Kincaid se sent à l’abri en prison. Le prénom du père, Zeno – Zénon – renvoie à un paradoxe bien connu, celui de la flèche lancée mais immobile. Comme si la trajectoire de Cressida, qui est le cœur palpitant du roman, était à la fois figée et mouvante. Un exemplaire du Phédon tient une place particulière dans les relations entre la fille cadette et son père : Cressida ne pardonne pas à Socrate de s’être suicidé, de s’être entêté. Elle a découvert le texte de Platon dans un des livres de son père, un livre d’étudiant, dont les marges sont pleines d’exclamations et d’annotations manuscrites.

Avis

L’architecture du roman m’a donne le tournis – il y a un prologue, un epilogue, trios parties, chronologiques, mais a l’interieur – des retours, des spirales en arriere et vers le present. Tout cela complete l’encrage principal du roman.
J’ai toujours aime le cote romanesque chez Joyce Carol Oates. J’aime comment elle raconte les peines, les violences, les disparitions, les secousses. Et surtout l’inattendu ce qui enchante toujours le lecteur.
Tres bon roman, a ne pas rater.


Dernière édition par Cassiopée le Jeu 20 Oct 2016 - 10:19, édité 3 fois (Raison : Ajout sondage et présentation du livre + couverture)
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Re: [Oates, Joyce Carol] Carthage

Message par Paprika le Sam 20 Mai 2017 - 17:41

je viens de terminer la lecture de Carthage.
L'histoire se déroule sur environ 10 ans dans une petite ville calme dans une famille paisible.
C'est un simple fait divers, un drame familial qui vient bouleverser un ordre bien établi.
Violence, culpabilité, fautes, dérèglements mentaux vont venir secouer cette petite ville.
Trois parties dans ce roman. Le fait divers, puis ce qu'il advient de chaque membre de la famille et enfin l'épilogue.
Il y a des passages difficiles à lire comme celui de la visite d'une prison et de son couloir de la mort.
Comme l'état d'esprit du caporal Brett Kincaid quand il revient de la guerre en Irak.
Comme le ressenti et les réactions des membres de la famille éprouvée.
C'est un roman fort, puissant, très bien écrit.
Un roman à lire.
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