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[Coloane, Francisco] Le Dernier mousse

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Message par elea2020 le Mar 9 Juin 2020 - 22:55

Le Dernier mousse
Francisco Coloane
Traduit du chilien par François Gaudry
Points
109 pages
ISBN : 2-02-033290-6

[Coloane, Francisco] Le Dernier mousse Le-der10


Résumé de couverture :
Au début du siècle, la corvette Général Baquedano, voilier école de la Marine chilienne, quitte Talcahuano et se dirige vers le cap Horn. A son bord, Alejandro, un gamin de quinze ans embarqué clandestinement, va se frotter aux dures réalités de la mer et du métier de marin. Au bout du voyage, il découvrira une terre sauvage et belle, située aux confins de l'hémisphère Sud.
Ce court roman d'apprentissage où se mêle l'épique de l'univers maritime et la beauté magique des paysages glacés, a conquis en Amérique latine un large public ; ce qui a permis à Alvaro Mutis, introducteur chez nous de l'oeuvre de Coloane, de considérer ce dernier comme " un nouveau Jack London "

Mon avis :
Un tout jeune adolescent décide de s'embarquer comme passager clandestin sur la corvette "le Baquedano", qui est un bateau école pour les mousses, et effectue son dernier voyage avant d'être démontée, vers le mythique Cap Horn et la Terre de Feu. Bien sûr, Alejandro Silva est repéré, et le commandant de la corvette décide de le garder à bord. Il deviendra mousse, revêt l'uniforme de marin et fait ses classes. Les hommes de l'équipage sont rudes, parfois moqueurs (on le surnomme "trois formes" parce qu'il n'a pas reconnu des baleines lors de son premier quart à la vigie), mais il est bien encadré, et le métier lui plaît.

Il s'est donné pour but de retrouver son frère aîné qui est parti vers le Sud, et dont on n'a plus eu de nouvelles. Comment faire ? Avant de résoudre cette épineuse question, il connaîtra des histoires de fantômes en mer, grâce au vieil Escobedo, qui enchante les soirées ou travaux de couture des mousses de ses mystérieuses et frissonnantes histoires, une tempête terrifiante, une navigation au milieu des icebergs, une rencontre avec les Indiens Yaghans... Avant, qui sait ? De trouver sa voie comme marin, de même que l'était son défunt père.

C'est un court roman, et je reste bluffée par la réussite, par tout ce que l'auteur est parvenu à concentrer dans cette intrigue simple de roman d'aventure maritime, pourtant dense et ramassée. Tout y est : les passages obligés comme la tempête, l'arrivée au port sont là, ciselés à merveille, pas un mot de trop, et le souffle d'une épopée maritime, le chant de la nature, des vastes espaces, la nostalgie d'une époque sur le point de se terminer - le Baquedano n'est-il pas lui-même à voile comme à machines ?

On y tire le canon, on y salue un homme disparu en mer, on défile dans les rues des ports, on s'exerce au tir sur des icebergs, on chasse la baleine ; c'est aussi le roman d'une initiation, d'un passage à l'âge d'homme, aux choix responsables. Je n'arrive pas encore à comprendre avec quelle maîtrise Coloane a pu faire tenir tant de substance en une petite centaine de pages.

Et pas seulement ! Il trouve le moyen de défendre la nature, de présenter les Indiens comme bien plus civilisés qu'on ne croirait, il fait l'éloge d'un commandant qui est un vrai marin, et qui affronte la tempête sur le pont avec ses hommes, en ciré et en bottes. Le récit n'est pas dénué d'humour, et la langue est élégante, simple comme seuls les très grands écrivains parviennent à l'écrire, épurée, stylisée, juste parfaite. Je ne m'y connais d'ailleurs pas en traduction espagnole, mais je tire mon chapeau à François Gaudry, car à aucun moment je n'ai eu l'impression de lire une traduction.

Je me suis contentée de dériver dans un état second sur les flots déchaînés du Pacifique, ou de glisser lentement sur les eaux du détroit des Magellanes, et c'était beau - j'ai encore la mémoire des embruns et des ciels infinis des côtes chiliennes... Ce roman est inépuisable, il restera sur mes étagères à une place de choix. Je sais que je le relirai, sans me lasser. Et bien sûr, je vote coup de coeur, mais c'est au-delà.

Petite précision amusante sur la couverture : l'illustration s'intitule "Habitants des glaces regardant les intrus" (tableau de William Bradford, 1875) - elle est très bien choisie.  Smile

Extraits :
"Relève des quarts ! cria un quartier-maître en ouvrant le panneau d'écoutille.
Il était près de quatre heures du matin. Les matelots et les mousses qui devaient relever leurs camarades enfilèrent leurs cirés et montèrent par groupes sur le pont. Alejandro faisait partie du groupe affecté au mât de misaine.
Ils attendirent le passage d'une grande vague et rejoignirent leur poste en courant ; Alejandro fut envoyé, avec deux camarades, à une écoute.
Le spectacle sur le pont n'était pas moins terrifiant que celui que les hommes imaginaient dans l'entrepont. Le navire montait à l'assaut de véritables montagnes d'eau. Le Pacifique sud traversait une de ses nuits de furie, que seuls de grands marins peuvent affronter.
" (page 58)

"Certains après-midis étaient consacrés à des cours de chant. La fanfare de la corvette s'installait sur le château de proue et l'équipage s'alignait sur le pont. Le maestro, un officier musicien, donnait trois coups de baguette sur le pupitre et, aux premiers accords, près de trois cents hommes entonnaient de magnifiques chants de mer.
Au milieu de ces canaux paisibles, dans le calme de ce monde immobile et sombre, s'élevaient les voix d'un choeur impressionnant, dont l'écho se répercutait d'une rive à l'autre, tel un chant de conquête adressé à ce paysage démesuré et sauvage.
" (page 77)

"Nous sommes comme les glaces. La vie nous fait parfois chavirer et nous change de forme." (page 112)
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