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Message par Sharon le Sam 26 Jan 2019 - 2:04

[Blake, James Carlos] Handsome Harry Couv7510

Titre : Handsome Harry
Auteur : James Carlos Blake
Edition :Gallmeister
Nombre de pages : 314 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, “Handsome Harry” Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit. Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles. Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Sans nous vanter, en matière de casse, nous sommes les meilleurs. Un chauffeur, trois ou quatre gars motivés, une voiture de remplacement, et le tour est joué.
Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains. On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.

Mon avis :*

Soyez les bienvenus dans un roman frémissant et flamboyant, dans un roman véritablement littéraire, dans le sens où il nous raconte une histoire, sans se préoccuper de la morale du récit ou des personnages. Nous sommes dans les années 30, l’Amérique est frappée par la grande Dépression, la prohibition est moribonde et pas grand chose ne va. Dès le début du récit, nous savons ce qu’il va advenir de Harry Pierpont – et de ce qui est arrivé aux autres. Cependant, ce presque homme de l’ombre de la bande de Dillinger -il n’a jamais cherché la publicité, détestait être pris en photo, va nous conter son histoire, celle de sa bande qui … Oui, quels termes utiliser ? Qui a écumé l’Amérique et dévalisé le plus de banques possibles. Mais l’Amérique était exsangue, personne ne vivait bien, et braquer des banques semblait presque un moyen comme un autre de gagner de quoi vivre – de quoi flamber !
C’est presque insensiblement qu’Harry est devenu braqueur. On notera au passage l’éclairage qui est donné sur le système judiciaire américain, ou plutôt sur ses défaillances. Le narrateur ne nous balade pas quand il nous montre comment les jeunes délinquants sont exploités, comment les détenus, dont la dureté de la peine est de longueur variable selon… selon quoi, au juste ? La bonne conduite de l’individu, ou plutôt sa capacité à duper les gardiens et les juges ? Faire ce que l’on attend de vous est très important !
Comme l’écriture est rétrospective, Harry revient sur les décisions prises qui n’ont pas été les bonnes – parce qu’un braquage, c’est cinq minutes qui peuvent tout changer. » Dès que c’est fait, ce qui aurait pu se passer…eh bien, ça s’est passé » apparaît comme un leitmotiv qui ressurgit au moment clef du roman. Harry, Red, Charley, Russel, et bien sûr John Dillinger étaient des êtres vivants, dans le sens où ils tenaient à profiter de tout ce que la vie pouvait leur offrir, toujours en mouvement, vivant de façon brûlante ces jours de liberté qui, finalement, représentent bien peu à l’aune d’une vie.
La vie, l’amour, les femmes. Elles sont étonnamment libres, elles qui gravitent autour du gang Dillinger. Elles ont souvent vécu une enfance compliquée, du moins étaient habituées à voir les hommes de la famille (leur père, leur frère) vivre de combine et passer un temps plus ou moins long derrière les barreaux. Elles ont développé, comme Pearl, un sens poussé de la débrouillardise – parce qu’il faut autant s’en sortir par soi-même que se faire exploiter par les autres.
Parce que c’est là, finalement, le coeur du roman : les gangsters sont plus sympathiques que certains policiers qui les poursuivent, plus sympathiques que les gardiens de prison qui savent fermer les yeux si nécessaires, et n’hésitent pas à humilier ceux qui sont à leur merci. Il s’agissait pour eux d’arrêter la bande de Dillinger, plutôt morte que vive, et tant pis pour celles qui se seraient trouvées avec eux. La bande était soutenue par une partie de l’opinion publique, c’est dire son opinion pour sur la police et la justice américaine.
Handsome Harry, un roman rouge ardent.
Sharon
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