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[Adnan ElAloui, Loubaba] Le caftan jaune

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[Adnan ElAloui, Loubaba] Le caftan jaune

Message par Bénédicte le Dim 3 Avr 2011 - 22:27



Auteur : Loubaba Adnan El Aloui
Titre : Le caftan jaune
Edition : Marsam
Année d'édition : 2010
Nombre de pages : 102

Résumé de l'éditeur

Loubaba Adnan El Alaoui fait revivre pour nous Fès, lieu de son enfance. Elle nous emmène, à travers les ruelles de la médina tout près de l'incontournable mausolée de Moulay Idriss, pour retrouver derrière les lourdes portes des maisons fassies et des personnages aussi émouvants qu'attachant. Elle nous replonge dans un passé coloré, plein d'humour, d'intrigues, de jalousie, de joie et de souffrance ; passé lointain toujours vivant. Ses nouvelles teintées d'une pudique nostalgie sont servies par une prose savoureuse.

En quelques mots

Le caftan jaune est un recueil de dix sept courtes nouvelles, publié aux éditions Marsam, à Rabat en 2010. Un mot d'abord sur la splendide couverture de ce livre qui représente une femme au foulard jaune, réalisée selon une technique mixte sur toile par Raji Abdelhalim. Loubada Adnan El Aloui sait créer l'ambiance, c'est le moins que l'on puisse dire. Une ambiance feutrée, typiquement marocaine, où se mêlent traditions et superstitions, dans laquelle ses personnages évoluent, discrets, modestes, immatériels. L'action de ces nouvelles se situe à Moulay Idriss, ville sainte abritant le sanctuaire d'Idriss Ier, fondateur du Maroc et père d'Idriss II, fondateur de Fès.

L'auteur a étudié la littérature française. Elle est titulaire d'un doctorat de 3ème cycle à la Sorbonne. Le champ lexical de ces nouvelles est totalement dépaysant. La ville est décrite par petites touches tout au long du recueil. Les fleurs sauvages, les figuiers, les haies d'épines côtoient les mulets, les moutons et les poules. La terre rouge et la rocaille, le vent en rafale, les branches épineuses complètent ce tableau. L'auteur nous entraîne dans la médina et l'on suit les personnages au delà des remparts, dans les ruelles, le quartier des tisserands, celui des menuisiers , les échoppes, les boutiques, les étals de dattes, de figues et de noix, et les gargotes. Ici une fontaine et là un mausolée, un minaret. On découvre des impasses, des anciennes maisons avec leur porte voutée, leur patio, leur terrasse ou leur fenêtre en ferronnerie. A l'intérieur des maisons, pudiquement, sont posés un tabouret, une armoire, un seau en cuivre, une malle en bois cloutée, un miroir biseauté et des coussins, des tentures, des draperies, des tapis et des bougies. Les éffluves sont capiteuses. Le décor prend vit ; les personnages sont vêtus selon les traditions marocaines : claquettes de bois à lanière, djellabas, foulard à fleurs, voile, caftan et mansouria en mousseline, ceintures en passementerie, mantille, étole et fichu. Les repas, les mêts et les odeurs, tout nous plonge dans cette ambiance marocaine intimiste : un plateau pour le thé, une bouilloire, une touffe de menthe, du pain de sucre, une botte de cardons, une tagine d'agneau, du poulet aux olives, des tomates, des poivrons des pastillas aux pigeons, du citron confit, des épices, du cumin, du coriandre, de la cannelle, des cornes de gazelles, des gâteaux au beurre et aux amandes, des oranges, des gâteaux concassés au miel. Les odeurs sont envoutantes, il y a beaucoup de réalisme dans ces nouvelles, une évocation constante de couleurs et de senteurs : eau de fleur d'oranger, bois de santal, musc, essences de roses.

Le contenu des nouvelles est assez harmonieux, sensuel, intimiste. L'intrigue est généralement familiale ou sociale. Il est question de tromperie, de répudiation, d'esclavage, de relations mixtes, de soumission, de rites, de rituels, de traditions aussi, et de danse.

La Baraka par exemple raconte la vengeance audacieuse d'une femme, écrasée de corvées domestiques, sur sa belle-mère acariâtre et son époux vieillissant. Mkeltoum assiste au réveil d'Haj, son mari, et lui rappelle la visite de sa tante. Alors qu'il se rend à son échoppe, elle se prépare. Dans le secret, elle attend Fettah qui la courtise depuis des mois. La venue de sa tante est un prétexte et le départ de sa belle-mère une aubaine. A son retour, son mari remarque sa joie qu'il attribue à la présence de sa tante. La bienséance l'empêche de vérifier sa présence et il l'invite à dormir avec elle pour l'assister si besoin. Au bout de trois jours d'amour, d'ivresse et de folie, son amant doit partir. L'issue de cet amour saura pourtant combler Haj...

Au delà du miroir raconte les hallucinations merveilleuses de Larbi, un homme seul, vivant à l'étage d'une grande maison, dans l'indifférence de ses colocataires, sans ami et sans distraction.

Dans La main de Fatma, l'ainée de Zouhra, répudiée, est recueillie avec sa petite soeur après l'incendie de son lit. L'abandon, le manque affectif, l'exclusion la font déraper.

Le Caftan jaune relate l'état de Ghita qui participe à une cérémonie de mariage en tenue marocaine jaune canari. La fête bat son plein, des femmes dansent et Ghita se souvient avoir assisté trente ans plus tôt à des hadrats données par des vieilles tantes ou amies de sa mère. Elle se remémore l'orchestre, les chanteuses, les danseuses qui entraient en transe, participant à un rituel venu de l'Afrique noire que les esclaves avaient emporté avec eux.

Dans La porte de l'enclos. Fatna vit seule dans sa vieille maison en pisé. Son fils Hmida lui rend visite. En pleine nuit, elle le retrouve gisant dans une mare de sang. Bouazza son ami semble être le seul à pouvoir soulager son chagrin. L'enquête sur l'assassinat n'apporte rien. Fatna connait la vérité et fait justice elle-même.

Intrigues de harem est une nouvelle inquiétante. Elle relate comment une petite fille par l'exemple de sa mère apprend peu à peu ce que signifie le mot répudiation, ses circonstances, ses conséquences.

Oum Sidi est une belle nouvelle sur la vieillesse et la solitude. Oum Sidi souffre de rhumatisme et a du mal à se lever. Les seules visites qu'elle reçoit sont celles des Filles, enfants des épouses légitimes et autres esclaves qui comme elle ont eu des enfants avec Sidi, un grand notable de la ville. Elle reste couchée des journées entières. A la demande de son fils ainé qui l'a délaissée, un homme lui fait son marché. Dans son délire et dans sa solitude, elle invente un enfant qui accapare son temps.

Plus folklorique, Khlii raconte la mise à mort d'un chameau et le séchage des lanières de viande.

Ce recueil est une jolie découverte
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Re: [Adnan ElAloui, Loubaba] Le caftan jaune

Message par Loo le Dim 3 Avr 2011 - 23:33

Belle critique qui donne vraiment très envie. Je le note même si je ne le lirai pas tout de suite. Merci Bénédicte.
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Re: [Adnan ElAloui, Loubaba] Le caftan jaune

Message par alexielle63 le Lun 4 Avr 2011 - 11:42

Comme il s'agit de nouvelles, j'ai déplacé dans "autres genres littéraires"...
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Re: [Adnan ElAloui, Loubaba] Le caftan jaune

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