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Message par Cassiopée le Mar 5 Fév 2019 - 23:58

[Ruskovich, Emily] Idaho Tzolzo39

Idaho
Auteur : Emily Ruskovich
Traduit de l’américain par Simon Baril
Éditions :  Gallmeister (3 Mai 2018)
ISBN: 978-2-35178-129-6
368 pages


Quatrième de couverture

Idaho, 1995. Par une chaude journée d’août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d’empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C’est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann. Mais alors que la mémoire de son mari s’estompe, Ann devient obsédée par le passé de Wade.

Mon avis

« Il y avait une certaine intensité inhérente à toute chose jusqu’à ce qu’un jour, il n’y en ait plus. »

C’est le premier roman d’Emily Ruskovich et il est éblouissant. Lourd de sens, complet et complexe, il emporte le lecteur sur les chemins de la mémoire, du passé, de ce qui construit et détruit les hommes et les femmes.

1995, Wade et Jenny sont en forêt avec leurs deux filles, ils taillent du bois et empilent des branches dans leur pick-up. Il fait chaud, il y a des moustiques, la chaleur pèse sur les organismes. Soudain, un drame et la famille est éclatée à jamais. Neuf ans plus tard, le père est remarié avec Ann. Il perd la mémoire, et son comportement devient instable, déroutant, voire même dangereux pour sa nouvelle épouse. Elle essaie de remonter le fil, de comprendre les événements qui se sont déroulés le jour où tout a basculé mais elle se heurte à la part d’oubli qui a envahi l’esprit de son mari.
« C’est la texture de ses souvenirs, non pas l’émotion, qui a disparu. »

Les chapitres, datés (et très étalés dans le temps de 1973 à 2025), car rien n’est linéaire, se succèdent, apportant leur lot de silences, de non-dits, de révélations, d’indices, glissés ça ou là…. On découvre comment Ann essaie de remonter le fil, ce qu’est devenue Jenny. C’est un récit très descriptif, je dirai même « analytique » dans le sens où chaque situation est décortiquée tant dans le contexte, le décor, que dans les émotions des uns ou des autres.
L’auteur a une écriture lumineuse, qui rayonne au-delà des mots. Elle est fouillée, travaillée, précise, pointue…. Ce qui est impressionnant (encore plus quand on sait qu’il s’agit d’un premier livre), c’est la maturité du style, du phrasé. Les paysages de l’Idaho sont évoqués avec minutie, on perçoit l’atmosphère, on entend les oiseaux ou le bruissement d’un ruisseau ou d’un animal….. On y est vraiment et, en outre, les troubles, les ressentis de chacun sont présentés avec finesse …. J’ai également été stupéfaite par l’évocation du drame, en quelques mots, sans en rajouter. Pourtant, c’est l’élément déclencheur pour les recherches d’Ann mais celui qui lit n’a pas besoin d’en savoir plus. L’absence de détails donne encore plus de poids à ce qui s’est passé.

Ce recueil aborde de nombreux thèmes : l’amour, la vieillesse, la perte de la mémoire, le deuil, la famille, la résilience, la nature, l’espoir et bien d’autres. Ce qui est très bien fait, c’est que tous ces sujets s’imbriquent, sont presque toujours présents en filigrane dans chaque chapitre …

Ce n’est pas un texte facile à lire, non pas parce qu’on passe d’une époque à l’autre puisqu’on se repère très facilement mais parce qu’il y a comme une espèce de lenteur, de nostalgie singulière et d’évanescence qui imprègnent les lignes, l’atmosphère toute entière, obligeant le lecteur à se poser pour à son tour s’imprégner de chaque mot choisi avec soin permettant ainsi que le murmure de la vie reste présent malgré tout …..  

Sublime et délicat, ce premier roman rempli de poésie et d’une éclatante beauté est parfaitement réussi.

NB :  Bravo à Simon Baril pour son remarquable travail de traduction

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Message par Pandora le Mer 6 Fév 2019 - 22:26

Merci Cassiopée pour cette très belle critique qui donne envie de découvrir la plume et l'histoire !

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Message par Cannetille le Lun 16 Mar 2020 - 21:29

Après la tragédie qui, il y a quelques années, a occupé la une des media et fait disparaître de sa vie sa femme Jenny et ses deux petites filles May et June, Wade vit toujours dans sa maison perdue dans les montagnes de l’Idaho. Désormais âgé d’une cinquantaine d’années, il est atteint de démence précoce et perd peu à peu toute notion de son passé. Sa seconde épouse Ann devient sa soignante, mais se sent aussi investie d’un devoir de mémoire : plus Wade devient l’ombre de lui-même, plus Ann entreprend de creuser son histoire, reconstituant le drame et endossant de bien lourdes responsabilités.

L’âpre et grandiose coin de nature qui isole Wade, Jenny d’abord, Ann ensuite, n’en rend que plus écrasants les événements qui pèsent sur leur vie : dans un tel espace, tout devient à la fois dérisoire face à l’implacable indifférence du cadre où ils se débattent, et insurmontable tant ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Pourtant, leur combat perdu d’avance s’illumine d’une profonde humanité, d’autant plus émouvante que silencieuse et fragile : chaque personnage devient un cri muet, qui n’espère plus d’issue pour lui-même, mais trouve finalement une forme de rédemption dans son dévouement pour quelqu’un d’autre.

L’auteur nous livre des protagonistes complexes, qu’on se contentera d’accepter comme ils sont, sans jugement ni explication psychologique. Leur histoire se dévoile peu à peu, au rythme de leurs remords, de leurs souvenirs et de leurs reconstitutions parfois imaginaires d’un passé qui s’entremêle constamment au présent. Comment vivre avec la perte et la culpabilité, le doute et le dégoût de soi ? Comment se reconstruire sur des ruines ? Ici pas de mots ni de volonté consciente d’y parvenir : juste des réflexes de survie où finissent par refleurir des petits moments de grâce, où l’âme cherche la lumière dans un parcours semblable à un chemin de croix.

Paradoxalement, la lecture n’est jamais sombre ni pesante : l’on devine, l’on pressent, et l’on avance peu à peu, touché par le courage de ces gens ordinaires qui expient sans se plaindre, après avoir été abattus par des circonstances curieuses qui font paraître bien fragile la frontière entre le bien et le mal.

Idaho est une histoire troublante et étrange, qui fait hurler le silence accumulé sur des blessures anciennes et jamais cicatrisées, et brûler d’émouvantes flammes d’amour et d’humanité sur un terreau de désespoir résigné. (4/5)
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