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Message par Cassiopée le Sam 21 Sep 2019 - 19:39

[Josse, Gaëlle] Une femme en contre-jour Cvt_un11

Une femme en contre-jour
Auteur : Gaëlle Josse
Éditions : Les Editions Noir Sur Blanc (7 Mars 2019)
ISBN : 978-2882505682
160 pages

Quatrième de couverture

Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants. Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos. Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille. Son œuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard – une histoire digne des meilleurs romans – dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meubles de la banlieue de Chicago.

Mon avis

Un œil posé sur la vie

« Chez Vivian Maier, il y a la crasse de la rue, la saleté des vêtements tachés, déchirés, il y a des chaussures trouées et des enfants qui jouent dans le caniveau. Nous sommes dans un réel saisi de face, de front, sans embellissement aucun. »

L’écriture de Gaëlle Josse est une dentelle qui se construit sous nos yeux. Parfois froide et détachée, posant les mots, sans émotion apparente, qui décrivent l’aventure d’une femme hors normes, parfois tendre et délicate, elle donne vie à un destin inoubliable. Elle lace, entremêle les fils pour donner vie à une invisible : Vivian Maier. Ancienne bonne d’enfants, cette femme a connu le succès après son décès lorsque des cartons contenant les milliers de photos qu’elle avait faites ont été remis au jour. Elle reste une énigme car les témoignages sur elle sont parfois divergents mais son talent, lui, fait l’unanimité.

La photographie comme la fixait Vivian Maier sur sa pellicule est un art à part entière. « Capturer l’instant et lui donner vie, à jamais », c’est ce qu’elle faisait. Elle portait un regard attentif sur tous les frôlements, les affleurements, les instantanés du quotidien. Elle aurait pu ne prendre que le « beau » (mais qu’est-ce que le « beau » ?), le lisse, le bien-pensant… mais elle avait choisi de montrer la banalité de tous les jours et de lui donner du sens …. Elle « clichait » « les pauvres, les abandonnés du rêve américain, les travailleurs harassés, les infirmes, les femmes épuisées, les enfants mal débarbouillés, les sans domicile fixe »…. D’ailleurs, Gaëlle Josse souligne : « Un artiste poursuit ce qui la hante, l’obsède, la traverse, la déchire. »

Ce livre est une belle découverte. L’auteur est sortie de sa zone de confort pour changer de registre. Elle a lu, s’est documentée, s’est renseignée avant de donner naissance à un recueil le plus juste possible où elle explique dans les dernières pages sa démarche. De plus, le parallèle qu’elle établit entre la photographe et elle, est plus qu’intéressant, captivant.

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Message par Pandora le Dim 22 Sep 2019 - 10:49

Merci pour cette critique Cassiopée, je note, j'aime beaucoup la photographie du vrai, sans ajustement.

J'adore la phrase : " L’écriture de Gaëlle Josse est une dentelle qui se construit sous nos yeux. " C'est très beau !

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Message par Cannetille le Mer 13 Mai 2020 - 11:41

Les photographies réalisées sa vie durant par Vivian Maier, Américaine d’origine française et autrichienne née en 1926, n’ont été découvertes qu’après sa mort, tout à fait par hasard. Désormais au panthéon des plus grands photographes de son siècle, cette gouvernante d’enfants issue d’un milieu modeste, voire misérable, grandie sans amour auprès d’une mère dysfonctionnelle, mena une existence solitaire et étrangement libre pour l’époque, centrée sur l’obsession de sa collection d’images qu’elle n’a jamais cherché à faire connaître, qu’elle n’a parfois même jamais vues elle-même, faute de moyens suffisants pour développer ses plaques et pellicules. Elle a laissé la trace de son regard sur le monde et sur elle-même, au travers de scènes de rues croquées sur le vif où elle s’intéresse aux failles de ses sujets, souvent marginaux et laissés-pour-compte, et d’auto-portraits sans coquetterie où elle ne se profile que sous la forme d’ombres ou de reflets. Son personnage reste un mystère, que Gaëlle Josse tente d’approcher au travers de son histoire, étonnante à plus d’un titre, et qu’elle nous restitue fidèlement, avec sensibilité et élégance.

Ce qui frappe chez Vivian Maier est sa volonté de ne pas exister et de s’effacer, qui la fait se transformer en témoin quasi invisible, en regard qui traverse le monde sans se donner le droit d’y laisser sa marque ni d’y devenir quelqu’un : dans ses images d’êtres souvent misérables et marqués par la vie, ces invisibles anonymes qui la fascinent, on est tenté de voir une projection d’elle-même, elle qui assiste au naufrage de ses proches dans le dénuement, la violence, les addictions et la folie, et qui, privée d’amour dans une famille où chaque naissance engendre honte et rejet, ne se reconnaît aucune valeur et préfère se faire discrète pour moins souffrir.

Au fur et à mesure que l’on devine les failles de la personnalité de Vivian, que certains témoignages viennent même teinter d’une suspicion de pathologie quasi psychiatrique, l’on perçoit aussi l’importance vitale qu’a pu revêtir pour elle la prise quotidienne d’images. Loin d’un hobby, la photographie est chez elle un acte salvateur, un moyen qui lui permet sans doute, inconsciemment, d’exprimer et de mettre à distance sa souffrance, de vivre sous la protection de reflets qui la dévoilent et la masquent en même temps. L’appareil-photo de Vivian devient une sorte d’instrument de camouflage, qui en la transformant en miroir réfléchissant, lui permet d’exister au travers de ses sujets, sécurisée par son invisibilité.

L’on ne peut désormais plus que s’émouvoir de la trace fantomatique laissée par cette artiste, et frémir à l’idée que son œuvre aurait bien pu disparaître corps et bien avec elle.

Gaëlle Josse a donné à son récit un équilibre parfait : sans ajouter aux prédispositions romanesques de cette biographie, avec fidélité, sobriété et discrétion, elle réussit à faire revivre cette femme et son histoire de façon crédible et vivante, dans un style élégant, sensible et soigné qui hypnotise de la première à la dernière ligne. Il ne reste plus ensuite qu’à courir découvrir les clichés de Vivian Maier, et à éternellement s’interroger sur la manière dont elle aurait considéré sa notoriété posthume. Coup de coeur. (5/5)
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