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Message par Sharon le Jeu 27 Aoû 2020 - 6:28

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Titre : Glory
Auteur  : Elizabeth Wetmore
Editeur :  les escales
Nombre de pages : 320 pages

Présentation de l’éditeur :

14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.
L’adolescente vient d’échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c’est dans les bars et dans les églises que l’on juge d’un crime avant qu’il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.
Elizabeth Wetmore n’hésite pas à sonder les tréfonds de l’âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.

Mon avis :

Nous voici dans les années 70, au Texas.  Cette époque n’est pas si éloignée de nous, pas plus qu’elle ne l’est dans notre imaginaire : en 1978, Dallas, la célèbre série télévisée américaine, verrait le jour et mettrait en scène de riches pétroliers et éleveurs de bétails. Cela tombe bien : dans ce roman, nous verrons des éleveurs, qui souffrent, qui voient leurs bêtes tomber comme des mouches, et qui ne savent plus quoi faire pour se maintenir à flot (ou pour rester simplement la tête hors de l’eau). Nous verrons aussi des hommes qui travaillent dans les champs de pétrole, des hommes qui doivent faire avec des accidents du travail, des femmes qui craignent, tous les jours, que leur mari ne rentre pas, ou qu’il se retrouve à l’hôpital, grièvement blessé.

Le Texas et le Mexique. On ne parle pas encore de construire un mur pour empêcher les mexicains de venir. Non, on ferme les yeux, tant qu’ils peuvent être utiles. Et pourtant, le racisme est omniprésent. Prenez Gloria Ramirez. Elle a 14 ans. Elle a été victime d’un viol, et elle a trouvé refuge dans une ferme, la seule maison qui se trouvait à l’endroit où elle a été violée. Elle a eu de la chance : la jeune femme lui a ouvert. En effet, le racisme est omniprésent. Il n’est pas « naturel » d’aider une ado de 14 ans victime d’un viol. Il n’est pas « naturel » de gâcher la vie d’un fils de pasteur, sous prétexte que la soirée ne s’est pas passée comme prévue. Il est normal de rire de cette petite mexicaine,venue illégalement aux USA, de dire qu’elles font plus âgées que leur âge, qu’elles sont toutes ainsi. Quand j’ai lu toutes ses remarques, toutes ses attaques contre les très rares femmes qui ont soutenu Gloria, je me dis que les choses n’ont pas autant évolué que cela depuis 1976, il suffit d’avoir en tête les commentaires sur des affaires récentes.

C’est un roman choral, oui, un roman qui laisse la parole aux femmes, aux filles, un roman qui nous parle de la maternité, de la solitude, de la vieillesse, du suicide, du deuil. Il nous parle de la difficulté à être mère, du fait aussi que les femmes n’ont pas à satisfaire de désir de paternité de leur mari (qui veut un deuxième enfant, ou qui veut un fils, ou un second fils, un peu comme si sa femme était une de ses vaches). Il est question de l’impunité dont peuvent jouir les hommes. Vie d’hommes, vie de femmes : les hommes partent courageusement travailler le matin, les femmes restent à la maison, cuisinent, font le ménage, seules les enfants ont un peu de liberté (et encore), les jeunes filles d’Odessa n’ont guère d’avenir : peu vont au bout de leurs études, soit elles effectuent un travail ingrat et mal payé, soit elles se marient jeunes et déjà enceintes. Rares sont celles qui quittent Odessa, et si oui, quel sera leur avenir ? Il faut être forte, plus forte que la misogynie ambiante, plus forte que la colère qui a pu être accumulée.

Glory – un livre fort.
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Message par lalyre le Mar 15 Sep 2020 - 19:24

Des portraits de femmes : Marie-Rose la mère au foyer soumise à son mari, avec ses deux enfants qui l’épuisent, elle est choquée de voir qu’on banalise le viol de Gloria, celle-ci qui fuit son violeur avec terreur horriblement blessée, Corrine, jeune veuve qui ne craint rien, ni personne, Debra Ann, une très jeune fille à l’acuité très forte, chaque chapitre est centré sur l’une d’elle. Une intensité croissante après l’ouverture traumatisante du roman, une belle construction ou la tension monte progressivement jusqu’à la fin, c’est une histoire dure et âpre à l’atmosphère pesante sur fond de racisme, de violence et de désespoir mais aussi du courage et des raisons d’espérer. J’ai apprécié cette lecture grâce à l’auteur par la qualité de son écriture et sa capacité à rendre vivants les personnages et les paysages. 4 ,5/5

Roman choral puissant et envoûtant, Glory met en scène les retombées d'une terrible agression dans une petite ville du Texas et donne la parole à celles que l'on n'a pas l'habitude d'entendre.
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Message par Cannetille le Ven 13 Nov 2020 - 14:43

En 1976, près de la petite ville pétrolière d’Odessa au Texas, une adolescente d’origine mexicaine, Gloria Ramirez, échappe de peu à son violeur et réussit à se traîner, ensanglantée, jusqu’à la ferme de Mary-Rose. Cette mère au foyer prend courageusement la défense de la jeune fille, d’abord fusil en main lorsque l’assaillant la poursuit, puis au tribunal où elle entreprend de témoigner. Mais, dans ce sud ségrégationniste et sexiste, opinion publique et justice penchent forcément en faveur des blancs et du machisme.

Elizabeth Wetmore excelle à nous plonger dans l’atmosphère particulière, mélange d’âpreté, d’oppression et de désolation, qui baigne cette ville de bout du monde, perdue dans le désert. Exsangue sous les assauts de la poussière, de la chaleur et de la crise économique, elle se retrouve soudain l’épicentre d’une fièvre pétrolière aussi miraculeuse que désastreuse. Ses terres désormais dévastées et souillées, empuantie par les émanations mortifères, elle est envahie par une faune assoiffée de dollars, masculine et célibataire, manne providentielle mais également source accrue de violence et d’insécurité. Aux dures et dangereuses conditions de travail des champs pétrolifères répondent excès en tout genre, cautionnés par la loi du plus fort, en l’occurrence blanche et conservatrice, qui continue, en ces années soixante-dix, à s’imposer en droite ligne de l’époque du Far West.

Au-delà de la terrible histoire de Gloria et de l’impunité de son agresseur, c’est à son impact sur ses témoins que s’intéresse le récit, dans une succession de portraits psychologiques où la rébellion s’achève dans l’impuissance et la folie, et où le désespoir se mêle à la résignation. Femmes vouées à la vie morne d’épouses et de mères de famille soumises, accédant au mieux à des emplois subalternes qui les exposent quotidiennement à la grivoiserie et aux agressions ; Mexicains en situation plus ou moins régulière, trimant pour à peine survivre, constamment sur la brèche de l’expulsion ; ancien du Vietnam, condamné à la marginalité et à la misère pour être revenu handicapé : tous n’ont d’autre choix que de partir ou d’accepter un ordre social ségrégationniste et sexiste qui a totalement et inextricablement façonné mentalités et institutions.

Cette vaste fresque qui prend le temps de camper en détails ambiance et personnages, monte peu à peu en puissance pour atteindre un paroxysme de tension, proprement haletant, sur son dernier quart. Elle s’achève sur l’amertume d’une conclusion noire et désespérée : le constat d’une iniquité inébranlable, tant ses racines sont profondes, et tant elle gangrène les bases mêmes de la société américaine de l’époque, comme encore sans doute celle d’aujourd’hui. Elizabeth Elmore impressionne par l’ampleur et la profondeur de ce premier roman. (4/5)
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