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[Bourdeaut, Olivier] Florida

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Message par lilalys Dim 27 Juin 2021 - 5:24

Florida d’Olivier Bourdeaut
Editions Finitude
Epoque contemporaine
256 pages
Date de parution : 4 mars 2021

[Bourdeaut, Olivier] Florida  Couv-f10


Quatrième de couverture :

« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. »
Sélection Grand Prix des Lectrices ELLE


Mon avis :

Pour la petite histoire, j’avais découvert le premier roman d’Olivier Bourdeaut, « En attendant Bojangles », lors de sa sortie, une vraie petite pépite qui continue d’ailleurs de faire partie de mes livres préférés. Puis j’avais été déçue par son second roman « Pactum salis ». J’attendais donc son troisième avec impatience. Et je dois dire que j’ai beaucoup aimé. Hormis l’écriture mordante et acérée de cet écrivain, ce conte est complètement saisissant.

La narratrice est une jeune femme, Elisabeth Vern. Le récit débute par le souvenir d’un anniversaire, le sien, celui de ses 7 ans. Cet événement est le début de la fin pour elle. « Cette victoire est le début de l’enfer » (page 12).
Sa mère a décidé de l’inscrire à un concours de mini-miss qu’elle va, hélas, remporter. Le cycle infernal commence alors, chaque week-end elles se rendent toutes les deux dans tous les concours de mini-miss du coin, mais jamais elle ne réussira à obtenir à nouveau la première place sur le podium.
Durant toute cette période, sa mère ne voit plus en elle qu’un potentiel trophée, la transformant au fil du temps en une petite femme épilée, loin de l’enfance dont elle devrait encore pouvoir bénéficier et qui devrait lui permettre de conserver cette innocence qui n’appartient qu’à cette période de la vie. La Reine mère, comme elle l’appelle, ne voit plus en elle qu’un objet qu’elle doit embellir pour qu’il puisse correspondre aux attentes des jurys. Peu importe si Elisabeth est d’accord ou pas, si elle vit bien le fait de parcourir chaque samedi des dizaines de kilomètres, avec toute la préparation qui précède (esthéticienne, coiffeur, maquillage, essayage…), et d’être regardée sous toutes les coutures par tous ces hommes. Sans parler de la déception qu’elle voit dans le regard de sa mère à chaque retour, elle qui ne parvient plus à accéder à la première place. Ah ce regard ! Durant le roman, elle reviendra souvent sur l’importance du regard ! Et puis toutes les petites phrases blessantes de la Reine mère qui lui rappelle sa totale imperfection (mais n’est-ce pas normal pour un être humain d’être imparfait ?).

Afin d’avancer scolairement, elle bénéficie de cours particuliers, via un professeur de son école. Le seul qui lui parle vraiment, l’écoute et lui permet d’évoluer (car elle est non seulement très jolie mais aussi plutôt intelligente). C’est une relation saine que sa mère va entreprendre de gâcher, encore une fois. Je vous laisse découvrir de quelle façon mais Olivier Bourdeaut va traîter le thème de la rumeur avec une grande justesse, il y reviendra d’ailleurs à plusieurs reprises.

Et puis un jour, devenue adolescente, Elisabeth la soumise se rebelle lors d’un concours. Elle offre une prestation catastrophique et pleine de vulgarité. Sa mère, honteuse, l’emmène alors voir un psy et grâce à ce dernier, Elisabeth obtient la possibilité d’aller en pension, loin de sa famille déséquilibrée et bancale.
On la pense sauver, mais l’autodestruction va continuer tout au long du roman et devenir son obsession. Elle cherche à se venger de sa mère et va détruire ce corps auquel elle a été réduite tant d’années, cette peau qui ne lui correspond plus. Elle va tout d’abord grossir, devenir une fille facile, puis après une tentative de réinsertion, un semblant de renaissance, elle retombe encore plus bas. Tenace et volontaire, elle n’aura de cesse de maltraiter son corps, son image de petite princesse. Le culte du corps est poussé à son maximum, il faut aller de plus en plus loin, même si…

Après le projet de sa mère, elle deviendra celui d’un ami. Elle ne parvient pas à exister pour elle-même, elle ne vit que par l’autre. C’est la fonction qui lui donne vie. Elisabeth Vern en tant que telle n’existe pas.
Quant à son père, elle l’appelle le Valet, le terme est suffisamment évocateur pour que je ne développe pas davantage l’idée qu’elle s’en fait.

Je n’en dirai pas plus concernant l’histoire car je risquerais d’en dévoiler trop.

J’ajouterai juste qu’Olivier Bourdeaut réussit à traduire la pensée et les ressentis d’une toute jeune femme avec une telle vérité qu’on ne peut qu’être étonné par tant de justesse.
Malgré les passages durs et les thèmes difficiles qui y sont abordés, j’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ce conte empli de cruauté, de finesse. Olivier Bourdeaut joue avec les mots avec subtilité. Il manie également l’humour, il parvient à nous faire rire avec des situations pourtant douloureuses :
« Chaque fois le même délire, la même angoisse quand elle remplit ses poumons pour cracher sur le gâteau. Car c’est de ça dont il s’agit lors des anniversaires, manger les postillons et les miasmes de celui qui fait un pas de plus vers la mort. » (page 140) ou encore, à propos du ver solitaire et de la façon dont on l’attrape : « Par le porc oui, mais jamais par sa mère. A moins que sa mère soit une truie qui veuille à tout prix que sa fille soit fine comme une brindille pour gagner un concours. » (page 34)

Quelques citations :

« Depuis le jour de mes 7 ans, mon corps et moi faisons chambre à part (…). Nous nous sommes séparés car pour rester bien dans ma tête, il fallait que le jugement des autres sur ma peau ne me concerne plus ».
« Mes yeux sont vides, je n’existe pas ».
« J’ai passé ma vie à élaborer des théories que les faits s’empressaient de détricoter ». (page 78)
« C’est important de se défoncer en toute sécurité, de se détruire sainement. » (page 136)
« Mes parents n’ont pas seulement été faibles et cons, ils ont été dangereux ». (page 139)
« Avant, je montais sur le podium pour montrer la miss, conserver et gagner de l’amour. Désormais, je veux y monter pour montrer mes muscles ma haine de moi, des autres. » (page 161)

Gros coup de cœur : 5/5
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Message par elea2020 Dim 27 Juin 2021 - 16:44

Merci pour cet avis, j'ai eu un coup de cœur pour En attendant Bojangles, celui-ci devrait me tenter aussi. Smile

_________________
"Ainsi vécut Raphaël pendant plusieurs jours, sans soins, sans désirs, éprouvant un mieux sensible, un bien-être extraordinaire, qui calma ses inquiétudes, apaisa ses souffrances. Il gravissait les rochers, et allait s'assoir sur un pic d'où ses yeux embrassaient quelque paysage d'immense étendue. Là, il restait des journées entières comme une plante au soleil, comme un lièvre au gîte." Honoré de Balzac, La Peau de chagrin.

Les Chouans, d'Honoré de Balzac / Mémoires intimes de Napoléon Ier par Constant, son valet de chambre, tome 2, de Constant Wairy. / Autobiographie d'un poulpe et autres récits d'anticipation, de Vinciane Despret / Physiologie du mariage, d'Honoré de Balzac.


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Message par lilalys Dim 27 Juin 2021 - 18:41

Avec plaisir Elea. Je suis sure que tu vas beaucoup aimer ce troisième roman si tu as aimé le premier.
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Message par marie do Dim 11 Juil 2021 - 13:04

Si j'ai aimé le roman j'ai eu du mal à avoir de l’empathie pour la jeune femme qu'est devenue la narratrice.
Je n'essaie même pas de comprendre comment il peut y avoir des concours de Miss, petites, jeunes, mamies ou autres C'est comme ça
Est-ce à cause de cette mère que la petite fille est devenue si égocentrique ? pour quelqu'un qui veut rejeter cette éducation elle continue quand même sur la même voie.
Une lecture très intéressante sur un fait de société qui, si il était très américain, à tendance à se propager avec ses dérives.
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Message par Cannetille Dim 29 Aoû 2021 - 11:43

Pour ses sept ans, la petite Américaine Elizabeth reçoit un cadeau dont elle ignore encore le poison. En lui offrant une robe de princesse et en l’inscrivant à son premier concours de mini-miss, sa mère vient de faire d’elle une jolie poupée qui lui fera vite oublier la véritable fillette. Devenue le jouet d’une mère bientôt obsédée par la course au podium, outrageusement transformée en infantile Lolita, Elizabeth ne tarde pas à réaliser que l’amour maternel ne tient plus qu’à ses performances lors de ses exhibitions. Elle croira trouver le moyen de s’échapper, mais, sa vie durant, ne connaîtra plus que haine et désir de revanche. Ce corps qu’elle déteste désormais, elle va s’en occuper à sa façon…

L’histoire d’Elizabeth est d’abord celle de ces enfants qui, investis malgré eux de la réalisation par substitution des rêves de leurs parents, sont poussés sans limite vers l’atteinte d’une performance qui dévore leur existence, dans le culte d’une passion que souvent ils ne partagent pas eux-mêmes. Circonstance aggravante, la prouesse attendue d’Elizabeth est directement liée à son apparence, à laquelle elle se voit bientôt réduite, pour le grand préjudice de sa construction psychique. Forcée dans une image artificielle et réductrice d’elle-même, hypersexualisée avant l’âge, l’enfant se retrouve non seulement dépossédée de son existence, mais aussi de son corps et de sa personnalité. Quand elle ne parvient pas sur la plus haute marche de ses podiums, c’est tout son être qui est marqué du sceau de l‘échec et de la déception de ses parents.

Rédigé du point de vue d’Elizabeth, le texte n’est que rage, haine et rancoeur. Et puisque c’est son corps qui alimente les fantasmes de cette mère qu’elle déteste de toute son âme, c’est à lui que l’adolescente, puis la jeune femme, va n’avoir de cesse de s’en prendre, dans un processus d’auto-destruction qui l’aspire irrésistiblement. Paradoxalement, ou peut-être fatalement, c’est encore à un autre culte de l’apparence qu’elle va finir par s’adonner, sculptant dangereusement ses muscles en vue d’une nouvelle compétition, culturiste cette fois, à grands coups de souffrance physique et de produits anabolisants.

Immensément crédible – j’ai retrouvé la rage et le trou noir intérieur qu’André Agassi, ce champion qui déteste le tennis, dévoile dans sa biographie « Open » -, le récit envoie ses phrases courtes comme une volée de bois vert, dans un crépitement de haine de soi assorti d’acides sarcasmes. Olivier Bourdeaut réussit un roman d’une terrible férocité, totalement aux antipodes de son si poétique succès « En attendant Bojangles ».
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