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[Khazanov, Boris] L'Heure du roi

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Message par elea2020 Sam 11 Déc 2021 - 21:15

L'Heure du roi
Boris Khazanov
Le Livre de poche
127 pages
ISBN : 978-2-253-26195-7
Publié en 1977
Traduction française Elena Balzamo

[Khazanov, Boris] L'Heure du roi 97822513

Résumé de couverture :
"Pareille à une flaque d'eau qui attire et absorbe une simple goutte, l'occupation se mit en place presque instantanément, avec la facilité d'une loi naturelle. L'essentiel avait eu lieu pendant que la ville dormait, et les habitants, surpris, s'accommodaient du nouvel état de choses comme un malade qui revient à lui après une anesthésie et qui apprend qu'on l'a déjà opéré et qu'il ne lui reste plus qu'à s'habituer à vivre sans ses jambes."

Cédric X est le souverain d'un royaume minuscule et glacé, fait de traditions immuables, qui se voit envahi par les troupes du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale. Petit à petit, les libertés disparaissent, le roi et son peuple courbent l'échine et acceptent l'humiliation. Jusqu'au jour où les Juifs sont obligés de porter l'étoile jaune...
Un court roman magistral à lire comme une véritable parabole sur la responsabilité individuelle face aux événements collectifs.

Mon avis :
Ce court roman est un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) : écrit comme une fable intemporelle, et pourtant doublement ancré dans l'Histoire de notre temps - celle à laquelle il emprunte cet épisode remontant au printemps 1942, plus ou moins inspiré par le personnage réel du roi du Danemark Christian X, et l'histoire de l'auteur, dissident russe, dont on se passait le livre sous le manteau, mais qui ne fut jamais publié dans son pays. La traductrice l'explique bien dans la postface.

J'ai rapidement pensé au Danemark à l'évocation de ce petit royaume inutile, figé dans le froid et dans ses traditions séculaires, qui avait gardé une position neutre à l'égard du Reich (cherchant à éviter le sort de la Pologne). L'auteur mentionne le château d'Elseneur, et chez moi, ça a fait tilt : Royaume du Danemark, Hamlet. Il y a donc bien un roi du Danemark, mort en 1947, à qui l'on prête des faits de résistance aux Nazis, notamment cette légende - dont on sait pertinemment qu'elle en fut une - du Roi se promenant avec l'étoile juive fixée à ses vêtements. Il avait également l'habitude de cette promenade à cheval à heure fixe, l'"heure du roi" dans le roman.

Dès le début du roman, nous assistons de l'extérieur, sur un ton considérablement détaché, froid, chirurgical, à l'entrée des Nazis au Danemark, et à l'instauration du régime "concentrationnaire" de surveillance généralisée et de perte des libertés ; le tout donnant lieu à d'intéressantes réflexions sur l'acceptation insensible par les citoyens de la perte totale de leurs libertés, sous couvert de ne pas trop perdre de leur confort de vie (ce qu'ils croient). On se doute que, si le roman vise le IIIe Reich et Hitler nommément, le regard du lecteur ne peut que se tourner plus à l'Est, surtout à la fin des années 70. C'est une dénonciation de tous les mécanismes totalitaires, mais aussi de la résignation des masses, du renoncement aux moments décisifs où l'on pourrait encore dire non, quoique l'inutilité de certaines résistances soit également posée, surtout lorsqu'elle peut engendrer des représailles brutales sur la population qui n'en peut mais. Cela revient parfois, comme dit l'auteur, à se frapper la tête contre un mur (ce qui ne fait pas tomber le mur) ; il faut dès lors peser le pour et le contre et agir selon sa responsabilité.

Ainsi, comment le roi Cédric X, âgé de 70 ans, vit-il cette invasion, et ce rôle de marionnette qui lui est laissé comme une aumône ? Comment concilie-t-il sa véritable passion, la chirurgie, et l'exercice d'un pouvoir fantôme ? Que faire, lorsque ce pouvoir délirant des Nazis, et l'auteur ne mâche pas ses mots lorsqu'il en démonte les rouages, commence à mettre en oeuvre l'extermination de l'ennemi désigné, car ennemi il faut à ce type de pouvoir (et là, on pensera à la fable d'Orwell, La Ferme des animaux) ? Il me semble que le roman prend sa pleine densité à partir de ce moment, et lorsque des cauchemars ou des péripéties presque oniriques atteignent le souverain dans sa vie quotidienne, provoquant une remise en cause du monde réel, comme des bouffées délirantes exhalées de l'antre d'un monstre.

J'ai été en tout surprise par ce texte : d'abord, pour tout dire, je m'attendais complètement à autre chose : je croyais avoir affaire à un roman sur les échecs ! Ensuite, j'ai été dérangée par le ton clinique de cette oeuvre, ainsi que par le statut indistinct de l'auteur, dont on ne sait trop s'il se pose en témoin ou mémorialiste de cette histoire ; je n'arrivais pas à déterminer s'il s'agissait d'une fable purement fictive ou de réels faits historiques. J'ai oscillé entre l'impression de me trouver face à un morceau de bravoure digne d'un génie, et une certaine déception face à des creux moins réussis - ici je pourrais citer la paraphrase ou le pastiche de la propagande nazie anti-juive. Toutefois, d'une certaine manière, le récit parvient à une épure tranchante, et atteint la qualité d'un roman de Kafka, de par l'absurdité des situations. Il apparaît évident que le fil rouge de ce roman est le personnage de Don Quichotte, maintes fois évoqué derrière la silhouette dégingandée et quelque peu ridicule de Cédric X, et sa révolte inutile contre les géants. Mais ne vaut-elle pas mieux qu'une soumission triste ?

Je note ce livre 4,5/5 pour sa portée, et pour son utilité dans les heures politiques que nous traversons, je ne ferai pas de dessin...

Citations :
Des caricatures représentaient le roi, grand comme Gulliver et maigre comme don Quichotte, debout sur une jambe, l'autre repliée faute de place, dans son minuscule royaume ; il ne lui manquait que l'armure du grand-père et la cuvette de barbier sur la tête. Certes, la monarchie n'était qu'une survivance aussi archaïque que les accessoires de chevalier de l'extravagant hidalgo ; lui-même n'avait jamais prétendu le contraire. Mais qu'y faire si, pour ses sujets, il incarnait l'Etat ? (Page 38)

Le représentant du Reich prit la parole et, avec une grâce toute diplomatique, les calvities roses, corollées de duvet blanc, de l'assemblée se tournèrent vers lui, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes ; comme si, dans le château d'Elseneur, le temps ne s'était pas désaxé, les drapeaux rouges ornés d'une tarentule ne surmontaient pas les façades et le sang des tués ne venait pas d'être rincé par des pompes à eau. (Page 49)

Personne ne savait rien, personne n'avait le droit de savoir ; il convenait de se méfier de chacun, car nul n'échappait à la suspicion - et la population vivait dans la certitude d'être entourée d'une foule d'ennemis, extérieurs et intérieurs. L'ennemi, pensait-on, s'empare de la moindre parole imprudente pour la retourner contre le pays. Malgré les exterminations, le nombre des adversaires diminuait peu ; ils constituaient l'objet principal des préoccupations des instances du parti et de l'Etat ; il existait un véritable culte de l'ennemi. (Page 52)

Il faut avouer que le maintien de l'ordre dans la capitale, comme dans tout le pays, rencontra un obstacle imprévu : on ne parvenait pas à rendre opérationnel le système de surveillance qui fonctionnait sur le reste du territoire du Reich. On ne réussissait guère à convaincre la population de l'utilité, pourtant évidente, de la délation. (Page 72)

Disons, pour résumer les propos qui précèdent, qu'au printemps 1942 la situation du pays s'était à peu près stabilisée. La vie quotidienne, mesurée, presque tranquille avait repris. L'absurde possède une capacité à s'intégrer à la réalité, à y acquérir une sorte de légitimité, de la même façon que, dans la cervelle d'un fou, le délire et les fantasmagories cohabitent avec un reste de bon sens suffisant pour lui permettre de vivre parmi les gens sains d'esprit. (Page 87)



_________________
"Ainsi vécut Raphaël pendant plusieurs jours, sans soins, sans désirs, éprouvant un mieux sensible, un bien-être extraordinaire, qui calma ses inquiétudes, apaisa ses souffrances. Il gravissait les rochers, et allait s'assoir sur un pic d'où ses yeux embrassaient quelque paysage d'immense étendue. Là, il restait des journées entières comme une plante au soleil, comme un lièvre au gîte." Honoré de Balzac, La Peau de chagrin.

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Message par louloute Dim 12 Déc 2021 - 10:59

Merci Elea pour ta critique   Very Happy
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