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[Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

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[Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l\'amour.

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[Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par lalyre le Mar 12 Mar 2013 - 20:12

Avant tout chose , je voudrais remercier le Partenariat de Partagelecture, les administrateurs et les modos. Un grand merci à Kyklos Editions qui m'a permis de lire ce très beau livre et connaître un nouvel écrivain dont je lirai d'autres écrits
[Wyn, Michel]
Adieu la vie, adieu l’amour
Kyklos Editions septembre 2012
ISBN 978 2 918406 28 0
255 pages

Quatrième de couverture
Mathieu de Chaudenac est un jeune aristocrate que tout prépare à une vie de hobereau dans son Périgord natal et, en 1914, à un engagement aveugle d’officier patriote.
Confronté aux mutins lors de circonstances particulièrement dramatiques, un choix cornélien va s’imposer à lui.
Va-t-il accepter de dire au revoir à la vie ? À l’amour de la femme qu’il aime ?
Avec la puissance d’évocation qui le caractérise, Michel Wyn nous plonge dans les tranchées, la peur au ventre, la mort toujours présente. Abolissant les frontières dressées entre les hommes,
Adieu la vie, adieu l’amour amorce les profonds changements engendrés par la Grande Guerre, dont l’Europe sortira à jamais transformée.

Préfacé par Frédérique Hébrard

Chronique et avis
Début du XXème siècle, voici Mathieu de Chaudenac, quittant Paris pour passer ses vacances avec sa mère dans son Périgord natal, son père étant décédé depuis quelques années. Au revoir Paris et la petite amie Mouchette qu’il quitte sans regret….. Rentré au domaine que sa mère gère fermement, il refait connaissance avec les domestiques et remarque une nouvelle venue, c’est Maria, la fille d’un ouvrier espagnol qui est engagé par Madame Mère pour réparer la toiture de la grande maison. Maria est jeune et jolie, elle a de beaux yeux verts et rapidement c’est le coup de foudre pour Mathieu que les domestiques appellent Monsieur le Baron. Il donne rendez-vous à la jeune fille qui ne connait rien du monde, Mathieu est beau et charmant, très vite l’amour naît entre eux, les rendez-vous sont secrets car comment imaginer un Baron amoureux d’une petite gardeuse de chèvres, jusqu’au jour ou……. Mais quittons Maria car Mathieu est engagé dans l’armée pour combattre l’ennemi en première ligne, il est dans le train pour rejoindre le régiment qu’il devra commander, c’est alors que j’ai appris qu’à cette époque, (en première classe, il n’y avait pas de compartiment pour dames) il a faim mais doit se contenter d’une tranche de pain tartinée de papiton (bloc de foie gras), il part pour la guerre, une guerre qui ne devait durer que trois mois, tous les appelés sont d’ailleurs partis en chantant. Cette guerre de toutes les bêtises qui traîne pendant quatre ans et faisant mourir des millions d’hommes. Mais revenons à Mathieu, le voici lieutenant, plongeant avec ses hommes dans les tranchées, la peur au ventre et cependant quelle solidarité entre ces hommes que la mort toujours présente peut frapper à tout instant. Et l’amour dans cela que devient-il ? Qu’est devenue Maria ? Mathieu sortira t-il vivant de cette guerre ? Pour connaître les réponses, il faudra lire ce beau et poignant roman, faire la route avec tous les personnages attachants même si certains d’entre eux sont amenés à agir contre leur volonté dans cette Grande Guerre qui a engendré tant de changements dans le monde. Un livre qu’assurément je vous invite à lire bien que j’ai déjà beaucoup lu sur le sujet mais en m’attachant à celui-ci ce fut un bon moment d’émotion ayant visité les tranchées à Ypres, j’ai revu les conditions de vie de ces combattants , à qui je rends hommage. 5/5

La chanson de Craone (copié-colé sur Wikipédia

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain -

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour messieurs les gros
De monter sur l'plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau


Dernière édition par lalyre le Mar 12 Mar 2013 - 20:16, édité 1 fois
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par louloute le Mar 12 Mar 2013 - 20:14

Merci Lalyre pour ta critique pleine d’émotion Very Happy
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par virgule le Mar 12 Mar 2013 - 20:16

Merci lalyre d'avoir créé cette fiche.
Je ne lirai pas ta critique tout de suite, puisque je participe au partenariat.
J'ai juste vu que tu avais écrit "très beau livre" donc ça me promet une belle lecture.
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par Step le Mar 12 Mar 2013 - 20:51

Merci Lalyre, ta critique m'a donné froid dans le dos....magnifique!

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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par chocolette le Mer 13 Mar 2013 - 0:12

Merci pour cette belle critique Lalyre. Very Happy
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par creuse le Mer 13 Mar 2013 - 1:41

merci merci LALYRE, une époque dont j'ai évité les lectures, je vais réfléchir
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par viou1108 le Mer 13 Mar 2013 - 22:09

Voici ma critique, un peu moins enthousiaste Wink

Merci à Partage Lecture et aux éditions Kyklos pour cette découverte.

Juin 1914. Mathieu de Chaudenac termine sa 2ème année de droit à Paris et s’en retourne pour les vacances au château familial dans le Périgord. Il y retrouve sa mère, baronne veuve, accrochée à son rang et à ses principes, et les domestiques du domaine. Mais surtout, il y fait connaissance avec la jeune et belle Maria, fille de l’Espagnol, homme à tout faire. C’est le coup de foudre, mais dans la discrétion (Maria n’est qu’une domestique, quel scandale !), et dans l’urgence.
Car en août éclate l’orage tant attendu, celui de la 1ère guerre mondiale. Mais à ce moment, personne n’imagine encore l’ampleur de la boucherie. Au contraire, depuis le temps que court la rumeur, les hommes attendent la guerre avec impatience, pressés d’en découdre avec les Boches, persuadés de leur mettre la pâtée et d’arriver à Berlin en trois semaines. Quand l’ordre de mobilisation générale arrive, c’est la liesse, on accompagne les recrues à la gare en fanfare…Si l’idée de s’enfuir avec Maria a effleuré Mathieu un instant, le sens du devoir et de l’honneur l’emportent, et après quelques mois d’instruction, il monte au front. Il sera affecté près de Verdun. Après deux ans de batailles perdues et gagnées dans les tranchées, il sera blessé et renvoyé chez lui pour sa convalescence. Y reverra-t-il Maria ?
Quoi qu’il en soit, il retournera à la guerre une fois guéri, et y découvrira une tout autre ambiance : la mutinerie couve parmi les soldats, révoltés par cette guerre où ils ne servent que de chair à canon sans que la ligne de front ne bouge d’un pouce.
Impossible d’en dire plus pour ne pas tout dévoiler…

Il est donc beaucoup question d’oppositions et de choix, entre un fils et sa mère, une fille et son père, de simples ploucs et le haut commandement, l’amour ou la mort, l’amitié ou le devoir, la vie ou la Patrie, l’honneur ou l’obéissance aveugle. Et c’est surtout l’absurdité de cette guerre qui est mise en évidence, où pendant des mois les deux camps ont continué à envoyer leurs hommes à l’abattoir par millions, sans que cela change le cours du conflit. Il ne fallait pas s’étonner ensuite que des tracts et pamphlets pacifistes (cf le titre du livre) émergent peu à peu des tranchées, provoquant la rébellion des soldats. Rébellions matées à coup de conseils de guerre et de pelotons d’exécution, où, comble des combles, on finit par tuer les membres de son propre camp. Ca ferait bien rire l’ennemi, s’il n’était pas confronté à la même situation.

Beau petit roman qui se lit très vite, à l’écriture simple, parfois un brin paillarde, qui fleure le patois du terroir et l’argot des tranchées. Un peu de légèreté bien utile pour contraster avec la gravité de ces heures sombres, malheureusement avec une surabondance (à mon goût) de points d’exclamation et de suspension.
Même si j’ai passé un agréable moment de lecture, je n’ai pas été totalement conquise. L’histoire me paraît un peu trop naïve, trop prévisible et manichéenne. Les personnages sont presque caricaturaux, pas de surprise quant à leur comportement, pas de complexité psychologique. Il y a bien quelques états d’âme, quelques dilemmes, mais j’ai eu l’impression de rester constamment en surface, comme si l’auteur avait survolé l’histoire, préférant décrire les faits qui s’enchaînent sans temps mort plutôt que d’aborder tel événement ou tel personnage plus en profondeur. Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages, même si le récit est globalement émouvant, parfois poignant.
Mais ça n’empêche pas de ressentir, presque 100 ans après, toute l’horreur et la vanité de ce gâchis.

PS : je ne félicite pas l’éditeur, le correcteur,…ou je ne sais qui, d’avoir laissé passer des bourdes et coquilles telles que « 30 février », « Willoquet, sur sa poitrine, sert sa musette », « qui font des inhalations de souffre pour se donner des poumons de gazés », « il connaît les amours interdites à plusieurs lieux alentour »…
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par Elyuna le Mar 19 Mar 2013 - 21:23

Adieu la vie, adieu l'amour.

Que ce titre est intense, profond et percutant.
Que ces mots sont incisifs, efficaces et saisissants.
Que ce roman est touchant, effrayant de vérité et émouvant.

Je me suis rapidement attachée à Mathieu, à sa vie, ses envies, ses doutes, ses remises en question, ses sentiments diverses, son amour.
J'ai ressenti sa passion, vécu son attente de servir la France, sa désillusion face à la réalité de la guerre.
J'ai souri avant son engagement, à ses histoires d'amitié et d'amour, de gestion de domaine, de confrontation avec sa mère; à son insouciance tout simplement.
J'ai pleuré lors de ses peines, les déchirements vécus, les drames inévitables.
J'ai frissonné face au danger et aux multiples péripéties parfois fâcheuses.
Je l'ai maudit lors de ses mauvaises décisions, ses choix inappropriés, lorsque la situation est devenue inconfortable pour lui, parce que je me suis attachée à lui, tel un frère et je ne désirais qu'il lui arrive le moindre mal.

Les mots de l'auteur m'ont transportée dans cette époque effrayante même un siècle plus tard et je suis bien contente d'être née à la fin du XXème siècle. Même si beaucoup de témoignages nous ont été transmis, même si ces guerres sont étudiées lors des études obligatoires, j'ai été véritablement frappé par ce témoignage. J'ai ressenti pleinement l'horreur de la guerre, de cette guerre, des conditions dans lesquelles les soldats ont évolué, sont morts sous les coups ennemis ou pire, sous leurs propres coups. La guerre ce n'est pas jolie et ce livre le transmet merveilleusement bien.

Malgré ces abominations, il y a l'amitié et l'amour qui essayent de survivre, d'amener un peu de bonheur et de répit aux soldats du front et à tout leur entourage laissé à l'arrière. L'espoir ne semblait être permis et pourtant, pour certains ils existaient et cela remonte quelque peu le moral. Il est vrai que ce livre est romancé mais malgré tout, je veux y croire.

Beaucoup de thèmes trouvent leur place dans ce récit, notamment celui du patriotisme. Quand fallait-il obéir aux ordres jusqu'au bout sans se poser de questions, et quand fallait-il se rebeller? Fallait-il tout accepter au nom de sa patrie?
Je me suis demandée si c'est à cause de cela que le patriotisme est mort en France. Après tout ce que nos générations précédentes ont vécu, faut-il toujours défendre notre cher pays alors qu'il n'a pas su nous protéger quand il l'aurait fallu. Ce livre m'a amenée cette réflexion, ce n'était peut être pas le but mais c'est ce qui m'est venu en tête.

J'ai peut être été un tout petit peu déçue par la fin.
Spoiler:
Cela finit trop bien, c'est trop beau face à toute l'horreur qui nous a été décrite. Certes, c'est toujours mieux qu'un livre se termine bien mais là, cela fait trop j'ai trouvé. Je regrette sincèrement la "happy end" même si ça permet de quitter ce roman sur une note positive et nous faire quelque peu oublier cette guerre.

C'est un livre que j'ai adoré, qui n'est pas très loin du coup de coeur sans l'atteindre cependant.
J'ai envie de parler d'une délicieuse rencontre inattendue.
Je remercie les Editions Kyklos et le forum PartageLecture pour m'avoir permis de lire cet ouvrage.

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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par virgule le Dim 24 Mar 2013 - 12:30

J'ai voté : apprécié

Je remercie les éditions Kyklos et le forum Partage Lecture pour ce partenariat.

Les romans parlant de la première guerre mondiale sont assez rares.
Je n'avais lu jusqu'ici que le célèbre A l'ouest, rien de nouveau d'Erich Maria Remarque et La chambre des officiers de Marc Dugain. Dans ces deux livres, la guerre était abordée sous l'angle militaire : le front, les hôpitaux.
Michel Wyn, lui, a choisi de nous montrer comment cette guerre est vécue par les civils restés au pays, informés de l'avancée du conflit par le journal, les rumeurs et surtout par l'arrivée des "petits bleus" qui annonçaient aux parents qu'ils ne reverraient plus leur enfant. J'ai aimé l'alternance entre le parcours de Mathieu, officier qui est formé puis envoyé au front, et la vie de son village du Périgord qui continue, bien loin des combats.

Le récit commence en juin 1914 et se termine le jour de l'armistice, un épilogue nous indiquant ce que deviendront les personnages 20 ans après.
Et c'est avec une grande précision que Michel Wyn nous décrit les différentes étapes de ces quatre longues années de guerre. Au début de ma lecture, j'ai eu l'impression qu'il s'agissait plus d'un docu-fiction que d'un roman : les phrases courtes, au présent, le vocabulaire précis, la description de la vie domestique à cette époque donnent une tournure journalistique au récit. J'ai eu peur que cela ne devienne lassant. Mais heureusement, les personnages prennent de l'ampleur, Mathieu nous devient plus sympathique et la fin de l'histoire s'éloigne de la guerre et de l'Histoire pour se centrer enfin sur les héros, Mathieu et Maria.

J'ai noté une belle (mais triste) phrase :

A la Faculté de Droit, il retrouve quelques camarades trop jeunes qui l'envient d'avoir pu s'engager et il est surpris par le nombre de jeunes filles qui se sont inscrites en première année. La guerre est l'avenir des femmes.

Oui, les femmes auront leur place dans cette guerre, pour maintenir l'activité économique du pays : boulangères, paysannes, vendangeuses... elles devront s'adapter à tous les métiers. Michel Wyn célèbre dans son livre ce rôle important et souvent oublié.

Il y avait une autre belle phrase, que je ne retrouve plus. Elle disait que Mathieu, en quelques heures de souffrance au combat, avait changé de siècle. En effet, au début du récit, l'homme est maître de ses terres, il dirige son domaine tel un seigneur féodal. Mais à la guerre, le baron de Chaudenac devient un officier parmi d'autres, et sous la mitraille, tous les hommes, français ou allemands, sont égaux. Mathieu découvrira la fraternité au combat avec le soldat Payot qui lui sauvera la vie et le conduira à faire un choix décisif pour son avenir.

C'est un récit passionnant, malgré quelques longueurs et une coquille malencontreuse (page 143) :
La bataille de Verdun a commencé. Le 25 février, le fort de Douaumont, le dispositif le plus important, tombe aux mains de l'ennemi. Le 30 février, le colonel de la Morinière reçoit l'ordre de rejoindre Bar-le-Duc [...]

Se pourrait-il que le mois de février 1916 ait été le plus long mois de février jamais vécu à ce jour ? Wink
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par virgule le Dim 24 Mar 2013 - 12:34

Je viens de lire les autres critiques ; elles sont complémentaires, je trouve, c'est sympa.
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par LOUBHI 49 le Mer 1 Mai 2013 - 19:01

Partenariat exclusif à nouveau du forum Partage Lecture avec les Editions Kyklos, la maison d'édition qui reste une de mes principales références.
Merci beaucoup.

Avis et commentaires :

Après le précédent livre, déjà un partenariat Partage Lecture et Kyklos, de Michel Wyn "Vingt ans, l'an quarante", j'attendais avec grande impatience son nouvel ouvrage tant son style d'écriture particulier, qualité des mots, parfait rendu de la sensibilité de ses héros, m'avait séduit. Avec ce nouveau titre, je suis comblé, outre l'évocation parfaitement calibrée et en adéquation avec la chronologie de la Première Guerre Mondiale, les parcours et chemins de traverse de Mathieu de Chaudenac, le jeune Baron sarladais, et de Maria, la fille de l'ancien déserteur espagnol entre Sarlat, les champs de bataille aux noms à jamais marqués du rouge vif du sang des poilus (Verdun, le Chemin des Dames, Douaumont), l'Espagne et l'Argentine sont pétris d'une grande sensibilité.

L'idiotie revancharde et criminelle de l'Allemagne et de la France conduisant à un véritable génocide est parfaitement et horriblement rendue à travers les chroniques de l'époque et les tranches de vies d'une noblesse finissante comme le cauchemar des combattants, le tout guidé par un pouvoir politique et militaire totalement inhumain (au niveau des ordres de combats, du traitement des déserteurs. Les mœurs de l'époque sont aussi bien décrits, y-compris les préjugés les plus arriérés.

Mathieu, en quelques mois et années, passe ainsi d'une grande naïveté dans les relations que doit entretenir une certaine noblesse avec les classes subalternes comme dans la vision de va-t'en guerre et des militaires obtus et sûrs de la victoire proche à la conscience du respect des femmes de quelque origine qu'elles soient et à la réalité des gueules cassées, du respect des hommes de rang sous sa responsabilité et au véritable sens de l'honneur.

Très belle fresque d'une époque, très bonne documentation, plume de grande sensibilité et de grande qualité sont les caractéristiques de ce roman. Ne manquez pas non plus d'accompagner cette lecture par l'écoute sur votre navigateur préféré de la chanson et de ses paroles qui donne le titre à ce livre "Adieu la vie, adieu l'amour" ou "La Chanson de Craonne".



Dernière édition par LOUBHI 49 le Mer 1 Mai 2013 - 19:38, édité 1 fois (Raison : Correction syntaxique)

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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par virgule le Mer 1 Mai 2013 - 19:30

Très belle critique, Loubhi49. Bravo !
J'aimerais savoir être aussi précise dans mes appréciations.
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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

Message par LOUBHI 49 le Mer 1 Mai 2013 - 19:39

virgule a écrit:Très belle critique, Loubhi49. Bravo !
J'aimerais savoir être aussi précise dans mes appréciations.

merci Virgule.

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Re: [Wyn, Michel] Adieu la vie, adieu l'amour

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