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[Claude, Hervé] Crystal City

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[Claude, Hervé] Crystal City

Message par Cassiopée le Jeu 17 Nov 2016 - 22:55




Crystal City
Auteur : Hervé Claude
Éditions de l’Aube (octobre 2016)
Collection : Aube Noire
ISBN : 978-2-8159-2007-0
224 pages

Quatrième de couverture

Un désert, isolé du monde. L’ouvrier d’une mine, véritable prison surchauffée, est assassiné. Son chef, atterré par le manque d’intérêt manifeste de la police locale, décide d’appeler son vieil ami, Anthony Argos.
C’est un journaliste marginal et pugnace sous des allures d’ours ­débonnaire. Curieux de découvrir un lieu aussi ­insolite qu’une mine au cœur de l’outback australien, il ­accepte de se mêler de cette affaire… à ses risques et périls !

Mon avis

Sable noir ?

Il fait chaud, très chaud, la poussière est omni présente dans ce désert australien où les bogans (d’autres diraient des ploucs) travaillent sans relâche dans la mine. Comment tenir encore et encore ? La drogue, l’alcool aident à maintenir le cap, à avancer chaque jour malgré les conditions difficiles. Il y a des baraquements où ils sont hébergés et où toute forme de dérive est interdite. Alors les hommes vont au village, à six kilomètres de là, pour rencontrer des prostituées, des gays, boire, acheter des stupéfiants…. Et les rapporter en cachette dans les chambres. Le responsable surveille de son mieux mais parfois il ferme les yeux. Il faut dire qu’il ne se sent pas particulièrement soutenu par les grands décideurs et c’est bien dommage….

Un jour, un des ouvriers est retrouvé mort, probablement assassiné. Peu s’en soucient, des policiers aux employeurs, c’est plutôt l’idée de classer vite l’affaire qui prédomine. Pour eux, il a trop bu, ou s’est bagarré ou… enfin rien qui vaille la peine de mener une enquête, sa mort ne pouvant qu’être accidentelle…. Ross, le chef sur place, trouve que tout cela est bien dommage et il appelle un vieil ami, journaliste d’investigation qui a tout d’un « ours éfarfaillé » (je trouve ce mot très beau mais il n’apparaît dans aucun de mes dictionnaires…). Anthony Argos est gros, un peu rustre, mais il y a en lui un flic qui sommeille, déformation de son métier de chroniqueur où il va sans arrêt « gratter » de préférence où ça fait mal et où ça dérange…. Il ne perd rien de sa façon de fonctionner et va donc « fourrer son nez » dans cette affaire, sans rien lâcher, en prenant des risques…. Mais il veut une réponse et nous avec, alors le lecteur va apprécier sa pugnacité, son obstination à tout vouloir comprendre….

Alternant les chapitres qui concernent vraiment l’intrigue avec des chroniques (en rapport avec la crystal meth (drogue qui est très présente là-bas) ) écrites par Argos pour le quotidien qui l’embauche, ce livre nous emmène dans une Australie que l’auteur connaît bien. On sent combien ces mines, qui s’installent dans le désert, drainent une population masculine difficilement « gérable ». En effet, dans son enquête, Anthony va découvrir des choses surprenantes, des gens qui ne portent pas le même nom suivant le lieu où ils se trouvent, des prostituées pas claires, des bikers dangereux….. On comprend vite que même s’ils sont bien payés, ce qui leur permettrait une vie « rangée », les mineurs ne sont pas des enfants de cœur, bien au contraire. La faute à qui, à quoi ? Sans doute aux conditions de travail, terriblement déshumanisantes, qui n’offrent plus aux salariés de se comporter en hommes respectueux des autres. Gangrénés par l’alcool et la violence que l’abus de ce dernier entraîne, par la crystal-meth qui modifie le regard, les perceptions, qui fait dériver sur de mauvaises routes, les travailleurs en sont réduits à devenir hermétiques à toute forme d’empathie. On le perçoit dans les interrogatoires des uns et des autres. La plupart n’ont rien vu, rien entendu, rien dit…c’est comme si tout ce qu’il se passe, là, sous leurs yeux, ne les concernait pas ou si peu… D’ailleurs, c’est plus simple, personne ne vous ennuie si vous ne savez rien….

L’écriture de l’auteur est agréable, l’ambiance très bien retranscrite, on sent la chaleur, les vêtements qui collent à la peau, les lunettes qui glissent sur le nez à cause de la transpiration … Les profils psychologiques des personnages ne sont pas hyper détaillés mais c’est largement suffisant pour les cerner et comprendre les rapports qui existent entre chacun. C’est un roman que j’ai beaucoup apprécié et je relirai volontiers d’autres titres d’Hervé Claude.

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Cassiopée
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