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Message par Sharon le Mer 20 Mai 2020 - 10:38

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Titre : Lune de Tasmanie
Auteur : Tamara McKinley
Edition : de l'Archipel
Nombre de pages : 370 pages

Présentation de l’éditeur :

1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie. Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens… Avec cette saga mettant en scène une femme courageuse, Tamara McKinley signe un roman dans la lignée de ses grands succès, sans doute l’un de ses plus personnels.

Mon avis :

C’est un livre que j’ai téléchargé au tout début du confinement, et que je n’aurai jamais eu l’idée de lire sans cela. Autant il m’est arrivé de lire des romances et de les apprécier, autant là, j’ai coincé, et eu beaucoup de mal à avancer. Pourquoi ?

Tout d’abord, je n’ai pas aimé la personnalité des héroïnes, Anne, en premier lieu. Elle est totalement insupportable, et on peut légitimement se demander comment quiconque, y compris sa mère, sa fille et son mari peut encore la supporter. Je ne suis même pas certaine qu’elle-même sache pourquoi elle est devenue ainsi. Ah, si : elle a surpris le fameux « secret » de sa mère, et elle ne parvient pas à lui pardonner. Je suggère fortement une thérapie familiale. Le voyage en Ecosse, d’ailleurs, en prend fortement le chemin, Anne comprenant enfin ce qu’a été la jeunesse de sa mère, nous révélant un pan de l’histoire de l’Ecosse particulièrement douloureux, et une vague de migration qui vers le Canada, qui vers l’Australie, une histoire particulièrement violente, d’autant plus que cette violence, exercée par les forts, par les autorités sur les faibles, les pauvres, ceux qui n’avaient ni les moyens, ni l’énergie de se défendre (se révolter était impossible) était autorisée, légitimée. Ce ne sont pas toujours des pages faciles à lire, et le contraste n’est pas si grand avec ce qui se passe au fin fond des mines australiennes, où la violence côtoie la fièvre de l’or – et ne parlons même pas de la justice expéditive.
J’en oublie presque Christy, l’héroïne, qui raconte à sa fille et à sa petite-fille ce qu’elle a vécue, revenant sur les lieux où elle a souffert, où les siens ont été blessés, ou sont morts. J’ai trouvé bizarre, pour ne pas dire convenu, qu’Anne ne découvre que certains événements de la vie de sa mère qu’à ce moment – tout comme le fort symbole contenu dans le châle de sa mère. De même, l’antagonisme entre sa fille et elle, les disputes redondantes provoquées par Anne gène à mes yeux la bonne progression du récit, tout comme les allusions à l’âge de Christy, qui nous est rappelé très souvent.
Pour moi, les personnages les plus intéressants ont été les hommes : Harold, le mari d’Anne, à la patience exemplaire, à la persévérance sans faille, Charles, ami fidèle jusqu’au bout, Grégor, qui se montre un guide tout au long du périple en Ecosse absolument inébranlable. A croire que les femmes ne sont capables que de débordements nerveux. J’ai aimé aussi que l’on suive deux actions, qui se déroulent simultanément, dans deux espaces différents. Je regrette la fadeur de Kathryn, la petit-fille dont j’attendais plus, souvent reléguée au fait d’être la témoin passive des disputes entre sa mère et sa grand-mère, ou d’être l’auditrice émue et attentive du récit de sa grand-mère. J’ai trouvé aussi que quelques péripéties étaient un peu convenues, retardant à mes yeux le bon déroulement de l’action (à nouveau, ai-je envie de dire). J’aurai aussi aimé que certains personnages prennent plus de place dans l’intrigue, que l’on voit un peu plus par leurs yeux. Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas été la lectrice la plus conquise par ce roman, qui part d’une île pour en retrouver une autre.
Sharon
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